Aujourd’hui je vous propose une journée bien chargée, en compagnie d’une ribambelle d’animaux sympathiques ! Pour bien débuter la matinée, commençons par un jeu de questions-réponses avec Madame chouette m’a raconté, puis enchaînons sur les aventures du trio rigolo Loup, Vache, Cochon. Ensuite, on peut s’amuser autour d’une partie endiablée de Kariba l’après-midi, et enfin s’endormir aux côtés des petits animaux d’Au bois dormant. Le tout sous les yeux attentifs d’un parent, qui pourrait bien se reconnaître à travers Le bestiaire de Maman !
Une chouette connaît tous les secrets du monde et ne les répète à personne… ou presque ! Il s’avère que la chanceuse Lulu Lima est parfois sa confidente et qu’elle a décidé de partager quelques-unes de ses découvertes avec nous. Si vous vous êtes déjà posé la question de l’origine de la pluie ou des couchers de soleil, de la longueur du cou des girafes ou encore de l’apparence des porcs-épics, Madame chouette m’a raconté est le livre parfait pour vous. Mais attention, les réponses qui s’y trouvent sont aussi surprenantes que farfelues !
Lulu Lima et Jana Glatt créent un album vitaminé, plein de bonnes idées, d’humour et de bienveillance. En inventant des réponses loufoques aux genres de questions que l’on se pose sans cesse quand on est petit·es, l’autrice se met à hauteur d’enfant et imagine un monde merveilleux, où les animaux s’entraident et s’allient sans hésitation.
Un peu dans la même branche que les fabuleuses Histoires comme ça de Rudyard Kipling (mais pour un public plus jeune), ce livre invite à la curiosité mais aussi à l’imagination, le tout sans se prendre au sérieux. D’ailleurs, on trouve même une liste de nouvelles questions à la fin du livre, invitant les lectrices et lecteurs à partager leurs propres réponses à Madame chouette. Les illustrations hyper colorées participent beaucoup à l’énergie qui se dégage de l’album : les animaux, les décors, les costumes, tout est bariolé, amusant et plein de peps. Ça grouille de partout, c’est vivant, bref, c’est un vrai régal pour les mirettes !
Une lecture qui donne la pêche, colorée et pleine d’une jolie extravagance.
Vache rencontre Cochon, qui semble bien embêté. Et pour cause, il essaye de construire une maison de brique pour se protéger de Loup, mais ce dernier ne lui laisse pas une seconde de répit, bien décidé à le dévorer. Heureusement que Vache a une idée pour sortir son ami des dangereux pièges qui lui sont tendus (à base de Loup déguisé, évidemment). Prudence cependant, car le chasseur affamé ne les lâche pas d’une semelle, semblant obnubilé par l’idée d’un délicieux filet mignon !
Quentin Vijoux s’inspire des contes traditionnels des Trois petits cochons et du Petit chaperon rouge et les revisite avec beaucoup d’humour en les propulsant dans un univers très contemporain. En effet, on croise les héros de Loup Vache Cochon au supermarché, en voiture ou encore à la Poste. L’illustrateur possède un style assez cartoonesque, à la fois étonnant et rafraîchissant.
On sent une maîtrise tirée de l’univers de la bande dessinée et du roman graphique qui véhicule beaucoup d’humour et de punch (notamment dans la dynamique des plans et les mouvements des protagonistes). Par exemple, les expressions des personnages sont littéralement pliantes et le comique de répétition distillé tout au long des péripéties fonctionne très bien (pour les petit·es comme pour les grand·es !). Leurs looks anthropomorphiques participent aussi à l’ambiance rigolote, notamment celui de Loup très BCBG avec son petit chino et son col roulé pas piqué des hannetons.
Enfin, on peut noter l’entraide interespèce qui se fait naturellement et sans arrière-pensée. Vache épaule simplement Cochon, sans pour autant taper sur le museau de Loup (qui aura même droit à un copieux et inattendu repas à la fin, arrosé d’une morale gentillette).
Une belle surprise, qui continue au-delà de la lecture, car un jeu DIY type jeu de l’oie (enfin, de Loup) est proposé en téléchargement ici.
Dans la savane, l’eau se fait rare et les animaux sont donc nombreux autour des mares. Mais au cœur de tout ce petit monde la loi du plus fort règne, et ainsi l’animal le plus riquiqui risque bien de se faire chasser fissa par plus gros que lui ! Dans Kariba, six espèces se disputent un point d’eau central, chacune classée par un chiffre et un code couleur indiquant son emplacement et son rapport de force.
Ce jeu se joue à deux ou à quatre, et est composé d’un plateau (la mare), d’une main de cinq cartes-animaux par participant·e, et enfin d’une pioche. Chacun·e à son tour, les joueurs et joueuses posent une ou plusieurs cartes d’une seule famille (suricate, girafe, guépard…) afin de tenter de faire déguerpir les animaux plus « faibles » à proximité directe. Le but étant de récupérer le plus grand nombre de cartes tout en prenant garde de ne pas avantager ses adversaires.
Que de fou rire dans une si petite boîte ! Kariba a tout ce que j’attends d’un jeu de société : facile et rapide à comprendre et à expliquer, très amusant, familial et avec un design réussi.
En plus, avec son format voyage tout mini, la boîte se glisse partout et est très facilement transportable. Que ce soit en duo ou à plus, les parties endiablées s’enchaînent et l’on se marre en essayant de deviner qui bluffe, on réfléchi en tentant d’anticiper l’évolution du jeu, bref on partage un chouette moment ! Le graphisme coloré et simple est très accrocheur, et permet aux plus jeunes de vite se repérer et de jouer sans difficulté. De plus, les animaux ont des expressions tordantes tout en étant stylisés, faisant de Kariba un jeu à la fois mignon, futé et bien sûr très ludique. Un coup de cœur !
Lors de grandes balades en forêt en compagnie de son chien, une fillette observe avec attention la nature qui l’entoure. En cette période de fin d’automne, les animaux se pelotonnent dans leurs terriers et leurs nids douillets. Du plus imposant des ours au plus petit colibri, tous sont prêts à profiter d’un repos bien mérité.
Au bois dormant est une ode à la nature, qui nous plonge directement dans le calme majestueux des grandes forêts. J’ai eu l’impression de déambuler calmement aux côtés de la petite héroïne, au cœur d’un bois immense du Canada ou du Nevada, de sentir l’odeur de l’humus, les craquements de brindilles sous mes pieds et d’entendre les bruits feutrés des habitants sauvages. Loin de la pollution et du rythme effréné des grandes villes, cette histoire nous emmène dans un moment de calme et de sérénité, un petit cocon. Ici, l’isolement n’est pas du tout synonyme d’ennui, au contraire ! Il permet à la petite fille de prendre le temps de regarder tout ce qu’il se passe autour d’elle avec prévenance, de considérer les bêtes de la forêt avec respect. Elle explore et observe, sans jamais chercher à s’immiscer dans leurs habitudes.
J’ai adoré les illustrations tout en rondeurs et en courbes, possédant un côté assez vintage très craquant. Les personnages, animaux comme humains, sont tellement mignons avec leurs grands yeux et leurs petites bouilles ! Tout y est doux et adorable ! Quant aux couleurs, elles sont sublimes et capturent à la perfection les teintes chaudes de l’automne et l’ambiance ouatée de l’hiver.
La cadence lente et très calme de cet album en fait une lecture parfaite pour le soir (et encore mieux si l’on est au coin d’un feu !), pour se préparer au sommeil, en même temps que les animaux de ce joli bois dormant.
Un enfant raconte comment sa maman a le pouvoir de se transformer en plein d’animaux différents selon son humeur ou ce qu’elle est en train de faire. Elle peut être rapide comme un guépard quand il faut rattraper un hamster fugueur, ou bien impassible comme un alligator quand elle passe des heures dans son bain. Mais parfois elle prend aussi la forme d’un cochon quand elle se réveille de mauvais poil, ou encore d’un castor quand elle bricole dans la maison. Bref, cette maman est une vraie jungle à elle toute seule !
Le bestiaire de Maman est un livre étonnant, aussi bien sur le fond que sur la forme. On y voit toutes les facettes de la personnalité d’une mère, (enfin) libérée du carcan exigu de cette représentation encore trop courante : celle de la figure maternelle lisse et toujours d’humeur égale. Ici, la maman est avant tout une personne à part entière, qui vit et s’exprime, qui ne se contente pas d’être juste douce ou dévouée. Et évidemment l’amour et le lien existants entre elle et son enfant n’en sont absolument pas diminués !
En bousculant des préjugés qui ont la vie dure, ce livre m’a semblé extrêmement déculpabilisant et décomplexant, car il véhicule l’idée qu’une mère est avant tout… une personne comme une autre ! C’est la personnalité unique et riche de celle-ci qui fait que son enfant l’aime et l’admire, pour ses bons et ses mauvais côtés. L’idée de la représenter sous la forme de différents
animaux, en empruntant les caractéristiques spécifiques qu’on leur attribue (caractère de cochon, malin comme un singe…) est une idée simple, mais surtout très efficace et percutante. L’illustratrice s’approprie d’ailleurs totalement ces codes et crée un univers atypique, extrêmement coloré et vivant. Elle joue avec les volumes et les distorsions, faisant de chaque image un véritable tableau qui transfigure le texte.
Un album atypique et kaléidoscopique, dont la fin vous fera sûrement fondre !
Madame chouette m’a raconté — Les plus étonnantes histoires de la nature![]() de Lulu Lima (traduit du portugais par Clara Domingues), illustré par Jana GlattHelvetiq 14 €, 235×260 mm, 40 pages, imprimé en Lettonie, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Loup Vache Cochon![]() de Quentin VijouxL’agrume 12 €, 210×210 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
| Kariba de Reiner Knizia, illustré par Félix Kindelan Helvetiq Prix : Autour de 9,90 € Âge d’après l’éditeur : dès 6 ans Nombre de joueur·euses : 2 à 4 Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 min Fabriqué en Pologne. |
Au bois dormant![]() de Karen Jameson (traduit de l’anglais par Rose-Marie Vassallo), illustré par Marc BoutavantÉcole des loisirs, dans la collection Kaléidoscope 13,50 €, 262×253 mm, 28 pages, imprimé en Chine, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le bestiaire de Maman![]() Texte de Victor Le Foll, illustré par Jeanne SterkersL’agrume 16,50 €, 250×340 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Approche de la trentaine, et en a profité pour perfectionner ces petites choses si importantes qui font un tout. Vivre les livres, dessiner et créer des trucs, pour relier le dehors au dedans. Aime la nature, les histoires qui donnent espoir, celles aux allures de vieux grimoires, les BD hypersensibles et les images colorées.
Se retrouve dans le travail de Tarmasz, de Tayou Matsumoto, de Bretch Evens.





de Lulu Lima (traduit du portugais par Clara Domingues), illustré par Jana Glatt