Aujourd’hui, je vous propose d’aller vous balader en Ardèche, dans la grotte Chauvet plus exactement, et de découvrir l’art pariétal.
Pour la première fois Igor et Souky partent ensemble sans les parents en week-end chez l’oncle et la tante d’Igor, en Ardèche. Comme la maison est encore en travaux, les deux enfants dorment dans le jardin, dans une petite tente. Après une nuit pleine de péripéties (jeu des ombres chinoises, grosses frayeurs et catastrophes « peinturluresques » dans la chambre du futur bébé), oncle Yann et tatie Maud les emmènent visiter un lieu extraordinaire, la caverne du Pont d’Arc, réplique de la grotte Chauvet. Grâce à une guide, ils y découvrent les magnifiques peintures préhistoriques de la grotte. Igor, épuisé par sa nuit mouvementée, s’endort dans les bras de son oncle et se met à rêver : lions, bisons, loups et hibou prennent vie et se livrent à un ballet frénétique.
Igor et Souky et les ombres de la caverne est le sixième volet d’une collection de docu-fictions mettant en scène deux enfants découvrant des sites touristiques remarquables. C’est le premier qui les emmène hors de Paris. L’album est à mi-chemin de la fiction, de la BD et du documentaire. À la suite de l’histoire, on trouve une double page qui explique les techniques de dessin des aurignaciens pour apprendre à dessiner comme eux, puis un dossier documentaire sur la grotte Chauvet et sur l’Ardèche. L’histoire est très rythmée et offre quelques moments de suspens, les illustrations sont très chouettes, et les « ponts » entre le passé et le présent sont vraiment bien trouvés (les empreintes qu’Igor et Souky laissent dans la chambre du bébé en marchant dans un sceau de peinture sans le vouloir, etc.).
Un super album qui donne envie de faire une escapade en Ardèche !
La tribu de Flime s’est sédentarisée : elle s’est installée au bord de la rivière Serpent. La vie y est douce, le gibier abonde, et Flime danse la nuit à la lueur du feu, sous les étoiles. Seul Thaïm, le grand frère de Flime, reste étranger à cette nouvelle vie paisible ; il est taciturne. Peut-être est-ce parce qu’il ne sait pas chasser aussi bien que son père et qu’il semble effrayé par les animaux ? Peut-être est-ce parce qu’il ressemble à un long roseau alors que les hommes de la tribu sont forts comme des rocs et courageux ? Ou peut-être est-ce parce qu’un de ses doigts est tordu, sa main ayant gelé un hiver ? Flime ne croit pas que son frère manque de courage ; elle pense plutôt qu’il porte un secret en lui et que c’est pour cela qu’il disparaît parfois pendant de longues heures. Un jour, elle décide donc de le suivre et découvre son repaire secret. Thaïm a découvert une grotte dans laquelle il dessine. Il dessine des lions amoureux, un hibou qui tourne la tête, un troupeau de rhinocéros qui galope. On croirait presque entendre le bruit de leurs sabots claquer sur la terre sèche. Flime est entourée d’animaux qui dansent et qui lui racontent leur histoire. Voilà ce que faisait Thaïm lorsqu’il partait à la chasse avec les autres : il n’avait peur, non, il observait…
Peut-être Thaïm et Flime ont-ils vraiment existé ? Pour incarner son histoire, Cécile Alix s’est inspiré des empreintes retrouvées dans la grotte Chauvet, celles d’un petit enfant d’environ huit ans et celles d’une main avec un doigt tordu qui appartenait à un adulte d’environ 1m80. Ce nouvel album de la collection « Pont des arts » nous transporte 35 000 ans en arrière. Il mêle habilement plongée dans la préhistoire et réflexion sur l’exclusion et la différence. Pour illustrer cet album, Barroux a fait un délicat travail sur la lumière : nuit noire et profonde, lumières éclatantes du soleil et du feu des torches, ombres dansantes des animaux. L’album se clôt sur un dossier documentaire qui présente la grotte Chauvet et ses différents panneaux.
Une jolie initiation à l’art pariétal.
Vous voulez aller un peu plus loin dans la découverte de la grotte Chauvet ? C’est ce que propose le passionnant documentaire de Sébastien Gayet et Julien Billaudeau, À la découverte de la grotte Chauvet Pont d’Arc. Ici, pas de fiction pour servir de support aux informations, mais pas non plus de découpage thématique comme dans les documentaires classiques. Les auteurs nous emmènent en balade de l’extérieur de la grotte jusqu’à ses profondeurs. Le texte est une succession de courts chapitres, très clairs mais pas du tout simplificateurs. On commence par découvrir la grotte en elle-même : de quand date-t-elle, comment a-t-elle été découverte, comment est-elle conservée et protégée. On suit ensuite les habitants de cette grotte, non pas les Aurignaciens mais les ours, puis on attaque le vif du sujet, les peintures en elles-mêmes. L’album explique très bien ce qui fait de cette grotte un lieu extraordinaire et unique au monde : la maîtrise exceptionnelle des artistes de la grotte Chauvet. La dernière partie est consacrée aux Aurignaciens et à leur mode de vie. À la fin de l’album, on trouve un glossaire et une frise chronologique. Pas de photos ici, mais uniquement des illustrations qui tiennent une place assez importante et illustrent formidablement bien les propos du texte.
Une vraie réussite que ce documentaire qui se lit d’une traite comme un roman !
Une fois qu’on a acquis toutes ces connaissances, quoi de mieux que de jouer un peu. Éric Le Brun, illustrateur spécialisé dans la Préhistoire, et Priscille Mahieu, illustratrice de BD, nous ont concocté un super cahier d’activités autour de… la grotte Chauvet ! À travers onze doubles pages thématiques, sont proposés plusieurs jeux pour nous faire découvrir la Préhistoire, la vie des homo sapiens, et les dessins de la grotte : comment faisait-on du feu, de quoi les Aurignaciens se nourrissaient, quels étaient leurs outils, etc. On retrouve des jeux des 7 erreurs, des mots cachés, des jeux de logique, des puzzles, des mots codés, bref tout ce qui fait les habituels cahiers d’activités mais avec une visée documentaire et pédagogique. Et au milieu du cahier, on trouve le « jeu de l’ours », un plateau de parcours avec des cartes questions à détacher et qui se joue avec des petits cailloux et des pailles de différentes tailles. Les illustrations sont très réussies et les jeux diversifiés et très malins (par exemple, le principe du mot codé sert ainsi à découvrir quelle pierre doit être frottée contre un silex pour produire des étincelles). L’équilibre entre jeux et infos documentaires est parfait, et la difficulté des jeux soigneusement dosée (on trouve les solutions à la fin si l’on est bloqué).
Un cahier d’activité très inventif, parfait pour se plonger dans la Préhistoire !
Igor et Souky et les ombres de la caverne![]() ![]() texte de Sigrid Baffert, illustré par Sandrine Bonini Les éditions des éléphants 13 €, 170 x 220 mm, 56 pages, imprimé en Slovaquie, 2016. |
La grotte des animaux qui dansent![]() ![]() texte de Cécile Alix, illustré par Barroux L’élan vert 14,95 €, 320 x 230 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2016. |
À la découverte de la grotte Chauvet Pont d’Arc![]() ![]() texte de Sébastien Gayet, illustré par Julien Billaudeau Actes Sud Junior 12,50 €, 270 x 190 mm, 56 pages, imprimé au Portugal, 2016. |
Mon cahier préhisto, la Chauvet Pont d’Arc![]() d’Éric le Brun et Priscille Mahieu Glénat Jeunesse 7,50 €, 210 x 285 mm, 36 pages, imprimé en Pologne, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




j’ai eu la chance de lire la grotte des animaux qui dansent. J’ai beaucoup aimé.
Les couleurs sont magnifiques (il y a juste le texte qui parfois se distingue moins bien qu’à l’ordinaire). Un magnifique album.