Aujourd’hui, deux héros pour deux invitations au voyage… Et ce départ ne suscite pas chez eux un enthousiasme fou. Quand l’un fait tout pour éviter de partir, l’autre se lance finalement dans une aventure qui risque bien de changer son regard sur le monde.
C’est le sourire aux lèvres et persuadée que son fils va se réjouir de la surprise qu’elle lui prépare que la mère de Samuel lui annonce qu’il partira prochainement dans le Vercors. Scandale ! Mais quel plan saugrenu a-t-elle encore élaboré là ? L’idée de participer à un camp de vacances ne semble absolument pas être du goût du jeune garçon qui envisageait plutôt des grasses matinées et des heures d’oisiveté loin de toute contrainte… C’est alors la panique, et la seule parade pour échapper à ce voyage a le goût du mensonge. Et si, presque innocemment, il déformait un peu la réalité et confiait ses affabulations aux « bonnes oreilles » pour que les adultes changent d’avis ?
Dans son esprit, rien de grave que de glisser quelques mots de trop, surtout si cela peut lui éviter des vacances cauchemardesques. Mais comment gérer la crise quand ce qui est dit prend une ampleur imprévue ? Sous la plume de Véronique Cauchy et derrière le dessin facétieux d’Aude Brisson, la rumeur dépasse celui qui voulait manipuler la vérité. L’occasion parfaite de montrer combien les mots ont leur importance et combien les employer à tort et à travers peut provoquer de véritables tremblements de terre dans le quotidien des gens.
Un roman qui raconte les petits mensonges qui deviennent grands.
Douze jours dans le Midi, cap sur la Côte d’Azur : voilà qui laisse rêveur quand on n’a dix ans et que l’on n’a jamais vu la mer. C’est donc dans la maison de Juliette et de Guy, grands-parents de substitution, que Romuald passera quelques jours d’été loin des immeubles trop hauts, trop gris, loin de sa famille fragile et bancale, ce qui n’est pas sans faire naître quelques craintes et appréhensions. Et si cette échappée maritime venait bouleverser sa petite vie routinière ? Dans cette maison baptisée l’abri côtier, rien ne rappelle son quotidien et chaque jour est d’une singularité déconcertante. Une parenthèse durant laquelle la vie se savoure autrement, où le plaisir d’être ensemble s’apprend, où la curiosité se cultive lentement.
Il existe bien des manières d’évoquer la rencontre entre deux univers qui n’auraient jamais eu à se croiser. Jo Hoestlandt parvient avec beaucoup de douceur et de délicatesse à entraîner ses lecteurs et lectrices sur les sentiers de bord de mer, sur les pavés des petites places de marché et dans les rayons des bibliothèques pour leur offrir une bouffée d’oxygène iodée. Ainsi chacun·e de nous suit avec beaucoup de tendresse cette confrontation poétique entre le monde de la cité et celui des rivages côtiers. Sous nos yeux conquis, deux générations s’observent, échangent et se découvrent au contact de l’autre. Une échappée belle qui invite à entretenir les complicités naissantes et à réveiller les talents qui sommeillent en chacun·e de nous pour les partager avec beaucoup de sincérité et d’enthousiasme, au-delà de ce qui nous éloigne.
Un tendre roman au goût de sel et de crème brûlée.
La Rumeur ![]() ![]() Texte de Véronique Cauchy, illustré par Aude Brisson Kilowatt dans la collection Les Kapoches 7,30 €, 140×180 mm, 48 pages, imprimé en Europe, 2018. |
Vue sur mer![]() de Jo Hoestlandt Magnard jeunesse dans la collection Romans perles 12,90 €, 215×140 mm, 176 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2018. |

J’aime les gens qui doutent, aller voir ailleurs si j’y suis, oublier le temps dans une librairie, boire du vin et du thé, entretenir mon goût démesuré pour les petites listes… Amoureuse du cinéma de Miyazaki, des chansons de Pierre Lapointe, des pinceaux de Mélanie Rutten, des BD de Renaud Dillies, de la poésie de Vinau, des livres illustrés et des romans qui bousculent avec de jolis mots.


