Aujourd’hui, je vous propose une petite sélection de courts romans (donc parfaits pour ceux et celles qui ont du mal à lire de longs pavés) que j’ai lus dernièrement.
Au cœur de l’Amazonie vivaient de nombreux animaux. On y croisait par exemple un tatou qui pleurait la nuit, un perroquet aux plumes vives ou un paresseux champion du monde de lenteur. Mais il y avait aussi un minuscule oiseau-mouche appelé colibri. Lorsqu’un jour un feu prit dans la forêt, c’est ce dernier qui prit les devants et qui transporta de l’eau dans son bec pour aller tenter d’éteindre le feu, ce qui semblait un peu vain aux yeux des autres animaux.
Gwendoline Raisson s’empare de la légende amérindienne qui a donné son nom au « mouvement colibri » (créé, entre autres, par Pierre Rabhi) et nous propose une histoire pleine d’humour où il est question d’entraide et où elle rappelle qu’ensemble (même avec ceux et celles qui nous semblent les plus insignifiant·es), on est plus fort·es. Le roman est richement illustré, mais je dois avouer ne pas avoir accroché aux dessins. Il peut se lire facilement par les très jeunes lecteurs et lectrices. C’est une belle histoire, servie par l’écriture ciselée de Gwendoline Raisson, qui fera réfléchir et même pourra être la piste de débats en classe.
Gabriel vient de déménager. Nouvelle école donc, et pas facile de se faire des ami·es… surtout quand on a décidé de ne plus parler. C’est en effet la solution qu’a trouvé Gabriel pour montrer son mécontentement à avoir déménagé, plus un mot. Ni à ses parents ni aux autres. Un devoir sur le thème de « quel métier voulez-vous faire plus tard ? » le fera peut-être sortir de son mutisme…
C’est un joli petit roman (une quarantaine de pages) que nous propose Claudine Aubrun. Il est donc question de déménagement, mais on parle surtout ici de sexisme. Réflexion sur les jeux des garçons qui prennent plus de place que ceux des filles dans la cour d’école, amitié filles/garçons, le droit de s’habiller de la couleur de son choix, métier d’homme ou de femme… bref de nombreux sujets qui tournent autour de l’antisexisme sont abordés ici et avec intelligence. Le petit roman se lit très facilement, il est un bon support de débat… mais aussi une lecture plaisir !
Vous avez déjà porté une culotte qui n’est pas idéale ? Elle gratte un peu, vous n’êtes pas super à l’aise, pourtant il faudra la garder jusqu’au soir puisque c’est celle que vous avez mise le matin… Eh bien Emma, sept ans, elle a cette impression chaque jour ! Elle est mal dans sa peau, timide, pas à l’aise. Quand vraiment elle se sent trop engluée dans son ennui, elle sort son accordéon. Vous trouvez cet instrument ringard ? Ben, elle, elle aime ça et en plus elle peut se cacher derrière !
Marie Lenne-Fouquet propose un joli petit roman, tendre et drôle, sur le manque de confiance en soi. Car si Emma ne se trouve pas douée pour certaines choses, elle se rendra bientôt compte qu’elle a certains talents qui peuvent tout de même éblouir les autres. C’est richement illustré par de jolis dessins de Pauline Duhamel, et comme c’est un roman très court (une trentaine de pages) ça peut facilement être lu par les tout·es jeunes lecteurs et lectrices.
Tous les mercredis, Simon file chez ses grands-parents où il s’ennuie prodigieusement… y’a même pas la télé et ça sent le chou-fleur. Mais il y a Papi… Il sucre les fraises comme on dit, mais il est drôle. Alors OK il ne se souvient plus du prénom de Simon, mais il a des tas d’histoires à raconter et chaque fois qu’on lui demande ce qu’il faisait comme métier sa réponse est différente… et souvent complètement farfelue…
Parler de la démence sénile aux enfants, c’est toujours assez compliqué, Emmanuel Bourdier y arrive avec poésie, finesse et humour. Le sujet est loin d’être joyeux (et encore moins au fil de l’histoire…) pourtant aucun pathos ici, aucune lourdeur, même si la larme pointe son nez au coin de l’œil, on sourit beaucoup. Les illustrations, tout en finesse, de Laurent Simon accompagnent à merveille ce très joli texte qui pourra être lu aux plus jeunes enfants ou lu tout·e seul·e dès qu’on sait bien lire des romans un peu plus longs (une centaine de pages).
Il pleut, alors Lola a décidé d’écrire, elle veut raconter son histoire et surtout parler de sa copine Lilou. Elle l’a rencontrée un jour qu’elle jouait dans le bac à sable (oui, elle a passé l’âge, mais elle adore ça), Lilou est arrivée avec sa maman. Elle a tout de suite vu qu’elle était différente des autres enfants, elle regardait le sable sans parler, comme si elle n’était pas là. Et quand Lola lui a touché le bras elle s’est mise à crier ! C’est par la suite qu’elle a appris que les adultes appellent les gens comme Lilou des autistes.
Le carnet de Lola Boubadaboum est un roman richement (et joliment) illustré sur l’autisme. Ici, les enfants (même jeune — c’est un roman de 135 pages, mais il peut être très facilement lu chapitre par chapitre aux enfants de 6-7 ans) apprendront ce qu’est l’autisme (ou du moins l’une de ses formes). Bien entendu, on parle aussi de l’acceptation de l’autre malgré ses différences et au-delà du livre sur un sujet comme fort celui-ci, c’est joliment écrit (on trouve trop de livres mal écrits sous prétexte qu’ils sont sur un sujet fort). L’ouvrage a été réalisé en collaboration avec une enseignante spécialisée qui travaille dans un service pédiatrique, bref quelqu’un qui connaît bien ces questions… Un gage de qualité !
Un beau matin, il est parti. Il a quitté sa maison, sans rien prendre puis il a jeté la clef dans le jardin. Longtemps qu’il y pensait, il l’avait enfin fait. Ras-le-bol du train train quotidien, maintenant il allait vivre une vie extraordinaire, il aurait des choses à raconter ! Et pour ça il fallait voyager, alors direction la gare… Il y prendrait un train qui l’amènerait à un bateau, il allait partir loin, très loin.
Sorti dans la super collection Petite Poche chez Thierry Magnier, L’homme Clé de Jo Hoestlandt est un texte court (c’est le principe de la collection). On ne le classera pas en « roman première lecture » pour autant, car le thème ne s’adresse pas aux plus jeunes (l’éditeur le conseille à partir de 8 ans, personnellement j’irais même un peu au-dessus et j’ajouterais qu’il peut aussi séduire les adultes). C’est un texte extrêmement bien écrit, qui est un délice à lire à voix haute (c’est de cette façon que je l’ai lu et je me suis régalé). Un très beau texte sur notre envie d’ailleurs et sur les aventures que l’on peut vivre sans aller trop loin.
C’est l’histoire d’un petit garçon qui n’arrivait pas à dormir, car les idées tournoyaient dans sa tête, il pensait à des tas de choses et avait fini par se dire qu’en fait il n’était qu’un petit point sur une énorme planète qui elle-même n’était qu’un petit point dans l’univers, il n’était qu’un être insignifiant… Son sommeil, cette nuit-là, ne fut pas des plus serein… Et le lendemain, il était maussade, continuant à se poser des tas de questions…
Pensées nocturnes de Jonas Taul est sorti dans la collection Philosophie et autres chemins chez La joie de Lire. Ici, c’est un court texte (une seule phrase par page, voire juste quelques mots) richement illustré par de magnifiques dessins au trait noir. On y aborde donc la question de notre place dans l’univers et de notre intérêt dans l’existence. Le genre de question qui, effectivement, peut troubler le sommeil ! C’est intelligent et poétique.
Un petit garçon se demande pourquoi il est ici et pas ailleurs. S’il était dans un autre pays, aurait-il été différent ? Serait-il en train de se poser la question sur ce qu’il serait ? Par exemple, s’il était un enfant vivant dans un pays pauvre, le genre d’enfant qui vit dans la rue, il souhaiterait sans doute être ailleurs. Et s’il y avait la guerre ? À quoi ressemblerait sa vie ?
Pourquoi ici ? est également sorti dans la collection Philosophie et autres chemins chez La joie de Lire. Dans ce texte extrêmement poétique, il est question bien entendu de notre place dans l’univers, mais aussi des réfugié·es, de la guerre, de ce que vivent d’autres, ailleurs, et de notre chance à nous d’être dans un pays en paix. Ici, les dessins sont en couleurs, mais là encore très poétiques. C’est le genre de petit roman, comme le précédent, qui peut être le départ d’ateliers philosophiques en classe ou pour tout simplement se lancer dans de grandes conversations en famille.
Choch’patte a faim ! Croch’patte c’est un garçon qui en impose à l’école. Il est grand, costaud, il parle fort, il se prend même pour un loup ! Et donc Croch’patte a faim ! Et comme il n’a plus de goûter (il l’a déjà dévoré, un croch’patte ça peut pas attendre), il a décidé de s’en procurer un… et voilà que s’avance Biquette une petite fille chétive… mais pas du genre à se laisser impressionner par un garçon qui parle fort…
Mais quel bonheur que ce texte d’Anne Sylvestre ! Ici, ce n’est pas un roman, mais une pièce de théâtre à deux voix (mais ça se lit vraiment comme un petit roman et à voix haute c’est un régal !). On y parle du sexisme (thème qui est cher à cette grande dame qu’est Anne Sylvestre), l’autrice épingle les garçons qui se prennent pour des cadors, dénonce le racket, met en avant une héroïne qui ne s’en laisse pas compter. C’est extrêmement bien écrit et c’est bourré d’humour, je l’ai lu à voix haute à ma fille de 7 ans et l’on a pris, elle et moi, un énorme plaisir à cette lecture. Découvrez-le (et si vous travaillez avec des enfants, voilà une super pièce à leur faire découvrir) !
La légendaire histoire du colibri qui sauva l’Amazonie![]() ![]() Texte de Gwendoline Raisson, illustré par Vincent Pianina L’école des loisirs, dans la collection Mouche 7,50 €, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2019. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le garçon rose malabar![]() ![]() de Claudine Aubrun Syros, dans la collection Mini Syros 3,50 €, 110×165 mm, 48 pages, imprimé en france chez un imprimeur éco-responsable, 2018. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La bonne culotte![]() ![]() Texte de Marie Lenne-Fouquet, illustré par Pauline Duhamel Talents Hauts, dans la collection Livres et égaux 7 €, 135×180 mm, 36 pages, imprimé en République tchèque, 2018. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Mercredi c’est papi !![]() Texte d’Emmanuel Bourdier, illustré par Laurent Simon Flammarion Jeunesse 12 €, 140×190 mm, 96 pages, lieu d’impression non indiqué, 2018. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le carnet de Lola Boumbadaboum![]() ![]() Texte de Baptiste Chaperon, illustré par Héloïse Solt Little Urban, dans la collection Premiers romans 10,50 €, 150×210 mm, 144 pages, imprimé en Belgique, 2019. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’homme clé![]() ![]() de Jo Hoestlandt Thierry Magnier, dans la collection Petite Poche 3,90 €, 105×150 mm, 48 pages, imprimé en république tchèque, 2018. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Pensées nocturnes![]() ![]() de Jonas Taul (traduit de l’estonien par Indrek Koff) La Joie de Lire, dans la collection Philo et autres chemins… 10 €, 150×180 mm, 68 pages, imprimé en Pologne, 2017. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Pourquoi ici ?![]() ![]() Texte de Constance Ørbeck-Nilssen (traduit du norvégien par Aude Pasquier), illustré par Akin Düzakin La Joie de Lire, dans la collection Philo et autres chemins… 10 €, 150×180 mm, 64 pages, imprimé en Pologne, 2017. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Méchant !![]() ![]() Texte d’Anne Sylvestre, illustré par Marion Kadi Actes Sud-Papiers, dans la collection Heyoka Jeunesse 10 €, 180×130 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !





