Aujourd’hui je vous propose un moment hors du temps et de la frénésie du quotidien grâce à deux albums délicats, deux bulles de sensibilité qui nous replongent en enfance… Belles découvertes !
Un petit garçon s’empresse de remplir ses poches de terre… Et pour cause, il n’y en a pas chez lui ! Alors dès qu’il franchit la porte de sa maison, il s’empresse de montrer son trésor à sa mère et décide de se lancer dans le jardinage…
Sublime petit livre et première parution de la collection Matière Vivante, De la terre dans mes poches est une invitation à renouer avec le vivant. Tout est beau et délicat dans ce petit ouvrage. D’abord le texte poétique de Françoise Lison-Leroy. Avec très peu de mots, l’autrice arrive à nous faire ressentir les plaisirs et désirs de ce petit garçon. On imagine parfaitement sa joie à travailler la terre, à y plonger ses mains… Et puis, évidemment les illustrations de Matild Gros. Celles-ci sont vivantes, colorées. Les personnages représentés semblent faire corps avec la nature. Courbés, la mère et l’enfant travaillent en silence pour planter. L’album est une ode à la sublimation du quotidien et nous propose une réflexion sensible sur notre rapport aux vivants. Ici, nulle distinction entre « nature et culture » mais plutôt une belle communion entre des êtres humains et des végétaux. Le jardinage permet ainsi de recréer des liens (entre l’enfant et sa mère mais également entre les êtres vivants) et de retrouver des sensibilités parfois perdues. C’est très émouvant, touchant et cela donne une seule envie : plonger les mains dans la terre…
Que le temps passe lentement quand on attend une nouvelle ! C’est ce que se répète un petit garçon impatient… Il attend une réponse à un message envoyé… Les heures passent et il lui est bien difficile de se concentrer, de se sentir léger et de s’intéresser à autre chose…
Le temps qui passe est un très joli album sur l’attente. On suit les états d’âme d’un petit garçon pendant toute une journée qui attend avec impatience une réponse à un message envoyé (on ne vous en dit pas plus…). C’est délicat et intelligent. Le texte de Stéphanie Demasse-Pottier est d’une grande subtilité, décrivant toute la gamme des émotions que l’on peut ressentir dans ces moments : l’anxiété, l’angoisse, la colère, l’agacement, la perte de confiance en soi… Notre héros n’a plus faim, n’arrive pas à se concentrer ni à prendre du plaisir dans quoi que ce soit… La force de l’album, c’est qu’il traite cette journée « difficile » avec douceur. Ainsi, les illustrations de Juliette Léveillé nous plongent dans un univers ouaté, tout en rondeur et en couleurs, où ces moments d’attente (qui peuvent parfois être terriblement mal vécus) sont dans le même temps des moments intenses de rêveries et de contemplation. La réponse finale est vécue comme une délivrance pour le héros qui peut enfin faire exploser sa joie… Ainsi, Le temps qui passe nous confirme que savoir attendre a parfois du bon !
De la terre dans mes poches![]() ![]() Texte de Françoise Lison-Leroy, illustré par Matild Gros CotCotCot Editions 10,50 €, 130×180 mm, 16 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le temps qui passe ![]() ![]() Texte de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Juliette Léveillé Maison Eliza 13,90 €, 240×170 mm, 32 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.




