Quand on part en vacances, on n’a pas forcément la place pour mettre 12 albums dans ses valises… sauf si ce sont des albums « de poche » ! De nombreux éditeurs sortent maintenant leurs albums en petit format avec une couverture souple (l’école des loisirs, Gallimard, Didier Jeunesse, Père Castor…) ce qui permet de se faire une collection pas très chère et surtout très légère. Aujourd’hui et jeudi prochain, je vous propose une sélection de petits albums souples à mettre dans le sac à dos pour les vacances. Ceux d’aujourd’hui abordent des thèmes forts.
Il y a très longtemps, il y avait des éléphants noirs et des éléphants blancs. Et tandis que les éléphants blancs haïssaient les éléphants noirs, les éléphants noirs, eux, détestaient les éléphants blancs… Ils ne pouvaient tellement pas se supporter qu’un jour chaque clan décida d’exterminer l’autre. Heureusement, certains éléphants étaient pacifistes et ceux-là se cachèrent dans la forêt, où ils vivaient en harmonie entre éléphants blancs et éléphants noirs. Longtemps plus tard, quand la guerre fut terminée, quand tous les éléphants noirs et tous les éléphants blancs se furent entretués, les descendants de ceux qui étaient entrés dans la forêt en sortirent, ils étaient tous gris.
David McKee (auteur d’Elmer), parle d’énormément de choses dans Noirs et blancs. De racisme, bien sûr, mais aussi du vivre ensemble, du fait d’accepter l’autre même s’il est différent, du métissage. C’est un album extrêmement fort dont le message n’a pas pris une ride (les illustrations, elles, un peu plus). Les trompes des éléphants se transforment tantôt en arme, tantôt en main qu’on se serre pour faire la paix.
Un magnifique album pour parler des conflits, du racisme et du vivre ensemble.
Un jour, les bonobos en eurent assez de raconter toujours les mêmes histoires, ils choisirent quatre d’entre eux qui devaient partir à Belfast pour apprendre l’anglais. Ils revinrent avec des lunettes de soleil et des mallettes noires, ils avaient appris quatre mots, ils en étaient fiers. À chaque bonobo qui les apprenait à leur tour, ils offraient une paire de lunettes. Aux bonobos, pas aux bonobées, car bon, elles avaient un foulard sur la tête, elles ne pouvaient pas porter de lunettes…
C’est bien sûr des différences sexistes dont on parle dans L’histoire vraie des bonobos à lunettes d’Alela Turin (auteure de Rose Bonbon). Vous l’aurez compris, les mâles peuvent étudier, les femelles, elles, peuvent porter un foulard. Et pendant que les mâles étudient, les femelles font la cueillette et s’occupent des petits. Bien entendu, les bonobées vont se révolter, elles vont partir vivre sans les bonobos.
Un très bel album antisexiste par l’auteure de Rose Bonbon.
De son île, l’enfant regardait le monde. Il voyait les guerres, la famine, le drapeau planté sur la lune… il se dit qu’il faudrait transformer les fusils en perchoir à oiseau, attraper les nuages au lasso pour faire pleuvoir sur les déserts et demander pardon.
Il faudra est un album extrêmement délicat et poétique. Le texte dur, mais plein d’espoir, de Thierry Lenain est adouci par les superbes illustrations d’Olivier Tallec. C’est un album à lire en famille ou en classe, un album qui peut déclencher des conversations sur le monde, sur ce qu’en font les hommes.
Un très bel album tant dans le texte que dans les illustrations.
Un jour, dans un pays pas si loin, un enfant s’est arrêté de parler. Le chat, ne comprenant pas, s’est arrêté de ronronner, puis c’est la maison qui n’a plus ouvert ses volets, les fleurs du jardin qui ont baissé la tête et tout un tas de choses jusqu’à ce que le soleil décidât de ne plus briller et que le monde fût plongé dans le noir… Mais grâce à une étoile…
Bouche cousue de Gigi Bigot et Pépito Matéo est un conte en randonnée. Parce qu’un enfant ne parle plus, le monde va s’arrêter, mais dès qu’une étoile va raviver les rêves de l’enfant, tout va redémarrer. On évoque ici la guerre, l’importance de rêver et l’importance d’écouter des histoires.
Un album fort pour rappeler que les histoires nous permettent d’échapper au monde qui nous entoure et nous redonnent l’espoir.
Un lion n’est pas fait pour vivre dans un cirque et amuser la galerie, il n’est pas fait pour vivre à Paris et prendre le métro, sa place est ailleurs.
Fait pour ça de Régis Lejonc et David Merveille rappelle la vraie place des animaux sauvages avec humour. La couverture est trompeuse et les antis animaux dans les cirques (dont je fais partie) vont adorer cet album. Les illustrations sont colorées et David Merveille rend même un petit hommage à Monsieur Hulot quelques années avant son album Monsieur Hulot à la plage.
Un album un brin cruel, mais plein d’humour pour rappeler que la place des animaux c’est dans leur milieu naturel.
Le buffle aimait vivre dans l’eau, sur son dos un petit oiseau chantait. Quand l’homme est venu chercher le buffle pour travailler aux champs, l’oiseau a suivi. Pendant que l’homme et le buffle travaillaient la terre, l’oiseau chantait pour accompagner leurs efforts. Mais quand vint le temps de la récolte, l’homme se fâcha quand il vit l’oiseau picorer quelques grains, pourtant si l’oiseau n’avait pas chanté, le travail n’aurait-il pas été moins joyeux ? Et l’oiseau ne méritait-il pas d’être récompensé pour ça ?
On parle des artistes et de l’art dans le magnifique conte Le buffle et l’oiseau. Les artistes travaillent-ils quand ils créent ? Méritent-ils un salaire pour ça ? On parle forcément de l’utilité de l’art, de la musique en particulier. Même si l’on peut regretter que le buffle soit heureux d’être exploité, l’album est superbe, tant au niveau de l’histoire que des illustrations. C’est une magnifique piste pour aborder, avec les enfants, le grand sujet de l’importance de l’art dans nos vies.
Un magnifique conte pour rappeler à quel point les artistes sont essentiels.
Noirs et blancs![]() ![]() de David McKee (traduit par Christine Mayer) Gallimard Jeunesse, dans la collection L’heure des histoires 4,90 €, 137×189 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016 (première édition française 1978). |
L’histoire vraie des bonobos à lunettes![]() ![]() Texte d’Adela Turin (traducteur.trice non crédité.e), illustré par Nella Bosnia Actes Sud Junior, dans la collection Encore une fois… 4,95 €, 151×191 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2015 (première édition française 1999). |
Il faudra![]() ![]() Texte de Thierry Lenain, illustré par Olivier Tallec Gallimard Jeunesse, dans la collection L’heure des histoires 4,90 €, 140×195 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016 (première édition 2004). |
Bouche cousue![]() ![]() Texte de Gigi Bigot et Pépito Matéo, illustré par Stéphane Girel Didier Jeunesse, dans la collection Les p’tits Didier 5,50 €, 165×165 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016 (première édition 2001). |
Fait pour ça![]() ![]() Texte de Régis Lejonc, illustré par David Merveille Actes Sud Junior, dans la collection Encore une fois… 4,95 €, 151×191 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2014 (première édition française 2004). |
Le buffle et l’oiseau![]() ![]() Texte de Catherine Zarcate, illustré par Olivier Charpentier Syros dans la collection Mini albums Syros 5,50 €, 166×212 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2014 (première édition 2006). |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


