Et si on partait à l’aventure ? Et si on était curieux ?
Dans son terrier, Jonas, un renard du désert, a trouvé quelque chose. Un para… quoi ? Un parapluie noir, qui tout de suite, pose question : en effet, que faire d’un parapluie en plein désert ? Mais Jonas est curieux, il décide de sortir de son terrier, le parapluie sous le bras. Sur les conseils de son voisin Jacomo le chameau, il ouvre le parapluie… et le voilà qui s’envole ! Accroché au manche, Jonas décolle, mais il a des doutes, tout à coup. N’aurait-il pas dû plutôt lâcher le parapluie et rester à terre ? Il tourne, virevolte, s’éloigne de chez lui puis navigue sur les flots dans son parapluie à l’envers comme une barque, et pendant ce temps, des tas de questions l’assaillent sur ce voyage, et surtout sur l’inconnu qui s’offre à lui.
À force de ne pas trouver réponse à tout, Jonas se dit qu’il ferait mieux d’abandonner ce parapluie qui ne sert à rien… À rien, vraiment ? Ce n’était pourtant pas inintéressant de se poser tout un tas de questions… même sans avoir de réponse !
Paraquoi est un album fantaisiste et un brin loufoque. Le texte d’Alex Cousseau est drôle, inventif et rythmé : si les enfants s’amuseront dès la première lecture de toutes ces questions que se pose Jonas, l’album prône l’idée qu’il est possible (et même parfois profitable) de ne pas tout comprendre, de ne pas tout maîtriser, et de quelquefois se laisser simplement porter… Les illustrations d’Éva Offrédo, qui construit certaines pages comme des planches de BD, regorgent de détails à découvrir à chaque nouvelle lecture. Un régal pour les petits yeux curieux.
Un album empreint d’une douce fantaisie qui prône une jolie philosophie d’ouverture et de curiosité d’esprit.
Prenez une bande de chiens, « pirates redoutables des mers du Sud, la terreur des cinq océans, la pire canaille ayant jamais navigué ». Mettez-les sur un navire avec quelques paquets de
croquettes et envoyez-les en quête de nouveaux bateaux à attaquer pour obtenir de la nourriture avant que les croquettes ne viennent à manquer. Jusque-là, rien de plus facile pour des pirates, me direz-vous. Mais c’est sans compter sur l’équipage du navire ciblé… Une bande de petites filles bien décidées à ne pas se laisser impressionner par des chiens venus les interrompre dans leurs jeux. Adieu côtelettes, saucisses et os à ronger, les pirates rentrent bredouille à la fin de la journée. Comble de malchance, les visites du lendemain et des jours suivants se termineront de la même façon ! Et notre bande de terribles pirates se retrouve affamée et amaigrie après une semaine d’échecs cuisants. C’est en échouant sur une île au bord
de l’épuisement que les chiens découvriront qu’il y avait plus simple que ces abordages ratés pour se faire des ami·e·s et partager un bon pique-nique… Le principe des Chiens pirates est simple et plaisant : une aventure rigolote, un chapitre par jour, comme un semainier au suspense bien construit pour tenir en haleine les jeunes lecteurs et lectrices jusqu’au dénouement du dimanche. On découvre au passage le vocabulaire des pirates, ce qui ne manquera pas d’intéresser les enfants !
Un vrai plaisir de lecture à partager au jour le jour mais que l’on peut aussi lire en une seule fois, pour en apprécier encore plus tout le comique de répétition et des illustrations.
Paraquoi![]() ![]() Texte d’Alex Cousseau, illustré par Éva Offrédo À pas de loups 15,50 €, 245×175 mm, 40 pages, imprimé en Belgique, 2019. |
Les Chiens pirates : Adieu côtelettes !![]() ![]() Texte de Clémentine Mélois, illustré par Rudy Spiessert L’École des loisirs 13,50 €, 260×200 mm, 80 pages, imprimé en France, 2019. |

« Un instant, un seul, lui fait déserter son corps : le temps des livres. Le corps de l’enfant qui lit n’est plus qu’un tas de vêtements qu’il a jetés n’importe où. Le livre est ouvert sur la moquette. Les vêtements glissent du lit ou font les pieds au mur. Il est en train de lire. […] Il n’y a plus personne dans la chambre. L’enfant est très loin de là, dans un corps plus ample, au milieu des vagues, loin de nous. » Timothée de Fombelle, Neverland.


