Aujourd’hui, je vous donne rendez-vous au cœur de la ville.
En revenant de l’école, on file entre les clôtures dépareillées, en faisant attention aux bacs de compost. On peut regarder les graffitis ou les potagers des voisin·es. Certaines portes sont ouvertes, d’autres portent des écriteaux qui nous préviennent qu’il vaut mieux ne pas s’aventurer par là. Ça, c’est ce qu’il se passe de jour, mais la nuit, comment est la ruelle ?
Dans la ruelle, il y a… est un très joli leporello dans lequel on découvre la ruelle d’une bande d’enfants de jour sur une face, de nuit sur l’autre. L’homme qu’on a aperçu par une fenêtre en train de cuisiner de jour propose, une fois la nuit tombée, ses plats aux voisin·es ; les deux personnes dont on voit juste le haut de la tête derrière une clôture sont en fait un couple d’amoureux·euses. On s’amuse donc à reconnaître les personnages, à voir ce qu’ils font de différent le jour et la nuit. Le côté ludique ne s’arrête pas là : à l’intérieur de la jaquette, on nous propose de jouer à un cherche et trouve en essayant de retrouver, dans les illustrations, quelques dessins proposés. Les petites phrases de Mélanie Perreault sont poétiques et s’accordent à merveille avec les dessins colorés et pleins d’humour de Julien Castanié.
Pendant que sa mère est descendue au sous-sol laver le linge, Billie s’occupe de Chipolata, sa chienne. Mais ces deux-là s’ennuient un peu et bientôt Billie décide que c’est l’heure de la balade. Après tout, sa mère l’a déjà laissée promener la chienne. Bon, d’accord, elle surveillait par la fenêtre, mais elles vont juste faire le tour du pâté de maisons, il ne peut rien se passer…
On retrouve avec bonheur Billie et Chipo (déjà croisées dans Billie, Chipo et la mer, chroniqué ici), une petite fille et sa chienne. Vous vous en doutez, une fois dehors les choses ne vont pas se passer aussi simplement que Billie le pensait. L’autrice illustratrice raconte avec justesse ces moments où les enfants se croient perdu·es et le bonheur de retrouver l’endroit qu’on cherchait. Les belles illustrations de cet album venu de Suède (où les machines à laver sont généralement en sous-sol des immeubles, d’où l’absence de la mère) regorgent de détails (on s’amusera même à tenter de retrouver Billie et Chipo sur une double page qui représente leur quartier vu d’en haut).
Brune a 5 ans. Elle aime sa taille (1,07 m, elle trouve que c’est un joli chiffre), sa frange (elle peut se cacher derrière), comparer sa taille avec son amie Candice en mettant leurs mains sur le haut de leur front et, surtout, son amie Candice. Aussi, quand cette dernière lui annonce qu’elle va déménager à la fin de l’année scolaire, la petite fille se sent triste. L’été s’annonce bien morose. Elle se remémore tout ce qu’elles faisaient ensemble. Avec qui va-t-elle pouvoir faire tout ça maintenant ? Un jour, alors qu’elle boude à la fenêtre, elle aperçoit un enfant en face qui boude tout comme elle. Qui est-il ? Et comment le savoir, puisqu’il est, lui aussi, derrière sa fenêtre, impossible de se parler !
C’est une drôle d’amitié que nous racontent Sophie Astrabie et Aurélie Guillerey. Ici, c’est une sorte de relation épistolaire bien particulière qui unie les deux enfants puisque ce ne sont pas des lettres que les deux héro·ines s’envoient. Iels se montrent des dessins derrière leurs vitres, des jouets. Iels jouent à des jeux chacun·e de leur côté, mais pourtant ensemble. Sophie Astrabie truffe son récit des petits plaisirs de la vie comme dessiner un personnage sur son gros doigt de pied pour le faire s’animer, manger des gâteaux qui font des miettes ou balayer les feuilles mortes avec ses cheveux. Cette histoire pourra séduire les parents autant que les enfants, une histoire pleine d’humour et de poésie.
Sur une petite place, un marché s’est installé. Les camionnettes ont été déchargées, tout est prêt pour accueillir les client·es. Au centre de la place, on a entassé des cagettes, il fallait faire vite. Bientôt, les enfants se faufilent à l’intérieur de ce monde qui vient d’être créé. Un royaume rien que pour elleux, ça ne se refuse pas ! Ici aussi, on achète ou plutôt on troque : pour les épluchures de carottes, il faudra payer une bille de terre et un œil-de-chat. Et pour les pelures d’oignon ? Un bouton de nacre et une dent de lait !
Difficile de résumer Au marché des bambini (si difficile d’ailleurs que j’ai ce bel album depuis longtemps, mais que je ne savais pas comment en parler). Gilles Baum et Amandine Piu parlent, avec beaucoup de poésie et d’humour, des mondes qu’inventent les enfants, bien entendu, mais pas seulement. Il se peut que les enfants préparent quelque chose… Donc sans divulgâcher cette histoire, je dirai qu’il est question de solidarité et d’antigaspi. Les illustrations d’Amandine Piu sont magnifiques, autant que le texte de Gilles Baum est poétique.
Dans ma ruelle, il y a…![]() ![]() Texte de Mélanie Perreault, illustré par Julien Castanié 400 coups 12 €, 129×179 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Billie, Chipo et la ville![]() ![]() de Julia Hansson (traduit du suédois par Catherine Renaud) Cambourakis 15 €, 241×272 mm, 32 pages, imprimé en Lettonie, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
À la fenêtre![]() ![]() Texte de Sophie Astrabie, illustré par Aurélie Guillerey Glénat jeunesse 13 €, 217×294 mm, 40 pages, imprimé en Roumanie chez un imprimeur éco-responsable, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Au marché des bambini![]() ![]() Texte de Gilles Baum, illustré par Amandine Piu Gautier Languereau 13 €, 211×298 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !





