Les histoires qui mettent en scène les relations intergénérationnelles sont souvent très émouvantes et emplies d’une tendresse particulière. Les trois albums que je vous propose de découvrir ou redécouvrir, faisant la part belle aux grands-pères, n’en sont pas dénués, bien au contraire. Ainsi, Arno communique dans ses rêves avec son papy décédé lorsqu’il en a besoin, Émilio se laisse embarquer dans un voyage nocturne fabuleux, direction la Lune, et enfin, Nico conte aux lecteurs et lectrices la délicieuse complicité qui le lie à son grand-père, entre autres péripéties.
Arno ne quitte jamais le petit cheval en bois fabriqué par son grand-père disparu. Mais après une journée à jouer avec ses copains et copines, c’est le drame : le petit cheval est introuvable. Tout le monde se met alors à sa recherche. En vain. Arno est inconsolable. La nuit, dans la profondeur de son rêve, Arno parle à son petit cheval et à son grand-père. Son réveil lui réservera une bien belle surprise.
Les artistes proposent ici une histoire particulièrement touchante sur la transmission entre les générations. Entre le petit cheval en bois fabriqué par l’aïeul et la puissance des rêves d’Arno, la relation qui lie Arno à son grand-père est en effet très forte.
Jane Godwin nous conte ainsi avec brio l’amour, l’importance du souvenir et les liens mystérieux voire surnaturels qui attachent les êtres entre elleux. La magie du texte opère en communion avec les illustrations de Felicita Sala. En effet, cette dernière a un talent sans pareil pour mettre en avant la nature à travers les histoires qu’elle illustre. Chaleur et générosité s’en dégagent pour mettre en valeur les liens qui unissent par-delà la mort Arno et son grand-père. Le tout en fait un album émouvant, tendre et poétique qui fait voyager les lecteurs et lectrices jusqu’en Australie.
C’est l’été, Émilio rend visite à son grand-père qui vit en plein cœur de la forêt. La luxuriance de cette dernière leur promet de belles promenades, mais il y en a une en particulier qui marquera le petit garçon plus que les autres en lui mettant des étoiles plein les yeux.
Nicolas Schuff et Ana Sender s’allient pour nous proposer un album d’une grande tendresse sur la relation entre un grand-père et son petit fils. Entre leurs discussions philosophico-poétiques, les histoires du soir à la lueur de la Lune et leurs balades nocturnes, la nature est ici magnifiquement mise à l’honneur. Une nature au sein de laquelle le grand-père vit en communion entre « les arbres et les buissons [qui] grouillent de bourdonnements, de bruissements, de frémissements, de petites lumières ». Les illustrations d’Ana Sender accompagnent le texte en le parant d’une aura quasi mystique grâce à des tons sombres et chaleureux qui permettent de mettre en valeur l’astre céleste et la forêt tout entière. Une double page sans texte invite d’ailleurs les lecteurs et les lectrices à la contemplation de ce satellite tant convoité par nos deux complices. Pure magie. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet album qui se transforme en un bel hymne à la nature et à l’imagination tout en proposant un éloge des relations intergénérationnelles.
Nico adore écouter les histoires de son grand-père Rodrigue. Mais plus encore, il adore les vivre avec lui. Alors, quand il s’agit de témoigner de leurs aventures rocambolesques, les deux personnages ne sont vraiment pas en reste.
« J’adore quand papy me parle de quand il était petit. » En effet, Rodrigue n’a décidément pas son pareil pour raconter des anecdotes savoureuses à son petit fils Nico. Une cicatrice d’appendicite se transforme en attaque de tigre. Une attaque de piranhas, d’où le titre, devient propice à… Ah ça non, je ne vous le dévoilerai pas. La narration à la première personne du singulier ajoute humour et décalage franchement comique, comme lorsque Nico rend compte d’une virée à la fête foraine, qui d’après lui est géniale, tandis que l’illustration montre un Rodrigue au bord du vomissement. Ainsi, la complicité des deux personnages est aussi adorable et drôle à lire qu’à regarder. Les grands-parents des camarades du petit narrateur sont également mis à l’honneur. L’album loufoque, tendre et émouvant se transforme alors en un véritable éloge, à l’instar des deux autres albums présentés plus haut, des liens intergénérationnels, de la complicité qui se noue entre les générations et de la transmission.
Arno et son cheval![]() ![]() de Jane Godwin (traduit de l’australien par Jean-Baptiste Coursaud), illustré par Felicita Sala Bayard Jeunesse 12,90 €, 245×2820 mm, 36 pages, imprimé en Europe, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Comment aller sur la Lune![]() de Nicolas Schuff (traduit de l’espagnol par Florent Grandin), illustré par Ana SenderÉditions Père Fouettard 14 €, 199×278 mm, 40 pages, imprimé en Europe, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Piranhas !![]() de Rocio BonillaÉditions Père Fouettard 14,95 €, 249×308 mm, 44 pages, imprimé en Europe, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages, Laetitia est une éternelle rêveuse qui partage sa vie entre la terre et la mer. Bien que tombée dans la marmite aux mots dès l’enfance, ce n’est que sur le tard qu’elle se découvre une passion pour la Littérature jeunesse avec un L majuscule et collectionne depuis lors les albums qui font la part belle à l’imagination et font l’éloge des mots.


