Je vous propose aujourd’hui de découvrir deux romans catastrophes aussi intéressants qu’émouvants. Nous irons tout d’abord explorer un monde dévasté par une pandémie mortelle avant de faire la rencontre d’une jeune fille ayant survécu à un tsunami au Japon.
Jamie vit seul depuis que sa mère, ainsi que la quasi-totalité de l’humanité, a disparu. Mais lorsqu’Andrew débarque sur son palier à moitié mort, le jeune homme ne peut s’empêcher de lui venir en aide. Si les deux garçons sont méfiants, ils finissent par baisser leur garde et se lier d’amitié. Le début pour eux d’une toute nouvelle aventure, qui les fera quitter leur solitude pour découvrir le monde, du moins ce qu’il en reste.
Des récits de fin du monde, il y en a plein. Mais des récits queers de fin du monde, il y en a moins. C’est avec la volonté de voir plus de représentations dans ce genre d’histoire qu’Erik J. Brown s’est lancé dans l’écriture de ce roman. Il reprend ainsi le schéma classique de la pandémie mortelle, évoquant l’incapacité des populations à apprendre des évènements passés pour se protéger, en inventant une grippe fulgurante et fatale. Pour autant, il ne s’intéresse pas vraiment au côté scientifique de la chose. L’auteur préfère se concentrer sur la réaction et l’adaptation des survivant⸳es, nous offrant une idée de ce que pourraient être les relations humaines au milieu du chaos. Et même si le tout reste assez classique et attendu, ça n’en reste pas moins un récit très intéressant et addictif. Au fil des pages, on s’attache aux personnages de Jamie et Andrew et à celleux qu’ils rencontrent en chemin. On apprend à les connaître, à les apprécier et on s’investit dans la relation qu’ils nouent. Et c’est tellement doux, tellement beau. Erik J. Brown parvient à nous immerger dans son monde et à nous donner l’illusion qu’il est réel, tant il décrit l’humain avec justesse et sensibilité, dans ses bons comme dans ses mauvais moments. Et il réussit, contre toute attente, à insuffler de l’espoir dans ce contexte de fin du monde, à nous montrer que, quoi qu’il se passe, l’humanité parviendra toujours à se relever et à se reconstruire. On est aussi loin de la vision américaine des films à gros budgets, où les héros et héroïnes sont courageux⸳ses et parviennent à surmonter toutes les épreuves sans faillir. Et ça, ça fait du bien, car les personnages de ce roman ne sont au final que de simples humains, de simples adolescents, même, qui survivent comme ils le peuvent, se trompent et font des erreurs. Ce qu’il nous reste est donc un très bon roman, aussi passionnant qu’émouvant !
Yuki a 15 ans et s’apprête à retrouver son grand-père au Japon pour les vacances. L’occasion pour elle de calmer ses angoisses et de retrouver sa joie de vivre. Mais alors que son grand-père lui raconte son passé de mangaka, l’impensable se produit. Un tremblement de terre se produit, bientôt suivi d’un tsunami. Yuki et son grand-père prennent la fuite, jusqu’à ce que ce dernier décide de faire demi-tour…
Il y a des romans qui vous surprennent. Tsunami Girl a été pour moi l’un de ceux-là. Au-delà d’un roman catastrophe, c’est un récit de reconstruction et de résilience que nous propose Julian Sedgwick. Car si le tsunami est l’élément déclencheur de l’histoire et que sa présence plane sur chacune des pages de ce roman, l’auteur se concentre davantage sur Yuki et son chemin vers la guérison. C’est avec beaucoup de sensibilité qu’il décrit le mal-être de la jeune fille. Elle qui n’allait déjà pas bien avant la catastrophe doit à présent se confronter à la perte d’un être proche et au traumatisme causé par le tsunami. Et même si, présenté comme ça, le tout semble sombre et triste, ce n’est pas tout à fait le cas. Au contraire, Julian Sedgwick parvient à insuffler de l’espoir à son récit, à montrer que l’on peut se relever de tout malgré la douleur. Ce fut une expérience très émouvante que de voir Yuki panser ses plaies, se confronter à son passé et à ses traumatismes pour guérir. C’est une jeune fille très courageuse que l’on prend beaucoup de plaisir à découvrir. L’originalité de ce roman tient également au fait qu’au-delà des pages de texte classique, on retrouve à plusieurs reprises des planches de manga illustrées par Chie Kutsuwada. Cela apporte un véritable plus à l’histoire, car il s’agit d’une sorte de récit parallèle qui nous permet de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête de Yuki et son processus de guérison. Tsunami Girl a donc été une très bonne lecture, aussi touchante que bouleversante, que je recommande vivement !
Ce qu’il nous reste![]() d’Erik J. Brown (traduit de l’anglais par Elric Rozet) Naos 20,90 €, 150×210 mm, 443 pages, imprimé en France, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr ou Place des libraires. |
Tsunami Girl![]() Texte de Julian Sedgwick et illustré par Chie Kustuwada (traduit de l’anglais par Françoise Nagel) Bayard Jeunesse 16,90 €, 138×210 mm, 429 pages, imprimé en Italie, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Passionnée de lecture depuis toujours, j’adore découvrir de nouvelles histoires et de nouveaux univers. J’aime échanger autour de ma passion, parler pendant des heures du dernier roman que j’ai lu, réarranger sans cesse ma bibliothèque et me balader en brocante à la recherche de petites pépites.

