Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer un monstre, un chat pas comme les autres et un enfant qui devra dompter sa colère.
Il la voit par sa fenêtre, tapie dans la forêt, la bête. Il la voit, et il sait qu’elle le voit. Ça lui fait peur, bien sûr, et en même temps il aime la savoir là, il a envie de la voir de plus près, de la toucher. Mais une fois dehors, il ne voit plus rien… Elle le voit depuis la forêt. Elle le voit, et elle sent sa bonne odeur de chair fraîche. Elle aimerait le voir de plus près, le goûter…
C’est un album bien singulier que nous proposent Gauthier David et Samuel Ribeyron. Un album qui fait peur… mais ça tombe bien on adore ça ! Ici, on aura donc d’abord le point de vue de l’enfant, puis celui de la bête. Mais qui est-elle, cette bête ? Existe-t-elle vraiment ? Samuel Ribeyron, génial illustrateur, joue avec la pénombre et les découpes. On croit voir des choses, mais ce n’est finalement pas ça… et que ne voit-on pas ? Qu’est-ce qui se cache au fond ?
Son travail d’illustration est là encore absolument superbe et il accompagne avec merveille ce texte mystérieux auquel il ajoute encore plus d’ambiguïté. Les découpes ne sont pas ici accessoires, elles sont utilisées avec beaucoup d’intelligence.
Un album sombre et lumineux, magnifiquement illustré, sur les bêtes qui se cachent et les enfants qui aiment en avoir peur.
Chat Chelou est un gros chat, un chat dont les petites bêtes ont peur. Faut dire qu’il aime les embêter. Un de ses plaisirs c’est de manger des œufs fraîchement pondus. Mais un jour, après en avoir mangé un, Chat Chelou se met à grossir, à grossir et à grossir encore… Chat Chelou a mal au ventre, il se précipite dans sa litière, mais ce n’est pas un caca qui sort… mais un adorable poussin !
Voilà un album aussi drôle que beau ! Les illustrations en noir, blanc et jaune sont extrêmement réussies. La tête de méchant de Chat Chelou ou la tête qu’il fait quand il « expulse » le poussin, la tête de ce dernier qui ne comprend pas ce qu’il se passe. Et puis la dernière double, où les deux héros regardent ensemble la lune… Même si l’on pourra regretter que
Chat Chelou devienne la « maman » du poussin (vu que c’est un chat on aurait préféré « papa », mais peut-être que pour l’auteur ce sont les « mamans » qui savent s’occuper des bébés ?), cet album est totalement réjouissant et réussit le pari d’être tendre et méchant, un poil scato et poétique !
Une petite merveille d’humour noir et de tendresse.
Quand Léon a poussé Nils et que tout le monde a ri, un oiseau a foncé sur Léon et lui a donné des coups de bec. Quand Nils rentre chez lui et a besoin de réconfort, sa mère est bien trop occupée. Le jeune garçon s’énerve et des oiseaux entrent par la fenêtre et la famille de Nils va se faire attaquer. Et quand la maîtresse se moque de lui, c’est tout une nuée d’oiseaux qui entre dans la classe et casse tout. Bien fait, se dit chaque fois Nils qui est heureux d’avoir des oiseaux avec lui… mais ce n’est pas toujours marrant, finalement, de voir les oiseaux faire souffrir ceux et celles qu’il aime.
C’est avec beaucoup de finesse que Jane Oshka et
Paola De Narváez abordent le sujet de la colère. Elle est personnifiée ici par des oiseaux qui peuvent dévaster toute une classe (et même casser les lunettes d’un camarade et en terroriser un autre). Des oiseaux dont il faudra se débarrasser pour être plus heureux et surtout ne plus blesser les autres. Les illustrations sont ici aussi magnifiques, leurs couleurs franches sont éclatantes. En plus de traiter avec intelligence un sujet fort, c’est un album esthétique.
Un album aux belles illustrations pour parler avec intelligence de la colère.
La bête de mon jardin![]() ![]() Texte de Gauthier David, illustré par Samuel Ribeyron Seuil Jeunesse 14,50 €, 240×309 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2017. |
Chat Chelou![]() ![]() de Baek Heena (traduit par Lim Yeong-hee) Picquier Jeunesse 14,50 €, 207×305 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2017. |
Bien fait !![]() ![]() Texte de Jane Oshka, illustré par Paola De Narváez Versant Sud dans la collection Les pétoches 14,90 €, 225×285 mm, 40 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



Chat Chelou, je l’aime si fort que l’amoureuse me l’a offert, bon ok, je le prête et surtout j’aime le lire à l’enfant. D’ailleurs, il est devenu Papa Piou, parce que moi non plus je n’ai pas compris le “maman”.