Aujourd’hui je vous propose deux albums qui sentent bon la pluie, l’automne, les feuilles mortes et la chaleur d’un bon nid douillet. Installez-vous confortablement et plongez dans l’univers doux et réconfortant d’Un thé à l’eau de parapluie de Karen Hottois et Chloé Malard et du Toboggan de Stéphanie Demasse-Pottier et Audrey Calleja… Bonne lecture !
Elmo est un charmant petit blaireau un brin mélancolique… Dès que l’été est terminé, le cœur de notre héros se serre et il est bien difficile pour lui de laisser venir l’automne. Mais Elmo est plein de ressources. Pour ne pas se laisser aller les jours de grisaille et de pluie, il se prépare toujours une grande théière à l’eau de parapluie. Et là magie ! Dans l’eau des gros nuages qu’Elmo récupère, on peut y savourer un air d’été, un chant de sauterelle et se remémorer le soleil d’août… en attendant celui de l’année prochaine !
Un thé à l’eau de parapluie est un album doux et léger dans lequel on plonge avec ravissement. Karen Hottois nous propose une histoire charmante et pleine de fantaisie. On suit les tribulations d’un petit blaireau : Elmo, prêt à tout pour se remémorer ses vacances passées. Et pour cela, pas de panique, il a une « potion secrète » pour ne pas se laisser aller. Un drôle de thé, fait avec l’eau de pluie qu’il récupère grâce à un astucieux système de parapluie ! Grâce à sa recette du bonheur, Elmo permet à ses ami·e·s de se replonger dans leur été, chacun·e retrouvant des sensations passées. C’est drôle, poétique et savoureux à souhait. Les illustrations tendres et ravissantes de Chloé Malard complètent à merveille ce joli récit, ode au quotidien, aux petites recettes du bonheur dont chacun·e d’entre nous a le secret pour ne pas se laisser aller, aux ami·e·s… et à l’automne. On referme ce petit album coloré en guettant par la fenêtre les nuages gris et en se promettant de tester cette recette de thé à l’eau de parapluie !
Un jour de pluie, le cadet d’une fratrie décide de partir à l’aventure. Son frère et sa sœur sont bien trop occupé·es à regarder la télévision, sa maman à coudre, quant aux animaux ils se prélassent en attendant le beau temps. Ni une ni deux, le petit garçon s’équipe : une paire de bottes, un ciré, un sac à dos rempli de victuailles et son doudou pour partir à l’aventure derrière la maison… Rejoindre son endroit secret… Le toboggan !
Avec Le Toboggan, Stéphanie Demasse-Pottier nous conte une belle histoire à hauteur d’enfant qui explore l’imaginaire et le désir d’ailleurs. Le héros de l’histoire profite de l’inattention de la famille pour s’éclipser et rejoindre son « endroit secret » : le toboggan. L’autrice nous raconte son périple comme une expédition et c’est chargé de biscuits et de son doudou que le héros décide de partir à l’aventure. Le toboggan — objet trivial du quotidien — est présenté comme une caverne secrète, un lieu « à soi » où l’enfant peut rêvasser et se raconter des histoires. C’est un bel ouvrage sur la quête d’autonomie et la nécessité vitale d’avoir un refuge — physique comme mental —, un lieu où l’on peut se cacher, enfermer des secrets et surtout… rêver ! Audrey Calleja illustre avec sensibilité l’album, nous plongeant dans un univers où les frontières entre réel et imaginaire sont parfois brouillées. L’alliance des différentes techniques rend son travail riche et dense. C’est beau et tendre à la fois. On en redemande !
Un thé à l’eau de parapluie![]() ![]() Texte de Karen Hottois, illustré par Chloé Malard Seuil Jeunesse 10,90€, 167×208 mm, 28 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le Toboggan![]() ![]() Texte de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Audrey Calleja L’étagère du bas 12,50€, 170×230 mm, 32 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.





