Aujourd’hui deux beaux albums vivants et colorés : la suite des aventures de la petite Miyuki : Merci, Miyuki de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh et les Voisins sauvages d’Ulrika Kestere qui nous parle de la peur de l’inconnu…
Aujourd’hui Grand-Père s’est levé tôt pour saluer le Vent. Et Miyuki est bien décidée à ne pas lui laisser une seconde de répit. Elle essaye de l’imiter, mais ce n’est pas facile de rester un bras en l’air et les pieds en équerre ! Miyuki veut jouer… Mais Grand-Père, quant à lui, a décidé de « méditer »… Méditer ?! Qu’est-ce que c’est que ça ? Grâce à son grand-père, la petite fille va découvrir les joies de cette discipline…
Suite de Attends Miyuki et Au lit Miyuki (chroniqué ici et ici), ce troisième album est tout aussi réussi ! Ce nouvel opus apparaît comme un « album d’initiation » où la petite héroïne Miyuki découvre le monde sensuel et sensible autour d’elle grâce à la méditation. Avec son grand-père elle déguste un thé, marche en silence, contemple longuement l’eau de la rivière, les nuages dans le ciel… Roxane Marie Galliez nous plonge une fois encore dans un univers poétique et sensible. Les dialogues entre la petite fille impatiente et survoltée et son grand-père, figure du « Grand Sage », sont toujours aussi réussis. On suit avec plaisir la petite fille dans son éducation au monde. Dès lors qu’elle se met à observer, son univers s’agrandit : elle découvre (ou redécouvre) le chemin sur lequel elle marche, les abeilles qui volent autour d’elle, l’herbe, les cailloux… Finalement, la journée passe, sans que Miyuki ait l’impression de « méditer ». Et là est toute la force de l’album. Lorsqu’il est l’heure de se coucher, la petite fille comprend qu’elle a bien « médité » en contemplant le ciel ou au bord de la rivière. Les illustrations poétiques et colorées de Seng Soun Ratanavanh sont toujours un plaisir pour les yeux ! Le grand format de l’album permet aux enfants de se plonger dans ses dessins japonisants (les scènes de découverte du monde sont particulièrement belles !) et de se mettre, eux aussi, à rêver et à regarder autrement le monde qui les entoure !
Une très jolie initiation à la méditation ! Coup de cœur !
C’est le grand jour pour Lapin ! Enfin les vacances ! Il va pouvoir profiter de sa nouvelle maison de campagne (achetée pour 3 carottes). Dans ses valises, il a mis tout ce dont il avait besoin : des betteraves, des taille-crayons, des pommes de pin… (L’essentiel quoi !). Mais rien ne va se passer comme prévu… Car quand il arrive chez lui, il découvre quatre fauves terrifiants en train de boire l’eau de sa fontaine… Lapin a beau leur dire qu’ils ne sont pas chez eux et qu’ils ne paient pas de loyer, rien n’y fait, ces « voisins sauvages » n’ont pas l’intention de partir… Heureusement, Lapin peut compter sur sa maman qui lui conseille d’organiser une fête pour mieux connaître ces quatre bêtes…
Les voisins sauvages est un formidable album sur la peur de l’inconnu. Ulrika Kestere décline la métaphore de la « peur de l’autre » au travers de ses personnages. Lorsque Lapin découvre les « voisins sauvages » ce sont quatre fauves effrayants (surtout pour un petit lapin sans défenses). Au fur et à mesure de sa rencontre avec eux, les quatre animaux se transforment en de gentils matous… L’autrice fait passer un message intéressant pour les plus jeunes : aller vers l’autre, s’ouvrir aux personnes différentes de nous, qui parfois peuvent nous faire peur, fait toujours évoluer les situations ! L’histoire est très drôle, la trame narrative bien construite avec des rebondissements (Lapin tente par tous les moyens d’apprivoiser ces drôles de personnages qui ont élu domicile chez lui). Quant aux illustrations, le style d’Ulrika Kestere séduira les plus jeunes. Le trait est vif, très souvent en mouvement (notamment les scènes ou Lapin découvre, déprimé, que ces quatre « invités » sont surexcités en permanence…. Même quand ils mangent des betteraves…). On plonge dans un univers coloré où les animaux anthropisés (mention spéciale pour les expressions de ces drôles de bêtes) nous renvoient une image de notre monde !
Un album coup de cœur, sur la différence et le dépassement de soi !
Merci Miyuki![]() ![]() Texte de Roxane Marie Galliez, illustré par Seng Soun Ratanavanh De la Martinière Jeunesse 13,90 €, 256×346 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018. |
Les voisins sauvages![]() ![]() d’Ulrika Kestere (traduit par Fredrik Monteil) L’étagère du bas 14 €, 220×285 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


