Tantôt effrayants, tantôt adorables, les fantômes n’ont pas fini de hanter nos nuits, nos greniers et notre imagination. Alors n’attendons pas Halloween pour nous faire peur et/ou rire, et allons dès aujourd’hui à la rencontre de quelques-uns d’entre eux.
Un petit fantôme solitaire hante le grenier d’une maison en toute tranquillité. Il n’est jamais embêté et n’embête jamais personne. Et c’est tant mieux, car volontiers peureux, il ne s’aventure jamais hors de ses murs. Mais une nuit, captivé par le spectacle qu’offrent les étoiles, il s’engage par la fenêtre. Dès le lendemain, la petite fille de la maison se rend au grenier et fouille chaque recoin à la recherche de quelque chose. L’aurait-elle aperçu la veille ? Cela ne plaît guère au fantôme qui compte bien garder l’endroit pour lui seul. Mais la petite fille insiste et revient chaque jour, bien décidée à mettre la main sur cet hôte mystère. N’y tenant plus, le fantôme se résout à passer à l’action et à lui faire peur une bonne fois pour toutes. Parviendra-t-il à chasser cette intruse ?
Les pages de garde mettent les lecteurs et les lectrices sur la voie. C’est à un fantôme facétieux et acrobate qu’elleux auront à faire. En effet, métamorphe, il se transforme au gré des événements et de ses humeurs. Ainsi, quand quelqu’un·e entre dans le grenier, il devient aussi transparent que du verre ou devient si petit qu’il tient dans une boîte d’allumettes pour y dormir. J’ai été totalement conquise par la finesse des illustrations pleine page et l’aspect vaporeux du petit fantôme. Effectivement, fin et délicat, le travail sur la transparence du fantôme est d’une précision et d’une délicatesse saisissantes qui se transforme en une poésie joyeuse, presque émouvante. L’ambiance, accentuée par les jeux de lumière et de poussière, en devient dès lors mystérieuse et envoûtante. Quant à la bouille enfantine de l’hôte évanescent du grenier et le visage orné de couettes et plein de malice de sa petite visiteuse, nul doute que ces deux-là allaient devenir ami·es. Une amitié improbable, atypique, mais tellement adorable pour un album où texte et images le sont tout autant.
Dans la grande salle à manger de son château, Henri, fantôme de son état, reçoit en grande pompe ses invité·es. L’apéritif est prêt ! La soirée peut enfin commencer. Mais oh ! que se passe-t-il ? Les convives changent de couleur au gré des breuvages et aliments absorbés. Ils se colorent en orange après la soupe au potiron, en rose après le saumon ou encore en marron après le café. Après ces moult péripéties culinaires, les convives retrouveront tout de même leur couleur immaculée d’origine, à moins qu’Henri ne leur réserve une dernière surprise…
Je découvre avec régal le style de Jacques Duquennoy. Texte et images sont bourrés d’humour et de clins d’œil savoureux. Chaque illustration est composée d’un fond complètement noir, ce qui contraste davantage avec les couleurs que revêtent les fantômes à chaque changement de plats et de boissons. Cet album au petit format, habillé d’un dos toilé, fait d’ailleurs un carton plein auprès de mes filles et de leurs petit·es camarades. En effet, il se prête bien à une exploitation autour des couleurs et des expressions idiomatiques en classe de maternelle. Nous nous sommes donc empressées de compléter notre collection, et je peux vous assurer qu’entre La croisière fantôme, Le fantôme de Neige, Les fantômes à la cave ou encore Les fantômes du Loch-Ness, nous avons pris le même plaisir à lire les aventures de ces petits fantômes facétieux.
Tandis que tout le monde autour de lui est paré de simples draps immaculés et légers, le petit fantôme en édredon, car tel est-il prénommé, ne comprend pas pourquoi lui est revêtu d’un édredon lourd et bariolé de bleu. De ce fait, il lui arrive de nombreuses péripéties toutes plus cocasses les unes que les autres. Ces dernières sont d’ailleurs prétexte aux moqueries de ses camarades. Mais alors qu’il n’y tient plus, un épisode particulier, durant la soirée d’Halloween, va changer la donne et faire du petit fantôme en édredon un véritable héros admiré et respecté de tous·tes.
Le petit fantôme en édredon est un album qui aborde de manière originale la question de la différence et de son acceptation. S’armant de courage et bravant sa timidité, sa différence, que le petit fantôme détestait jusqu’alors, va se transformer en une véritable force suite à sa rencontre inattendue avec deux humaines de chair et d’os. Particulièrement sensible aux pages de garde, j’ai apprécié que ces dernières reprennent le motif patchwork de l’édredon arboré par le petit fantôme timide et peu confiant en lui. Ainsi, l’histoire, les jeux de couleurs, de formes et de matières, de même que la bonhomie du petit fantôme en font un album adorable à souhait.
L’ami du grenier![]() ![]() de Mamiko Shiotani (traduit du japonais par Alice Hureau) La Partie 15,90 €, 216×282, 34 pages, imprimé en Europe, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le dîner fantôme![]() ![]() de Jacques Duquennoy Albin Michel Jeunesse, dans la collection Panda poche 5,90 €, 180×150, 50 pages, imprimé à Singapour, 2015. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le petit fantôme en édredon![]() ![]() Texte de Riel Nason, illustré par Byron Eggenschwiler Kimane 13,95 €, 217×280, 40 pages, imprimé en Chine, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages, Laetitia est une éternelle rêveuse qui partage sa vie entre la terre et la mer. Bien que tombée dans la marmite aux mots dès l’enfance, ce n’est que sur le tard qu’elle se découvre une passion pour la Littérature jeunesse avec un L majuscule et collectionne depuis lors les albums qui font la part belle à l’imagination et font l’éloge des mots.





