Sans le dire clairement, les trois livres du jour parlent de protection animale. C’est parfois bien plus intelligent d’utiliser des chemins détournés pour faire passer des messages. Aujourd’hui, on parle donc de végétarisme, d’animaux disparus et de vivre en harmonie avec les animaux.
Il y a très longtemps, notre monde n’était peuplé que d’ogres et d’ogresses. Leur nourriture était bien entendu basée sur un aliment principal : les enfants. Ils étaient dégustés de toutes les façons, les recettes ne manquaient pas. Mais un jour, les ogres et les ogresses commencèrent à tomber malades, la cause fut vite trouvée : la viande d’enfant. Les ogres et les ogresses durent donc repenser leur alimentation et manger des fruits et des légumes…
Coline Pierré (elle-même végétarienne) s’amuse ici à imaginer un monde où l’on mangerait des enfants jusqu’au jour où… Bien entendu, toute l’histoire peut être vue comme une caricature de notre société qui mange des animaux.
Sans être militant, voilà une histoire qui peut faire prendre conscience aux lecteur·trice·s du livre que manger des légumes c’est bien moins cruel (sans les rendre forcément végétarien·ne·s, sinon tout ceux et toutes celles qui ont vu le film Babe auraient arrêté de manger du cochon !). Bien entendu, on pourra aussi voir ici, tout simplement, une histoire d’ogres·ses devenu·e·s végétarien·ne·s !
Drôle, coloré et un poil militant sous ses faux airs de contes, voilà un livre comme on les aime !
Dans son château, le roi s’ennuie. Et il n’y a rien à faire, rien ne m’amuse. Mais voilà qu’il a une idée pour se divertir, c’est un jeu ancien, mais toujours efficace : il organise une partie de cache-cache !
L’album commence par l’histoire d’un lion qui organise une partie de cache-cache avec les autres animaux, mais la chute nous entraîne là où l’on n’imaginait pas (et je suis obligé, j’en suis désolé, de vous la dévoiler). Car s’il retrouve vite la salamandre noire, l’aigle royal ou le bigorneau, où sont passés le dodo, le tigre de Tasmanie ou le crapaud doré ? Barroux parle donc ici de manière totalement détournée (et extrêmement intelligente) des animaux disparus. On ne le voit pas venir (oui, je m’en veux de vous avoir révélé la fin, du coup, mais c’était obligatoire, d’après moi, pour la chronique) et l’on est totalement surpris·e par cette chute inattendue. En fin d’ouvrage, deux pages documentaires : la première sur les animaux disparus cités, la seconde sur ceux qui sont menacés. Est-il besoin de préciser que, comme toujours avec Barroux, les illustrations sont magnifiques et que l’ouvrage est superbe ? Je ne pense pas !
Un très bel album qui aborde avec intelligence les espèces animales disparues.

Un homme et son chien. L’homme regarde la montagne qui se dresse devant lui et l’affirme « ici, c’est ma montagne ». Elle est belle sa montagne, mais elle n’est pas sans danger…
Un loup l’affirme « ici, c’est ma montagne ». Elle est belle sa montagne, mais elle n’est pas sans danger…
L’idée de cette collection (Grain de sable, chez Père Fouettard) est très bonne : raconter deux points de vue dans des ouvrages recto verso. Pas de gentils et de méchant, pas de bons et de mauvais, juste deux versions des faits. Ici, ce principe est particulièrement bien exploité,
car le texte est rigoureusement le même que ça soit le point de vue de l’homme ou celui du loup. Tous les deux vivent ici, tous les deux craignent l’autre et tous les deux aiment leur montagne. C’est intelligent et bien vu ! Les illustrations de Jérôme Peyrat qui accompagnent le texte sont magnifiques.
Un très bel album pour rappeler qu’il n’y a pas d’un côté les bons et de l’autre les méchants, et que l’important c’est de vivre en harmonie avec les autres espèces.
Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants![]() ![]() Texte de Coline Pierré, illustré par Loïc Froissart Rouergue 15,50 €, 210×280 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2018. |
Où êtes-vous ?![]() ![]() de Barroux Seuil Jeunesse 12,50 €, 225×280 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2018. |
Dans ma montagne![]() ![]() Texte de François Aubineau, illustré par Jérôme Peyrat Père fouettard dans la collection Grain de sable 13 €, 235×238 mm, 32 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


