Je vous retrouve aujourd’hui avec deux albums hivernaux, l’un célébrant la générosité, l’autre l’amitié.
Sans crier gare, la neige est tombée, recouvrant le sol de son manteau blanc. Tous les animaux se sont empressés de s’abriter, tous sauf un petit moineau à l’aile blessée, incapable de s’envoler. Le voilà qui sautille tant bien que mal jusqu’au grand chêne pour lui demander refuge. Mais l’arbre, arguant que l’oiseau ne pourra s’empêcher de faire des saletés, refuse. Même échec du côté du châtaignier qui craint que le moineau n’attire les bêtes, et pas plus de succès auprès du platane, du hêtre, du frêne, de l’aulne ou du tilleul. Sur le point de s’abandonner au froid glacial de la nuit, il est alors encouragé par le sapin à venir s’abriter sous ses branches. Le lendemain, ragaillardi, l’oiseau reprend son envol au-dessus des arbres mis à nu par une nuit de tempête.
Dans cet album aux allures de conte Catherine Pallaro nous narre avec beaucoup de poésie et de sensibilité l’histoire de ce petit moineau, rejeté de (trop) nombreuses fois, finalement recueilli par un sapin. Un beau message de solidarité, sur l’ouverture à l’autre et à l’hospitalité. On retrouve beaucoup d’émotions à travers les merveilleuses illustrations de Hualing Xu, peintures pleines de douceur, qui ont le pouvoir de presque nous faire ressentir la morsure du froid, le vent tumultueux de la tempête, la désorientation du petit moineau. Bien plus qu’un livre de saison, Par une nuit d’hiver nous offre une histoire sur la générosité, rappelant de toujours tendre la main.
Panache et Pompon sont les meilleurs amis du monde. Ensemble, ils passent leurs journées d’été à jouer dans les arbres, faire la sieste et discuter. Mais comme rien ne dure indéfiniment, l’été s’achève et laisse peu à peu place à l’automne. Si Pompon se réjouit à l’idée que l’hiver approche, Panache l’envisage avec plus d’angoisse. Pour l’un, c’est les feuilles qui craquent sous les pieds, les longues soirées au coin du feu, l’air frais, la neige. Pour l’autre, c’est plutôt le vent qui souffle beaucoup trop fort et empêche d’avancer, le noir qui tombe beaucoup trop tôt, la glace qui colle et fait glisser. Alors quand l’hiver s’installe, les deux amis finissent par se fâcher et passer leurs journées chacun de leur côté. Jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’au-delà d’adorer ou détester l’hiver, ce qui compte vraiment, c’est simplement qu’ils s’aiment.
Que l’on soit partisan de Panache ou plutôt de Pompon, impossible de ne pas fondre devant toute la mignonnerie de cet album. Les illustrations douces et colorées rendent à merveille justice aux belles saisons évoquées, et c’est vraiment très drôle de découvrir la différence de points de vue entre les amis puisqu’à chaque double page on voit d’un côté ce que l’un attend avec impatience, de l’autre ce que le second redoute : un décalage qui prête à sourire. Si Je déteste l’hiver est un chouette album pour aborder le changement des saisons et en particulier l’arrivée de l’hiver, c’est aussi une belle histoire d’amitié, qui souligne que ce n’est pas parce qu’on n’aime pas la même chose que l’on doit nécessairement se tourner le dos : un peu de patience, de compromis, et on peut toujours trouver une solution. Après tout, n’est-ce pas plus agréable de profiter d’un bon moment avec quelqu’un·e qu’on aime ?
Par une nuit d’hiver![]() ![]() Texte de Catherine Pallaro, illustré par Hualing Xu Didier jeunesse 15 €, 247×319 mm, 20 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Je déteste l’hiver![]() ![]() de Fiona Barker (traduit de l’anglais, traducteur·rice non crédité·e), illustré par Christine Pym Kimane 13,95 €, 256×282 mm, 28 pages, imprimé en Chine, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née un livre à la main, elle aime les mots et leur résonance, s’évader et découvrir de nouveaux univers. Elle fait partie de ces gens qui croient fermement qu’un livre peut changer une vie.




