Dans la chronique du jour, je vous propose de faire la rencontre de filles qui sont amoureuses d’une fille et de familles qui n’appartiennent pas au « schéma classique ».
À l’école, Simone n’est pas concentrée sur ses cahiers ; le nez en l’air, elle pense à son amoureuse. Elle s’appelle Makéda et elle occupe toutes ses pensées. Simone pense à sa future vie avec Makéda, aux enfants qu’elles auront et au refuge pour pandas abandonnés qu’elles vont créer. Comme dans toute relation amoureuse, tout n’est pas toujours rose, parfois entre Makéda et Simone il y a de l’orage dans l’air, mais les deux finissent toujours par se retrouver.
Sorti aux éditions On ne compte pas pour du beurre, maison d’édition qui « agit pour la visibilité des enfants et des familles peu représentées dans la littérature jeunesse », L’amoureuse de Simone parle d’une histoire d’amour entre deux petites filles. Le fait que ce soit deux filles (et le fait qu’elles soient non blanches) n’est pas le sujet ; ici, il n’est question que d’amour.
Prisonnière d’une tour, la magnifique princesse Tourmaline attendait. Un chevalier courageux devait venir la délivrer, alors elle patientait. Elle patientait pendant qu’un chevalier tombait de son cheval, qu’un autre partait dans la mauvaise direction ou qu’un troisième se perdait dans un champ de blé… Jusqu’au jour où…
Je ne vais pas maintenir le suspense inutilement et je vais totalement vous divulgâcher la fin de l’histoire : vous l’aurez sans doute compris, puisque c’est la thématique de la chronique, le seul chevalier qui réussira à attendre Tourmaline sera en fait une chevalière, ce qui fera le bonheur de la princesse. Le procédé a été utilisé plusieurs fois ces dernières années (une princesse qui voit passer des princes charmants et finit avec une princesse), mais ici il est plutôt bien utilisé et les illustrations de Fatinka Ramos sont superbes, alors pourquoi s’en priver ?
Dans la cour de récréation, des enfants jouent aux familles. Pour ça, il faudrait une maman et les enfants ont décidé de demander à la nouvelle, mais celle-ci refuse, elle préférerait faire le papa. C’est d’accord, mais il n’y aura qu’un seul enfant dans cette famille ? Après tout, pourquoi pas !
Grâce à des discussions d’enfants (qui sonnent juste), on aborde la pluralité des familles (enfant unique ou famille nombreuse, familles homoparentales, parents solos, familles recomposées…). Le ton est léger, mais toujours bienveillant. Les enfants s’interrogent sur ces familles qui ne ressemblent pas à la leur, se demandent comment on peut être frère et sœur sans avoir la même couleur de peau ou démontent les a priori de genres auprès de leurs camarades. Les dialogues regorgent de petites situations sans qu’elles fassent « catalogue », c’est amené de façon intelligente. Le texte est très joliment illustré par Ian de Haes qui prolonge le côté inclusif du texte en incluant notamment un frère handicapé qui n’est pas cité dans le texte.
L’amoureuse de Simone![]() ![]() Texte d’Elsa Kedadouche, illustré par Amélie-Anne Calmo On ne compte pas pour du beurre 15 €, 216×218 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur ecoresponsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Tourmaline![]() ![]() Texte de Davide Cali, illustré par Fatinka Ramos Alice Éditions, dans la collection Histoires comme ça 14 €, 298×228 mm, 28 pages, imprimé en Belgique, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Et toi, ta famille ?![]() ![]() Texte de Charlotte Bellière, illustré par Ian De Haes Alice Éditions 13,50 €, 225×279 mm, 44 pages, imprimé en Belgique, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !





