Aujourd’hui, une chronique qui pue. On commence avec une merveilleuse princesse qui pète sans arrêt et on continue avec un minuscule bousier qui essuie pas mal de moqueries.
Il était une fois une princesse dotée de toutes les qualités de princesse qu’on peut imaginer. Intelligente, douce, belle… MAIS, qui pétait tout le temps. Même si ce défaut avait la qualité de rendre sa robe toute gonflée (ce qui était très élégant), tous les princes s’évanouissaient sur son passage tellement l’odeur était insupportable. La princesse était désespérée. Un jour vint un magnifique prince. Elle fit alors bien attention à ce que sa robe ne se soulève pas, pour qu’il ne s’évanouisse pas comme tous les autres. Et cette ruse fonctionna ! Il revint la voir, ils discutèrent, firent de la balançoire ensemble et…. mince ! La princesse n’y pensant plus, et aussitôt grimpée sur la balançoire, laissa tous les pets s’échapper. Pourtant, le prince eut l’air de ne rien sentir du tout…
Si vous voulez vous bidonner pendant des heures et des heures, ce petit roman est parfait pour vous. L’histoire est tout simplement géniale et les illustrations d’Éléonore Zuber sont à se tordre de rire ! Dans ce petit conte pour les jeunes enfants (c’est une première lecture, peu de texte et dans une police de grande taille) pas de princesse niaise et coincée qui passe seulement ses journées à sourire comme une quiche et à parler aux animaux. Ici, on casse les clichés avec un personnage qualifié d’intelligent (trait rare chez les princesses de contes dont ce sont généralement la beauté et la gentillesse qui sont mises en avant). Et puis il y a ce merveilleux défaut qui rend toute l’histoire si drôle et qui pourra même apprendre à ceux qui ne le savaient pas que oui, les filles pètent aussi, même les princesses, la preuve.
À lire le nez bouché et en rigolant très fort.
Un bousier est totalement extatique devant une énorme bouse de gnou. Clairement, c’est du caca cinq étoiles, justement ce qu’il cherchait pour son déjeuner ! Tout content, il roule et roule ce mets délicieux jusque chez lui. C’était sans compter sur certains animaux de la savane qui ne sont pas avares de remarques pas vraiment très chics. L’éléphant le traite de minus, l’autruche le trouve très moche, le crocodile se bouche le nez sur son passage… bref, tout le monde a quelque chose à dire pour se moquer de l’insecte. Mais lui, il ne se sent pas du tout insulté. Il est suffisamment intelligent et content de son merveilleux caca pour prendre de la distance avec ces réflexions méchantes. Pourtant, une petite mouche, qui ne comprend pas pourquoi il se laisse faire, va lui mettre la puce à l’oreille…
On reste dans le thème des choses qui puent avec ce pauvre petit bousier qui se fait un peu insulter de tous les côtés. La première qualité de cet album, c’est d’apprendre que, parfois,
faire la sourde oreille est bien plus efficace que d’essayer de répondre quoi que ce soit. Ensuite, la chute est tout simplement merveilleuse, mais je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher le suspense. Les illustrations sont très chouettes et le thème vraiment original parce qu’il permet d’aborder la moquerie sans pathos, mais avec énormément de second degré. Et puis un album qui a pour personnage principal un tout petit bousier, c’est pas banal (même si l’on en a déjà chroniqué un, Gérard et le machin collant, ici).
Une histoire très chouette qui ne sent pas si fort que ça.
Prout prout prout !![]() ![]() Texte de Laetitia Le Saux, illustré par Eléonore Zuber Oskar dans la collection Trimestre 6,95 €, 220 x 170 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2016. |
Le Roi des cacas![]() ![]() Texte de Géraldine Collet, illustré par Hervé Le Goff L´élan vert 12,70 € , 230 x 290 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017. |
Aime le papier bulles et les dinosaures.



