Aujourd’hui, je vous invite aux royaumes des fées et des pierres.
Au cœur d’un village aux allures de cottage anglais — où tout le monde est trop pressé et trop occupé —, vit Willow, une petite fille sensible et observatrice du monde qui l’entoure. Un jour, un oiseau étrange volète autour d’elle et l’entraîne jusqu’à une petite porte cachée au creux d’un arbre. Quelles découvertes va-t-elle faire en la poussant ?
L’oiseau, transformé en petite fée, accueille Willow de l’autre côté de la porte. Ce que Willow y découvre l’enchante littéralement. Une immense forêt magique l’accueille et lui réserve bien des surprises. Il en va des bouquets de roses parfumées qui ruissellent des arbres, d’une mésange qui vient apporter la becquée à sa nichée ou encore d’abeilles qui bourdonnent dans les champs. Willow s’émerveille ainsi des beautés de la faune et de la flore, au fil des quatre saisons. La porte des fées est un ravissement, un véritable hymne à l’observation pour apprendre à lever le pied et apprécier la magnificence de la nature. D’ailleurs, un macaron doré sur la couverture précise : « On n’est jamais trop petit pour être utile à la nature » et l’album ne cesse de le répéter. La dimension écologique fait ainsi partie intégrante de cet ouvrage lumineux. De plus, en mêlant photographies et illustrations, l’illustratrice donne vie à ce dialogue féérique, où réalité et fiction se confondent pour mieux baigner les lecteur·rices dans une sorte d’aura onirique. En effet, était-ce un rêve ce qu’a vécu Willow ? Peu importe. Le temps de son voyage, et nous de notre lecture, nous sommes emporté·es au pays des fées au sein d’une forêt envoûtante et enveloppante. Magique.
À la mort de leur père, huit frères, incapables de s’entendre sur l’héritage, décident de démonter pierre après pierre la bâtisse paternelle pour en tirer fortune. Ils se partagent ainsi soixante-dix-huit pierres en huit. Chacun en récolte onze, sauf le dernier qui repart avec une seule pierre. Ambroise, l’aîné, entreprend d’édifier un portail, Bélisaire, une tour, Clodomir, un mur, Dagobert un escalier, Elzéphir, un pont, Féodor, un quai. Enfin, Gaspéric fabrique un trône. Mais au milieu de nulle part et avec rien alentour, leurs constructions ne leur servent à… rien. Quant à Hippolyte, le benjamin, avec sa seule et unique pierre, que va-t-il en faire ?
On connaît l’auteur prolifique qu’est Davide Cali, sa maîtrise du récit et son sens de l’humour. La légende d’Hippopilis n’y déroge pas. Ainsi, à travers un récit bien mené où chaque frère imagine la construction qui fera de lui un homme riche, les lecteur·rices ne s’ennuient pas un instant et sourient face à la malice et à l’imagination dont regorge le personnage principal, Hippolyte. Alphonse Bardou-Jacquet, illustrateur dont c’est le premier album, ajoute une touche de modernité, de dynamisme et d’humour à un texte à la dimension légendaire et aux allures de fable. Il mêle ainsi plusieurs styles d’illustration avec, par exemple, des personnages types de mangas aux physiques atypiques, dans des décors architecturaux dignes des jeux de construction. Le titre prend alors tout son sens, puisque polis signifie « cité » en grec. N’est-ce pas ce qu’ont tenté de construire les huit frères ? Quant à Hippolyte, n’est-ce pas celui qui donnera son nom à la cité Hippopolis (littéralement la cité de celui qui délie les chevaux. Mais ça, c’est une autre histoire !) ? Ainsi, le duo porte un regard amusé et tendre sur la manière dont naissent les légendes et lea lecteur·rice interprétera seul·e une fin qui se veut ouverte. Enfin, et l’air de rien, l’histoire révèle comment partie de rien, une cité imaginaire peut devenir une cité légendaire grâce à une imagination sans bornes. Coup de maîtres.
La porte des fées![]() Texte de Lars van de Goor et Gabby Dawnay (adaptation française par Charlie Meunier), illustré par Giulia Tomai1, 2, 3 Soleil ! 16 €, 263×317 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La légende d’Hippopolis![]() ![]() Texte de Davide Cali, illustré par Alphonse Bardou-Jacquet Sarbacane 16,50 €, 242×323 mm, 40 pages, imprimé en France, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages, Laetitia est une éternelle rêveuse qui partage sa vie entre la terre et la mer. Bien que tombée dans la marmite aux mots dès l’enfance, ce n’est que sur le tard qu’elle se découvre une passion pour la Littérature jeunesse avec un L majuscule et collectionne depuis lors les albums qui font la part belle à l’imagination et font l’éloge des mots.




Texte de Lars van de Goor et Gabby Dawnay (adaptation française par Charlie Meunier), illustré par Giulia Tomai