Aujourd’hui, je vous propose d’aller faire un petit tour dans l’obscurité.
Ses yeux sont fermés très fort pour garder un peu de lumière dans le noir. Mais il écoute, ses oreilles sont aux aguets. Car la nuit, les meubles bougent, il n’a aucun doute là-dessus. Ils bougent et se moquent de lui. Mais lui, il s’en fiche, avec ses yeux fermés ainsi on ne peut pas le voir. Les grimaces que les meubles lui adressent, il ne les voit même pas, et celles qu’il fait pour leur répondre sont bien pires…
Avec énormément de poésie, Olivier Ka nous parle des sentiments qui peuvent nous assaillir la nuit. L’esprit qui s’envole et invente des choses folles quand le sommeil ne vient pas (ou parce que le noir de la pièce se prête aux esprits imaginatifs), les peurs, les rêves… Ici, le petit héros raconte à la première personne ses nuits et ce qu’il s’y passe. C’est un texte suffisamment ouvert pour que chacun·e puisse y projeter des choses personnelles, les lectures seront très différentes d’une personne à une autre, j’en suis certain. De très belles illustrations en cinq couleurs de Christophe Alline accompagnent les mots d’Olivier Ka. De nombreuses découpes (parfois cachées) et des rabats (dont un en papier calques) rendent l’objet encore plus magique, encore plus beau.
Il n’y voit rien. Il est là, seul, dans un ascenseur, il est accroupi et attend. Dans le noir. Il retient son souffle. Il imagine ce qu’il pourrait arriver : l’ascenseur pourrait tomber. Il ne doit surtout pas bouger. Il écoute son cœur qui cogne, il sent son corps pulser tout entier. Mais soudain, il n’y tient plus, il ne peut tout de même pas rester là, il se lève et hurle. Il veut sortir, il faut qu’on le sauve ! Personne ne vient…
Dans ce très beau texte traduit du norvégien par Aude Pasquier, on rencontre un enfant qui est coincé dans un ascenseur, dans le noir. Lui qui n’avait pas le droit de prendre l’ascenseur seul, lui qui pensait que personne ne le saurait, le voilà bloqué. Que va-t-on dire quand on le trouvera ? Que se dit sa mère en voyant que son fils n’est pas là ? Où trouver la force pour surmonter cette épreuve ? Les dernières pages mettent en scène un père absent pour un moment plein d’émotion. Le texte est illustré par Øyvind Torseter, illustrateur de talent dont j’ai souvent parlé ici.
Des papillons dans la nuit![]() ![]() Texte d’Olivier Ka, illustré par Christophe Alline Éditions des Grandes Personnes 26,50 €, 155×210 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Dans le noir de l’ascenseur![]() ![]() Texte de Constance Orbeck-Nilssen (traduit du Norvégien par Aude Pasquier), illustré par Øyvind Torseter La joie de Lire 14,90 €, 154×218 mm, 48 pages, imprimé en Lettonie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




