Aujourd’hui on suit des personnages qui partent à la découverte de nouveaux territoires fictifs ou réels… grâce à deux très beaux albums Le nombril du monde d’Anne Laval et Puisque c’est ça, je pars d’Yvan Pommaux.
Pour son anniversaire, le cartographe Victor Bonenfant reçoit un drôle de cadeau de la part de sa femme Nina… Les coordonnées d’un territoire inconnu ! Ni une ni deux Victor Bonenfant décide de partir à l’aventure accompagné de Nemo son chien bleu et surtout de ses précieux instruments de travail dans le but de tracer les contours de ce nouveau pays… Mais l’aventure va se révéler plus complexe que prévu…
Avec Le Nombril du monde, Anne Laval nous propose un voyage aussi introspectif que lumineux. Au fur et à mesure de son périple dans ce territoire inconnu, Victor Bonenfant change sa manière de voir les choses : ses sens sont de plus en plus en éveil (en témoigne son journal de bord, formidable idée de l’autrice, qui nous permet d’être au plus près des interrogations et des questionnements du héros). Ses précieux instruments ne lui sont plus d’aucune utilité, certains sont égarés, d’autres abandonnés. Finalement, tout se passe comme si le voyage de notre héros était bien trop fort pour qu’il puisse se résumer à quelques traits sur un papier. Les illustrations sont superbes et l’on plonge avec crainte et délice dans ce paradis perdu, loin de toute civilisation où tout peut arriver. Les grandes planches de couleurs d’Anne Laval nous embarquent dans ce voyage fascinant qui de page en page réserve bien des surprises aux lecteur·trice·s
Une invitation au voyage fantastique et éblouissant !
Norma est une petite fille comme les autres. Et comme toutes les petites filles Norma aime s’inventer des histoires, jouer avec son singe en peluche sous la surveillance de sa maman. Oui mais voilà, la maman de Norma passe plus de temps à pianoter sur son portable et à répondre au téléphone qu’à répondre à la petite fille. C’en est trop pour Norma qui décide de partir à la découverte de nouveaux endroits où la technologie n’a pas de prise accompagnée de Jojo son singe et Félix son copain.
Avec Puisque c’est ça, je pars Yvan Pommaux propose une réflexion sur l’imaginaire et la technologie. Puisque sa maman est incapable de décrocher de son téléphone, Norma décide de partir « et pour toujours ! » avec ses deux compagnons, elle s’égare dans ce parc, rejoint des sentiers qui l’amène à entrer dans un monde fantastique où des sirènes se baignent, où des animaux sauvages cohabitent avec des enfants. Un monde riche et foisonnant, aquatique et terrestre. Les illustrations d’Yvan Pommaux nous dépeignent à merveille ce territoire luxuriant poétique et onirique. Le développement de l’imaginaire des deux enfants se fait sans technologie aucune, sans aide, sans GPS… Mais attention quand même à ne pas trop s’égarer ! Sans être moralisateur, ce très bel album pose la question du téléphone portable comme frontière entre parents et enfants. On s’embarque avec plaisir une fois de plus avec Yvan Pommaux dans cette formidable aventure (qui heureusement se termine bien !)
Un très bel album qui interroge et questionne sur notre rapport à la technologie…
Le nombril du monde![]() ![]() d’Anne Laval Rouergue 16 €, 226×307 mm, 44 pages, imprimé en France, 2017. |
Puisque c’est ça, je pars![]() ![]() d’Yvan Pommaux L’école des loisirs 14,80 €, 316×223 mm, 44 pages, imprimé en France, 2017. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



