Aujourd’hui, je vous propose deux documentaires pas vraiment classiques et où l’on apprend plein de choses !
Pierre vient de recevoir une lettre de son grand-père qui lui demande de ses nouvelles et lui rappelle qu’ils doivent faire un voyage-surprise ensemble. Alors Pierre prend son stylo et se met à lui raconter son délicieux été. Il construit des châteaux de sable, lit et écrit, calcule même, apprend à dessiner des cartes, explore de nouveaux endroits, apprend toute l’histoire du monde. C’est pas des vacances, cela ressemblerait presque à l’école, ma foi ! Mais non ! Pierre fait un voyage au pays de la crème glacée. Ce qu’il lit, ce sont tous les parfums qui existent ; ce qu’il écrit et dessine, ce sont des animaux dont les cornes sont des cornets de glace ; ce qu’il compte, ce sont les boules de glace. Et il apprend que la première crème glacée a été inventée en Chine, il y a deux mille ans, qu’elle est arrivée en Europe, d’abord en Italie, dans les bagages de Marco Polo, puis en France, apportée par Catherine de Médicis. Pierre en a appris des choses pendant ses vacances, il l’a bien mérité son voyage-surprise…
C’est l’été, il fait sacrément chaud. Quoi de meilleur qu’une bonne crème glacée ? Avec des couleurs acidulées et joyeuses, et surtout beaucoup d’humour, Peter Sís nous raconte l’histoire de la crème glacée. Et il en profite pour nous faire réviser mathématiques, histoire et géographie ! Les illustrations sont formidables, et détournent à loisir la forme du cornet et de la boule de glace. C’est plein d’imagination et tout à fait ludique.
Un album gourmand et délicieux, à savourer sans modération !
C’est l’heure du coucher pour Pierre. Il est seul dans sa chambre et il a peur. Il a peur du Noir. Même si sa mère a laissé les rideaux entrouverts, sa chambre baigne dans le noir. Il aurait préféré que la nuit soit bleue, comme dans les livres, parce que le noir lui évoque des animaux féroces. Il aime toutes les couleurs, mais il voudrait que le noir n’existe pas. Au petit matin, il raconte son cauchemar à son père, ses parents décident alors de lui montrer que ce que Pierre pense noir ne l’est pas forcément, et que le noir peut aussi être une magnifique couleur. Le loup n’est pas noir mais d’un brun profond. Le plumage du corbeau est tellement noir qu’en certains endroits il paraît d’un bleu très foncé. Et son père l’emmène au musée pour lui faire découvrir toutes les nuances de noir des tableaux de Soulages : ses tableaux paraissent noirs mais à l’intérieur se mélangent du jaune, du bleu, du doré, et même du blanc, et le tableau semble émettre une lumière. Pierre comprend que le noir est une couleur au même titre que les autres.
Qui n’a pas ressenti, et entendu, le fameux : « j’ai peur, il fait tout noir » ? La couleur noire est associée au danger, à l’effroi. C’est le grand historien des couleurs Michel Pastoureau, dont c’est le premier livre pour jeune public, qui nous emmène à la découverte des secrets du noir et de toutes ses nuances pour nous montrer sa luminosité et sa poésie. Les illustrations de Laurence Le Chau sont pleines de sensibilité et nous prennent véritablement par la main pour accomplir ce voyage dans la couleur ; elles fourmillent de références à de célèbres peintres de la couleur, Soulages bien sûr, mais aussi Miró ou Klein.
Un bel album pour chasser les idées noires avant d’aller se coucher !
Un été crème glacée![]() de Peter Sís (traduit par Paul Paludis) Grasset Jeunesse 15 €, 260×210 mm, 35 pages, imprimé en Espagne, 2016. |
Pierre n’a plus peur du noir![]() texte de Michel Pastoureau, illustré par Laurence Le Chau Éditions Privat 14,90 €, 270×210 mm, 24 pages, imprimé en France, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !

