Aujourd’hui, on en voit de toutes les couleurs avec une BD et un album. Dans la première, une bande de petits singes transgresse les règles pour des raisons culinaires et dans le second, une jeune fille a le don de façonner les rêves de son entourage aussi facilement que de la terre rouge…
Flan à la banane, fleurs de banane Tatin, suprêmes de banane et en prime, chaque semaine, la fête de la banane ! Ba est complètement lassée, tous ses repas tournent autour de cet aliment unique, vous l’aurez compris, la banane. L’obsession autour de ce fruit est telle que lorsqu’un petit singe ramène un fruit inconnu, c’est aussi à partir de la banane qu’il le nomme. L’ananas devient donc « la banane de terre ». Ce nouveau mets séduit immédiatement la jeune Ba ! Alors oui, certes, l’ananas vient de la forêt interdite, mais son goût va révolutionner la prochaine fête de la banane ! Les ami.e.s œuvrent en cachettes pour préparer un menu hors du commun, entièrement à base de « banane de terre » pour leurs familles. Tous les singes se régalent, ils sont enthousiasmés par cette découverte culinaire incroyable jusqu’à ce qu’ils découvrent son origine. Alors, la tranquillité du petit village est totalement ébranlée, car si les petits singes ont pu aller jusqu’à la forêt interdite, la forêt interdite peut, elle aussi, venir jusqu’à eux. Et maintenant, il va falloir restaurer l’équilibre perdu…
Une fois l’interrogation vis-à-vis du titre en anglais passée, (The Monkey Family, pour une BD qui est bien en français), cette bande dessinée est vraiment chouette. Déjà, c’est un bel objet, je ne connais pas beaucoup de BD jeunesse imprimée sur du papier Munken (un papier beau, très agréable au toucher et qui sent aussi très bon). Donc forcément, les couleurs, qui sont en plus vraiment belles, rendent vraiment très très bien. Beaucoup de nuances de bleu, de rouge et de vert qui dynamisent le dessin et traduisent, à mon sens, merveilleusement bien l’exotisme de la jungle. Les dialogues sont parfois vraiment tordants tout en étant d’une grande simplicité, parfait donc, pour les jeunes lecteur.trice.s. L’histoire est bien ficelée, personnellement j’ai beaucoup rigolé, certains passages sont vraiment hilarants ! On peut même y lire que les bêtises (même grosses, voire très grosses) sont source d’apprentissage, qu’elles peuvent permettre de nous faire grandir, avec modération, bien sûr.
Une super BD pour tous ceux et toutes celles qui aiment les singeries.
Depuis toute petite, Naya rend visite à maître Yacouba, un vieil homme, semblable à un sage, vivant à l’écart du village. Il lui a appris à modeler la terre rouge avec laquelle chaque villageois.e du village est moulé dès sa naissance. Ces petites statuettes suivent la vie de chacun.e des habitant.e.s, elles sont reprises et modifiées de même que les corps évoluent, jusqu’à être détruites, une fois la mort arrivée. Mais Naya n’est pas seulement une fine modeleuse de terre rouge, elle a aussi le don d’agir sur les rêves. Lorsque sa petite sœur fait un cauchemar, la jeune fille y insuffle de la joie, de la couleur qui chassent les ombres et les peurs. Mais un matin, alors qu’elle rejoint maître Yacouba en haut de sa colline, toutes les statuettes sont renversées, cassées. C’est la guerre qui arrive aux portes du village et Naya, pleine de courage et de ruse, va tout faire pour essayer de sauver les sien.ne.s.
Cet album est juste une véritable claque visuelle. Déjà, le grand format donne l’impression de tomber dans les images, de vivre l’aventure aux côtés de Naya. Et puis il y a les couleurs incroyablement vives qui font de ce livre quelque chose de presque magique. Passé l’émerveillement graphique, l’histoire est aussi très belle. Cette jeune fille, à la fois espiègle et courageuse, va réussir à sauver son village des Européens (j’imagine ?) grâce à son don, en pénétrant les rêves de ses semblables pour leur donner le courage de résister, de ne pas s’aplatir devant l’ennemi. Un super bon point pour cet album qui célèbre la force et la ruse des femmes, ce sont elles qui parviennent à sauver leur village.
Un merveilleux conte qui peut, je pense, être apprécié de toutes et tous, peu importe l’âge.
The Money Family![]() de Margo Renard La Palissade 14,50 €, 165×230 mm, 112 pages, imprimé en France, 2017. |
Naya ou la messagère de la nuit![]() ![]() Texte de Philippe Lechermeier, illustré par Claire de Gastold Thierry Magnier 17 €, 336×223 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2016. |
Aime le papier bulles et les dinosaures.



