Les deux albums du jour se passent dans des zoos, ces endroits qui ne devraient plus exister (mais rassurez-vous, on va quand même rire !).
Quand Jojo se promène dans les allées du zoo, on ne voit que lui. L’éléphant est une star et il le sait (il se la pète carrément). Le jour où Gromi, un panda trop mignon, débarque dans le zoo, les regards ne se tournent plus vers Jojo, mais vers ce nouveau venu. Jojo va essayer de redorer son image, mais pas facile quand on a été désagréable avec tout le monde, surtout quand il y a un plus mignon qui arrive ! Bientôt, il rencontre Yolande le caïman qui lui explique qu’elle était la star du zoo avant que Jojo n’arrive…
Je n’aime pas parler de livres qui parlent de zoos (ou alors pour les dénoncer, voir le livre suivant), mais j’ai beaucoup aimé ce Jojo l’éléphant pour ce qu’il raconte (les phénomènes de mode, la starification éphémère) et parce qu’il est très drôle (tant dans les dessins, dans les dialogues que dans l’histoire). Pour redevenir la star du zoo, Jojo va tenter de se débarrasser de son rival (de façon violente, disons-le !), mais les choses vont prendre une tournure inattendue. S’il nous fait vraiment rire avec son humour décalé, Otto T. dénonce aussi le comportement de beaucoup de nos contemporain·es et certains penchants de notre société.
Quand la mère de Simon et Betty annonce que la famille va se rendre au zoo, les deux enfants n’ont pas la même réaction. Le petit garçon, excité, interroge sur la présence des loups quand sa sœur, blasée, grogne. Mais une fois sur place, Simon se rend compte les animaux du zoo ont l’air bien mal en point et malheureux.
Dans cette famille, ce sont les enfants qui vont voir ce que les adultes ne voient plus : le bassin trop petit entouré d’eau sale dans l’enclos des manchots, la maigreur des orangs-outangs, le pelage en si mauvais état des lamas et même le loup que Simon voulait tant voir le déprime tant il est mal en point. L’idée va donc vite germer : il faut rendre leur liberté aux animaux. Si la tournure que prend l’histoire est (malheureusement) totalement surréaliste (je ne vous raconterai pas comment les enfants vont s’y prendre), l’album a le mérite de rappeler que dans la réalité les animaux emprisonnés ne sont pas heureux. Ajoutons que les illustrations extrêmement réussies (les visages particuliers et très expressifs des personnages d’Amélie Graux me font penser à des vieilles BD américaines) sont particulièrement mises en avant grâce au grand format du livre au façonnage particulièrement soigné (dos toilé et papier épais).
Jojo l’éléphant![]() ![]() d’Otto T. Flblb 12 €, 160×207 mm, 50 pages, imprimé en Lettonie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Libres – le jour où j’ai délivré les animaux![]() ![]() d’Amélie Graux Little Urban 15,90 €, 233×313 mm, 44 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




