Aujourd’hui, on se plonge dans deux très beaux albums qui nous racontent avec poésie et délicatesse les relations entre frères et sœurs – de lait ou de sang ? –
12 octobre 1666. Dans sa chambre fleurie, Anna termine de coudre le petit col en dentelle qu’elle a prévu d’offrir à son amie Johanna : sa servante. Dans sa cuisine, cette dernière se dépêche de préparer un petit déjeuner royal pour sa maîtresse. Ces deux-là ont beau être différentes, elles sont nées le même jour et s’entendent comme larronnes en foire ! Espiègles et taquines, elles fêtent leur anniversaire comme il se doit. Mais ce 12 octobre 1666, l’arrivée d’une lettre va bouleverser le destin des deux amies.
Anna et Johanna, c’est l’histoire d’un destin lié, l’histoire de deux jeunes filles que la vie a séparées. Mais c’est aussi – et surtout – une histoire de formes, de couleurs, de peintures, d’ambiances dans laquelle Florence Kœnig nous plonge. Le joli récit de Géraldine Elschner se met au service de cet univers Vermeerien. À chaque page, on a la sensation de contempler une œuvre du peintre, et d’ailleurs, Florence Kœnig s’est inspirée de deux des plus célèbres œuvres de Vermeer – La Laitière et La Dentelière – pour dessiner nos deux héroïnes. C’est poétique et joliment amené.
Un sympathique voyage dans l’univers lumineux de Vermeer, où le temps d’un album, le temps se fige !
Dans une forêt, un petit garçon s’est construit une drôle de cabane, dans laquelle il passe toutes ses journées. Le soir venu, il rentre chez ses parents. Un matin, il découvre qu’un hôte pas comme les autres s’est introduit dans sa cabane… Un singe ! C’est le début d’une belle amitié entre le narrateur et l’animal, une amitié fraternelle, basée sur le respect et l’écoute.
Mon frère des arbres, c’est une très belle histoire, la rencontre entre deux êtres a priori différents… mais qui ne le sont pas tant que ça ! Car comme le note notre petit héros, s’il est très doué pour faire le singe, le bonobo se révèle particulièrement doué quand il s’agit de « faire l’enfant ». Le récit de Didier Levy est mis en valeur par les magnifiques illustrations de Laurent Corvaisier, ça déborde des pages, c’est vif, coloré, en mouvement. Dans cette forêt multicolore, le petit narrateur devient un parmi tant d’autres. La complicité et la ressemblance entre les deux « frères » est accentuée par les touches de couleurs du dessinateur.
Un très bel ouvrage empli d’humanité, qui nous raconte en toute modestie que si l’homme descend du singe… il ne faut pas en faire un plat !
Anna et Johanna![]() ![]() Texte de Géraldine Elschner, illustré par Florence Kœnig L’élan vert 14,95 €, 248×327 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2016. |
Mon frère des arbres![]() ![]() Texte de Didier Lévy, illustré par Laurent Corvaisier Oskar Éditeur 16,95 €, 248×327 mm, 40 pages, imprimé en Europe, 2016. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


