J’aurai pu vous dire que les deux ouvrages du jour avaient comme point commun d’être bilingues, en vérité ce qui les réuni surtout c’est que ce sont deux petits bijoux.
Il était une fois la fille d’un vendeur de foul qui joua un drôle de tour au fils du roi. Il était une fois un homme qui reçut beaucoup pour avoir donné une petite chose et un homme qui reçut peu pour avoir donné beaucoup. Il était une fois un maître qui fut bien attrapé d’avoir mal traité son domestique… et d’autres histoires encore.
Amours et sortilèges et autres contes judéo-espagnols est un grand album réunissant dix contes plus ou moins courts (entre 2 et 6 pages). Mais ce qui frappe d’abord dans cet ouvrage, ce sont la beauté des illustrations. Les grandes planches de Petros Bouloubasis sont absolument superbes (et le fait qu’elles soient en pleine page leur rend justice). Je ne connaissais pas du tout le travail de cet illustrateur grec, j’ai eu envie d’en voir plus (je vous conseille son site) et de vous mettre deux extraits. Mais la beauté des illustrations ne doit pas éclipser les textes, car ici ils sont de grande qualité ! Plein de bons sens ou plein d’humour (ma fille de 8 ans a d’ailleurs eu un fou rire à la chute d’une des histoires), ces dix contes sont de ceux qui nous amènent à réfléchir, nous laissent quelque chose (on a d’ailleurs du mal à passer d’un conte à l’autre sans marquer un temps). L’édition est bilingue et nous propose donc une version espagnole des contes. En fin d’ouvrage, on retrouvera des infos sur ces contes-là et sur les contes judéo-espagnols en général.
Un magnifique album qui fera un superbe cadeau à offrir… ou à s’offrir !
Le jeu préféré de Tarek c’est sa roue, une vieille roue qui lui appartient et après laquelle il aime courir. Ensemble, ils parcourent des kilomètres, Tarek n’a pas de meilleur ami que sa roue. Imaginez donc la peine de l’enfant le jour où, parce qu’il était en train de remettre son soulier, sa roue a continué son chemin sans lui, et qu’il ne la retrouve plus. C’est le début d’une grande aventure pour Tarek.
Mathilde Chèvre fait un travail incroyable au sein des éditions Le port à jauni (nous en reparlerons très prochainement), elle édite de très beaux textes magnifiquement illustrés dans des albums bilingues (français/arabe) au beau papier. Celui-là, c’est elle qui l’a écrit, elle qui l’a illustré… et quel bel album ! La roue de Tarek deviendra bien plus que le jouet d’un enfant, c’est grâce à elle qu’il fera des rencontres, elle sera un pont entre lui et les autres, un lien qui perdurera (je tente de ne pas vous dévoiler la fin). Mathilde Chèvre joue avec le sens de lecture (différent en langue arabe), l’album tourne dans nos mains, tantôt on le lit à l’horizontale, tantôt à la verticale (et même parfois à l’envers !), sans que ça soit un exercice de style qui gêne la lecture.
Un magnifique album pour se rappeler la force du partage.
Voir des extraits.
| Amours et sortilèges et autres contes judéo-espagnols Contes choisis, adaptés et traduits par François Azar, illustrés par Petros Bouloubasis Lior éditions ![]() ![]() 15 €, 320×240 mm, 70 pages, imprimé en Belgique, 2016. |
La roue de Tarek ![]() ![]() de Mathilde Chèvre (traduit en arabe par Georges Daaboul) Le port à jauni 7 €, 170×240 mm, 24 pages, imprimé en France, 2007. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !





