Tant il est vrai que la période estivale nous donne particulièrement envie de prendre la direction du bord de mer, alors, que le voyage soit réel ou imaginaire, laissons-nous embarquer par ces trois ouvrages à la saveur iodée.
Lors d’une balade en bord de mer, l’œil est immanquablement attiré par les innombrables richesses de la nature : algues, mollusques et coques, oiseaux, plantes…
Mais bien souvent, les enfants (comme les adultes) ne possèdent que peu de notions à leur sujet ; parfois, iels en connaissent tout juste le nom. À travers ce documentaire, Adeline Ruel et les éditions Père Castor-Flammarion nous guident donc vers de nouveaux savoirs. Chaque double page est consacrée à une espèce, voire deux. La page de gauche présente une illustration pleine page ainsi que le nom de l’espèce. La page de droite est dédiée aux informations scientifiques. Le vocabulaire en gras est expliqué dans son contexte (ce qui facilite la compréhension) et parfois mis à l’honneur dans un encadré. Des dessins en coupe ou avec une vue précise permettent aussi un regard nouveau sur l’espèce. Saviez-vous, par exemple, que les petits trous à la surface du sable à marée basse sont révélateurs de la présence souterraine de coques ou de couteaux, qui sont des mollusques bivalves fouisseurs ? Comme dans ses autres ouvrages, on sent la volonté de l’artiste de nous transmettre son amour de la nature à travers des recherches et des observations minutieuses qui mettent la science à hauteur d’enfant. Je vous conseille également de jeter un œil à l’introduction et à la conclusion du livre qui nous invitent à nous émerveiller devant la beauté du monde afin de nous donner davantage envie de la préserver. Les imagiers nature d’Adeline Ruel, déjà parus chez Père Castor-Flammarion, avaient un petit côté rétro de par leurs illustrations qui rappelaient les vieux manuels et vieilles affiches scolaires ou bien encore les planches naturalistes. Il en est de même pour ce livre ; à cela s’ajoutent une belle couverture toilée ainsi qu’un nom évocateur : petites leçons de choses… Pour ceux et celles qui n’auraient pas le pied marin, Flammarion publie également La petite leçon de choses de mon jardin.
Savez-vous comment la mer devint salée ? Après s’être perdus tout juste après avoir quitté la côte, de piètres marins finirent par apercevoir au loin un îlot qui semblait recouvert de neige. Mais, il n’en était rien. En accostant, ils découvrirent qu’il s’agissait de sel et qu’un vieil homme et sa poule habitaient les lieux. L’homme possédait un objet ressemblant à un moulin à café qui par une formule magique délivrait du sel à volonté. Les vils marins le lui dérobèrent. À peine arrivés sur leur bateau, ils firent fonctionner le moulin. Mais ils ne réussirent pas à l’arrêter. Leur navire s’emplit alors de sel jusqu’à en craquer. Depuis, l’objet enchanté continue toujours de tourner depuis le fond des mers.
Ce conte est l’un des 13 contes que vous retrouverez dans ce recueil. Pour Contes traditionnels de la mer, Tristan Pichard a collecté et adapté des contes issus de la tradition orale de l’ensemble du littoral français de Calais à la Corse. Les petit·es voyageur·euses pourront donc y reconnaître une côte déjà explorée. Ces récits laissent une place importante à leur région d’origine ainsi qu’aux personnages qui les peuplent : marins et princesses, sirènes, morgans et goguelins… Les contes vivent à travers les âges grâce à la transmission qui se fait de génération en génération. Rappelons au passage qu’autrefois, ils étaient destinés à un public adulte. On prendra donc beaucoup de plaisir à les lire conjointement avec son enfant pour faire perdurer cet héritage. Voici un recueil qui fera voyager votre imaginaire par-delà les mers.
Honfleur, début du XXe siècle. Du haut de ses 14 ans, Ludivine Bucaille, fille d’un pêcheur miséreux, passe sa vie à traîner sur les quais, avec à ses trousses, une bande de filles et de garçons qui ne vont pas plus à l’école qu’elle. Ludivine a le caractère bien trempé et sa bande est de tous les mauvais coups. Ses petits frères la suivent dans ses escapades quotidiennes. Quant aux parents, le père boit chaque jour de plus en plus le maigre revenu de la pêche et la mère tente vaille que vaille de maintenir à flot ce piteux foyer. La jeune fille se place en vrai petit tyran avec tous et toutes. Par une nuit de tempête, un marin de Honfleur du nom de Le Herpe et son fils aîné meurent en mer. Bientôt rejoints dans la mort par la femme Le Herpe, ils laissent un orphelin prénommé Delphin. Se sentant redevable à cause d’une sottise passée, Ludivine Bucaille convainc a famille de s’occuper de l’enfant. Pour faire honneur à leur petit protégé, Les Bucaille réussissent quelque temps à estomper leur misère. Ludivine s’assagit un peu. Delphin et elle deviennent inséparables. Un jour, au retour de la Chapelle Notre-Dame de la Grâce, Deplhin promet à la famille qu’il fera entrer un bateau dans une bouteille comme dans les anciens ex-voto. Dans le foyer, le répit n’est que de courte durée, bientôt le père se remet à boire de plus belle et l’un des frères tombe malade. Ludivine voudrait sauver ce dernier, mais face au manque d’argent, elle ne voit d’autre solution, bien que fortement attachée à quelqu’un d’autre, que d’accepter les avances d’un riche cafetier de la ville qui lui fait la cour depuis des mois et qui souhaite l’épouser.
Fervente lectrice de littérature réaliste et naturaliste depuis des années, je ne pensais pas encore pouvoir me laisser surprendre par un auteur, encore moins par une autrice (si rare), que je ne connaissais pas. C’était sans compter sur les éditions Talents hauts qui, à travers leur collection Les Plumées, ont fait le choix de mettre à l’honneur les autrices oubliées du matrimoine. Dans l’écriture de Lucie Delarue-Mardrus, il y a un peu de Maupassant pour l’attachement à la Normandie, un peu de Zola pour les personnages fortement ancrés dans leurs milieux sociaux. Cependant, à l’instar de son héroïne, l’autrice est unique, comme le souligne Cathy Ytak dans sa préface. Dans ce roman paru en 1927, l’autrice insuffle tout l’amour de sa Normandie natale et la poésie des lieux et des gens. Elle pousse le réalisme jusqu’à faire parler ses personnages dans leur patois normand, dont vous serez totalement imprégné·e à la fin de l’histoire. La lecture ne manque pas, non plus, de métaphores qu’il faudra subtilement découvrir. C’est pourquoi ce livre est à conseiller à de grand·es ados, et même à des adultes. Coup de cœur assuré !
Les petites leçons de choses du bord de mer![]() ![]() d’Adeline Ruel Flammarion jeunesse-Père Castor 13,90 €, 212 x 262 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Contes traditionnels de la mer![]() Choix de textes et adaptation de Tristan Pichard, illustré par Loïc Tréhin Locus Solus 6,90 €, 125 x 175 mm, 160 pages, imprimé en France, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’ex-voto![]() de Lucie Delarue-Mardrus Talents hauts, dans la collection Les plumées 9,20 €, 112 x 175 mm, 306 pages, imprimé en France, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.




