Aujourd’hui je vous propose deux albums délicats et sensibles pour mettre un peu de douceur dans votre quotidien. On part d’abord en voyage à la Villa Médicis accompagné de Roland Léléfan, puis on fait la connaissance d’un vieil arbre pas comme les autres. Belle lecture !
Roland Léléfan est un personnage curieux et créatif. Aussi, il est normal qu’il soit invité à la Villa Médicis à Rome. Dans cette épopée artistique, le petit pachyderme nous embarque au cœur de cette grande maison italienne, nous contant son histoire et nous révélant ses secrets…
Avec Roland Léléfan l’artiste, Louise Mézel nous propose une exploration drôle et ludique de la grande Villa Médicis (merveille architecturale qui aujourd’hui est un haut lieu de la culture, puisque résidence d’artiste). C’est une balade poétique à laquelle on se prépare en ouvrant cet ouvrage. Confortablement lové dans son canapé, on prend plaisir à suivre Roland l’éléphanteau dans sa découverte du lieu — et on aurait tort de s’en priver, car notre guide possède des pouvoirs surnaturels, nous permettant de remonter le temps. Ainsi, on se retrouve dans les jardins du palais durant l’Antiquité, mais on peut également accéder aux moindres recoins de ce gigantesque musée. Très didactique, l’album n’en demeure pas moins ludique. Roland est à la fois très précis dans ses explications mais n’oublie pas d’interpeller son public (lecteurs et lectrices) « quel pays aimerais-tu visiter ? »
demande-t-il après avoir précisé la localisation de sa destination fétiche. Si Louise Mézel est une formidable conteuse, ses illustrations aux crayons de couleur, très vives nous plongent dans un univers coloré. Tout se passe comme si elle nous proposait son carnet de croquis de la Villa Médicis. D’un trait précis et efficace, elle reproduit les œuvres d’arts les plus spectaculaires, imagine les jardins antiques, comme la piscine qui se trouverait sous la Villa. Au fond c’est une invitation au voyage qui nous est proposé ici, très onirique et poétique !
Il était une fois une colline. Sur cette colline se tenait un arbre, un seul, majestueux, puissant. Celui-ci tenait lieu d’abris pour des animaux mais aussi pour un petit garçon qui aimait l’escalader. Un soir d’été cependant, un orage éclata, et l’arbre s’effondra. Oiseaux, renards, écureuils, l’enfant. Comment faire pour vivre sans l’arbre ?
L’arbre est un album bouleversant qui traite avec beaucoup de subtilité de la question du deuil. Usant de métaphores, Coralie Saudo explique avec sensibilité les différentes étapes qui ont lieu après la mort d’une personne ou d’un être cher. On suit donc, le lent réveil d’un petit garçon et de nombreux animaux suite à la disparition tragique de leur abri/ami : du partage de leurs souvenirs émus, de leur tristesse et de leur colère jusqu’à leur délivrance. Alors que ceux-ci pleurent le vieil arbre, un homme armé d’une tronçonneuse vient le débiter. C’en est trop pour tout ce petit monde qui est perdu. Cependant, c’est ce personnage en particulier qui va redonner une seconde vie à l’Arbre, transformant le tronc en nichoirs pour oiseaux. L’album est poétique, sensible et délicat. Les sentiments liés à la disparition sont évoqués avec clarté et
intelligence jusqu’à l’acceptation finale. Cette belle histoire est portée par les illustrations de Mélanie Grandgirard qui nous plonge dans un univers harmonieux, avec trois couleurs dominantes qui accompagnent le deuil de ces personnages sympathiques. Au final, c’est un récit fort qui nous est proposé ici, un récit qui nous conte l’importance de ne pas oublier ceux et celles qui partent, et de les garder toujours au fond de nous, sans chagrin ni rancœur, seulement avec apaisement.
Roland léléfant l’artiste![]() ![]() de Louise Mézel La Joie de Lire 12,90 €, 170×202 mm, 96 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’arbre ![]() ![]() Texte de Coralie Saudo, illustré par Mélanie Grandgirard Casterman 14,90 €, 203×262 mm, 26 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


