Aujourd’hui, on rencontre deux personnages féminins encore moins hauts que trois pommes. Dans Quand j’étais petite, une mère raconte à son fils son enfance minuscule et dans P’tite Pousse, Cécile Hudrisier nous propose une merveilleuse réinterprétation du conte d’Andersen.
« Raconte-moi quand tu étais petite toi aussi. », demande un jour Jules à sa mère. Et elle commence à lui raconter sa drôle d’enfance avec sa toute petite taille. Les tout petits repas, le tout petit lit, la maison de poupée qui est un véritable palace, bref, une vie tout en miniature.
Ce livre est adorable, plein de douceur et de délicatesse. Il évoque un peu le Petite Poucette d’Andersen avec cette maman pas plus haute qu’un pouce que tout le monde appelle Puce. La répétition du « Quand j’étais petite » au début de chaque double page donne un rythme quasi poétique au texte dans lequel on retrouve également une référence au conte Boucle d’or et les trois ours, je vous laisse la trouver… Les illustrations sont très fines et on adore regarder Puce dormir dans une moufle ou se baigner dans la fontaine des oiseaux.
Un album charmant à lire aux tout petits petits mais aussi aux plus grands.
Une vieille dame en mal d’enfants plante un jour une drôle de graine dans un pot. Sur le rebord de la fenêtre, le soleil et la pluie la font germer, puis pousser jusqu’à ce qu’il en sorte une petite fille pas plus haute qu’un pouce : P’tite Pousse ! La vieille dame est aux anges de voir cette ravissante et minuscule enfant qu’elle compte bien chérir plus que tout. Pourtant, même si la toute petite petite fille se sent choyée et aimée, elle a besoin d’air. Elle rêve de sortir explorer le monde pour apprendre des choses ! Elle décide de s’enfuir par la fenêtre et de partir à l’aventure. Elle rencontre un carpeau, qui veut la garder avec elle pour toujours, mais c’est trop long pour elle, alors elle promet de revenir si ce drôle de batracien lui apprend à parler aussi fort qu’il le fait. Elle croise ensuite un poisson, puis un écureuil, puis une taupe… chacun de ces animaux va lui apprendre quelque chose et c’est gonflée et heureuse de toutes ces nouvelles connaissances qu’elle va finalement choisir de rentrer à la maison…
J’ai adoré cette autre réinterprétation du conte d’Andersen ! D’abord parce que j’aime particulièrement le travail de Cécile Hudrisier, mais aussi parce que l’album est vraiment beau, les dessins sont superbes (les doubles pages dans la nature sont juste magiques), et on retrouve ces petites formulettes qui plaisent tant aux enfants. À chaque fois que P’tit Pousse croise un animal, celui-ci lui propose de rester « jusqu’à la fin des temps », mais elle répond invariablement qu’elle reviendra le voir s’il accepte de lui apprendre quelque chose. Si cette répétition donne là aussi du rythme à l’histoire, elle montre que le personnage a du caractère et qu’il est capable de dire non. Cette minuscule petite fille qui sort à l’extérieur pour la première fois de sa vie, et croise des animaux jusqu’alors inconnus, ne se laisse pas impressionner et décide de continuer sa route coûte que coûte, tout en réussissant tout de même à négocier quelque chose au passage : un nouveau savoir.
Une histoire merveilleusement réinterprétée pour tou·te·s les petit·e·s curieux·euses.
Quand j’étais petite…![]() ![]() Texte de Sara O’Leary, illustré par Julie Morstad L’Étagère du bas 14,95 €, 185 x 260 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2017. |
P’tite Pousse![]() ![]() de Cécile Hudrisier Didier Jeunesse 12,90 €, 230 x 188 mm, 48 pages, imprimé en France, 2017. |
Aime le papier bulles et les dinosaures.


