Aujourd’hui, on rencontre un ours timide au regard un brin envahissant, avant d’aller réviser notre géométrie (mais en s’amusant, bien évidemment) !
Pour découvrir le cercle bleu, on fait pivoter une languette de papier. Pour faire apparaître l’étoile violette, on superpose de petits triangles accrochés les uns aux autres. Pour trouver un ovale vert clair, on déforme un cercle de la même couleur… Facile non ? Eh bien pas si simple en réalité ! Si vous croyez tout savoir sur les formes géométriques, attendez de découvrir ce livre, car pour en venir à bout, il va falloir vous triturer les méninges !
Dans la droite lignée d’Histoire de points et Histoires de lignes (que nous avions chroniqués ici et ici), Andy Mansfield nous embarque cette fois dans une aventure géométrique passionnante ! Chaque page nous présente un nouveau casse-tête, du plus simple au plus complexe, dans lequel on va devoir retrouver la ou les formes demandées (j’avoue être encore en train de chercher ce mystérieux rectangle rouge…). Pour tous les résoudre, il va falloir s’armer d’un peu de patience, d’une bonne dose de logique et d’un soupçon d’inventivité, et surtout… manipuler le livre dans tous les sens ! De quoi découvrir ou redécouvrir les formes géométriques sans en avoir l’air et en s’amusant. Vraiment bien conçu, le livre est aussi une réussite sur le plan esthétique, avec ses multiples formes aux couleurs vives qui en font un objet très graphique. Et en guise de clou du spectacle, la dernière page nous offre un grand casse-tête où l’on doit retrouver toutes les formes découvertes au fil du livre, dans un subtil jeu de miroir !
Un livre-jeu très ingénieux pour s’initier à la géométrie, encore meilleur lu à plusieurs !
Ours a beau être un poil timide, il n’en est pas moins curieux. Alors il part à la rencontre des animaux de la forêt, mais une fois face à eux, tout ce qu’il parvient à faire est de les fixer d’un air concentré. D’un air TRÈS concentré. D’un air même un peu gênant. Alors les animaux, importunés par ce gros animal qui ne dit même pas bonjour, ont tôt fait de l’envoyer balader. Et les choses ne semblent pas près de s’arranger, jusqu’à ce qu’Ours tombe sur une grenouille un peu plus compréhensive qui, interpellée par son comportement étrange, va l’initier aux rudiments de la politesse. Il suffit parfois d’un petit rien pour tout changer, et Ours ne va pas tarder à la découvrir !
Cet album aborde le thème de la timidité sous un angle original, et sans vraiment la nommer. Les mésaventures de ce gros ours nous montrent à quel point il peut être difficile de gérer son rapport aux autres, mais il envoie aussi un joli message d’espoir à ceux et celles qui sont dans ce cas. Si j’ai trouvé la fin de l’album un peu trop rapide, un peu abrupte au regard des premières pages qui prennent au contraire le temps de poser les choses, Ours qui fixe reste néanmoins une très jolie histoire et un bon moyen d’aborder ce sujet souvent délicat. Enfin les illustrations, bourrées de charme et pleines de couleurs, achèvent de rendre cet ours maladroit résolument attachant.
Un album juste et tendre pour aborder la peur de l’Autre en douceur.
Histoires de formes![]() ![]() d’Andy Mansfield Seuil Jeunesse 15 €, 190×190 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2017. |
L’ours qui fixe![]() ![]() de Duncan Breedie Didier Jeunesse 14 €, 244×287 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2017. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


