Aujourd’hui, je vous propose deux contes. L’un vous fera voyager dans le sud-ouest de la France ; l’autre vous emmènera dans des temps ancestraux.
Au Pays basque, dans une ferme aux murs rouge et blanc, vit Ainhoa. Elle est bergère. Chaque jour, elle doit accompagner son troupeau au pré. Cependant, pour cela, il lui faut contourner la rivière en rejoignant le gué. Un matin, avant l’aube, la jeune fille voit un lamina sortir du cours d’eau. Ce petit génie lui propose son aide. Si elle le souhaite, les autres laminas et lui-même construiront un pont avant le lendemain afin qu’elle puisse conduire plus facilement ses brebis au pâturage. D’abord enthousiaste, Ainhoa accepte. Toutefois, très vite, elle se met à douter. Le soutien des laminas n’est jamais gratuit. Que vont-ils lui demander en échange de cet aménagement ? Elle court chez son ami Eneko, le fabricant de pelotes. Il aura peut-être une idée pour la sortir de cet embarras.
Avec Ainhoa et les laminas, les éditions Flammarion-Père Castor ajoutent un quatrième titre à leur collection de contes régionaux. Comme pour les livres précédents, la maison d’édition est allée chercher une histoire de tradition orale au cœur d’une région de France afin de la partager au plus grand nombre sous la forme d’un album : un moyen de perpétuer une transmission séculaire, de faire vivre le patrimoine, de lui donner une autre dimension en le faisant sortir de sa région d’origine. Côté illustration, on reste dans la lignée des histoires du Père Castor où texte et images se mêlent adroitement. Un conte qui pourra être lu aux petit·es et qui donnera peut-être aux grand·es l’envie de découvrir ou de redécouvrir le Pays basque.
Le jour où la Femme rencontra l’Homme, elle décida qu’iels s’installeraient dans une grotte et changeraient leur façon de vivre. Le soir même, le couple alluma un feu de bois et mangea de la viande cuite et des légumes. Tandis que l’Homme s’était endormi, la Femme jeta un sort. Attirés par la lueur des flammes, les animaux, qui étaient alors tous sauvages, commencèrent à s’interroger sur leur devenir. C’est le chien qui se proposa le premier pour aller voir ce qu’il en était. Il demanda au chat de l’accompagner, mais celui-ci refusa. La Femme sut si bien y faire avec le chien qu’il ne revint pas à son mode de vie sauvage. Un à un, les animaux rejoignirent la grotte et la domestication. Seul le chat continuait à se méfier. Il finit lui aussi par franchir le seuil de la grotte, mais fidèle à sa liberté, il se montra plus malin que la Femme.
La grande majorité des lecteurs et des lectrices connaissent Rudyard Kipling pour son Livre de la jungle. Cependant, les Histoires comme ça font également partie de ses classiques. Après les avoir éditées en grand format en 2021, les éditions Seuil jeunesse publient à nouveau trois contes extraits de ce recueil, en petit format et à prix mini, dans la collection Seuil’issime. Ces contes sont des incontournables à avoir dans sa bibliothèque que ce soit dans l’une ou l’autre des éditions. En amoureuse des chat·tes que je suis, j’aime le sens que donne Kipling à la liberté et à la ruse de cet animal. La musicalité de la langue de l’auteur donne envie de lire le texte à voix haute, dans la grande tradition du conte, et les illustrations en gravure sur bois de May Angeli lui donnent tout son relief.
Ainhoa et les laminas ![]() ![]() Texte d’Ixabel Millet d’après un conte de tradition basque, illustré par Jean-Marc Denglos Père Castor-Flammarion, dans la collection Contes de nos régions 9,50 €, 218 x 188 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le chat qui s’en allait tout seul![]() Texte de Rudyard Kipling (traduit de l’anglais par François Dupuigrenet Desroussiles), illustré par May Angeli Seuil jeunesse, dans la collection Seuil’issime 5 €, 150 x 119 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.




