On vous en avait déjà parlé dans le webzine de Noël, mais ces quatre livres-là sont typiquement le genre de livres qu’on aime offrir à Noël. Ils sont beaux et ils accompagneront plusieurs soirées de lecture.
Un mari à la barbe rouge qui change soudain et veut tuer son épouse, trois sœurs victimes d’un ogre, un mari qui se transforme en tigre et un autre en serpent, une jeune fille enlevée par celui qu’on appelait Barbe-Bleue et une autre par un cheval gris, un bûcheron qui vend ses filles et une jeune fille qui ouvrit une porte qu’elle n’aurait pas dû ouvrir… et si toutes ses histoires avaient la même racine ?
Après Les belles (chroniqué ici), Les rebelles ! Toujours en partant d’un même conte (ici Barbe-Bleue puis Les sept corbeaux et Le Petit Poucet), Fabienne Morel et Gilles Bizouerne nous racontent ses variantes. On voyage donc, à travers les contes, en Bretagne ou en Inde, en Vendée ou au Maroc ou encore en Corse ou en Suède. S’il n’y a ici que les versions de trois histoires différentes, on ne ressent aucune lassitude en lisant ces vingt et un contes tant ils sont différents, et au contraire c’est tellement enrichissant de voir comment une autre culture s’empare de l’histoire en y incorporant ses propres animaux, par exemple. C’est un régal à lire à voix haute (l’avantage de lire le texte de conteur·euse·s) et voilà typiquement le genre de livre qui se transmet de génération en génération, faisant toujours le bonheur des enfants.
Un recueil de contes comme on les aime, un régal autant pour les adultes lecteurs que pour les enfants qui écoutent.
C’est l’histoire d’une poule appelée Poulerousse qui atterrit un jour dans le sac d’un renard. C’est l’histoire d’une Vache Orange qui était malade. C’est l’histoire de la famille Rataton qui en avait assez qu’on se moque d’elle. C’est l’histoire d’une petite souris, la plus mignonne qui soit, qui devait épouser le plus puissant personnage du monde… encore fallait-il le trouver… C’est l’histoire d’une galette qui s’ennuyait sur le rebord de sa fenêtre alors qui se mit à rouler, à rouler et à rouler encore…
Je pense que vous avez reconnu certaines de ces histoires, ce sont de grands classiques ! Des histoires sorties dans les années 40, 50, 60 et 70. Bref des histoires que l’on a entendues enfant et parfois même nos parents… voire nos grands-parents ! Père Castor en regroupe quinze dans un magnifique recueil soigné avec signet, avec une belle mise en page (car forcément il était impossible de respecter la mise en page d’origine, il fallait homogénéiser le tout). C’est l’un des plus beaux livres de cette fin d’année, un recueil d’histoires qui traversent les générations.
Michka, Roule Galette, La Vache Orange, La plus mignonne des petites souris… quinze histoires du Père Castor regroupées dans un très bel ouvrage.
Pascal Teulade est auteur. Une nuit, alors qu’il était en train de pétrir une pâte pour réaliser une tarte (sa spécialité), il vit sortir des animaux d’une fontaine et venir sonner chez lui. Il y eut un renard et un corbeau, puis une cigale, une fourmi, un lièvre, une tortue, un âne, un lion… et bien d’autres encore ! Imaginez sa surprise ! Les animaux (qui étaient doués de la parole, évidemment) lui expliquèrent rapidement la raison de leur venue, ils étaient des intermittents, membres de la troupe du célèbre Jean de la Fontaine, et plus le temps passait et plus on les oubliait… il fallait donc qu’un auteur leur donne une nouvelle vie.
Découpé en deux parties (une longue introduction puis des fables), ce gros livre est un pur régal. Avec énormément d’humour, dans l’introduction, Pascal Teulade raconte donc cette rencontre entre des animaux des fables de La Fontaine et un auteur à qui ils demandent de réécrire ses histoires. C’est bourré de références contemporaines (Maître Gims, Louane, J.K. Rowling, Kev Adams…) et c’est surtout extrêmement drôle. Puis, dans les fables, il montre à quel point il manie parfaitement la langue française et l’on se régale à lire à voix haute ces nouvelles fables dans lesquelles un bouc tente de se faire beau avant d’aller voir sa fiancée, un coq et une poule se chamaillent devant le barbecue ou un enfant dérange le repas aux chandelles de deux vers de terre. Même si j’avoue avoir préféré la première partie de l’ouvrage (que je trouve hilarante), on prend tout de même beaucoup de plaisir à lire cette cinquantaine de fables aux morales souvent pleines de bon sens. Ajoutons que les illustrations d’Adrienne Barman accompagnent à merveille le texte et rajoutent encore plus d’humour aux histoires.
Les fables de la Fontaine 2.0 grâce à un auteur qui manie la langue avec beaucoup de talent.
Alors que Mark Twain racontait une histoire à Philip Stead, il s’est levé pour aller chercher une tasse de thé et n’est jamais revenu… Philip Stead devait donc raconter la suite. Mais commençons par le début, c’est l’histoire d’un garçon qui s’appelait Johnny et qui vivait dans une ferme avec son grand-père, un homme méchant…
Qu’il est difficile de parler de L’enlèvement du Prince Oléomargarine et pourtant… quelle merveille ! Tout est parti d’une histoire que Mark Twain racontait à ses filles et qu’il n’a jamais terminée, celles-ci ont retrouvé dans ses archives ce récit inachevé et ont proposé à Philip Stead d’en écrire la suite. L’auteur ne se contente pas de terminer l’histoire, il invite Mark Twain dans son récit, imagine des conversations avec lui. C’est drôle, fin, décalé… Ça ne ressemble à rien de connu ! Le conte d’origine nous parle d’un jeune homme pauvre qui devait vendre sa poule au marché pour rapporter quelque chose à manger et
qui l’échangea contre une poignée de graines bleu pâle… mais ce n’est que le début de l’histoire qui va nous entraîner bien au-delà. C’est un conte magnifique, que les adultes prendront un grand plaisir à lire aux enfants tant il est bien écrit et bourré d’humour. Les illustrations d’Erin Stead sont absolument superbes et Kaléidoscope nous sert ce bijou dans un bel écrin : couverture non vernie et papier épais. Bref, une merveille !
Un petit bijou à lire en famille au coin du feu, pour le bonheur de toutes les générations.
Les rebelles![]() ![]() Textes de Gilles Bizouerne et Fabienne Morel, illustrés par Cécile Gambini, Marie Caudry et Émilie Harel Syros dans la collection Le tour du monde d’un conte 21,90 €, 177×277 mm, 283 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2018. |
Père Castor – Histoires de toujours![]() ![]() Collectif Flammarion Jeunesse 20 €, 232×283 mm, 125 pages, imprimé en Espagne, 2018. |
Il était une fable![]() ![]() Textes de Pascal Teulade, illustrés par Adrienne Barman La joie de Lire 22,90 €, 192×263 mm, 180 pages, imprimé en Chine, 2018. |
L’enlèvement du Prince Oléomargarine![]() ![]() Texte de Mark Twain et Philip Stead (traduit par Isabel Finkenstaedt), illustré par Erin Stead Kaléidoscope 19,90 €, 211×286 mm, 152 pages, imprimé en Chine, 2018. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



