Aujourd’hui, l’on suit deux petites héroïnes Sonia et Olivia dans leur découverte du monde grâce à deux superbes albums : Les trois poules de Sonia de Phebe Wahl et De l’autre côté du carrousel de Teresa Arroyo Corcobado.
Un jour le papa de Sonia rentre chez lui avec une surprise pour sa fille : trois petits poussins. Un superbe cadeau ! Mais en contrepartie, la petite fille doit s’en occuper. Cette dernière prend son rôle de « maman poule » très à cœur, tous les matins elle se lève aux aurores, nourrit et donne à boire à ses poules et récupère les premiers œufs. Oui mais voilà, une nuit, Sonia entend des bruits bizarres provenant du poulailler, ni une ni deux, la petite fille court voir ce qui se passe… et surprise, une poule a disparu, enlevé par un renard, à la place, ne reste qu’un tas de plumes…
Les trois poules de Sonia est un formidable album qui nous parle de responsabilisation des plus petits et de leur découverte du monde. A travers son nouveau travail de « maman poule » Sonia va devoir être rigoureuse et méthodique car des animaux dépendent d’elle. Elle en prend d’ailleurs grand soin et s’attache très vite à ces boules de plumes, ce qui explique
son immense chagrin le jour où l’une d’entre elles se fait croquer par un renard. Cet épisode tragique, lui permet d’appréhender le monde d’une nouvelle manière : ce n’est pas par méchanceté que le renard a volé la poule, mais par nécessité. Cette histoire toute simple est absolument formidable et merveilleusement mise en couleur et lumière par les illustrations de Phoebe Wahl. L’autrice-illustratrice nous plonge dans une ambiance rassurante, une bulle colorée proche de la nature, où il fait bon vivre. Le mélange de collages, aquarelles et tissus est particulièrement réussi, et l’on se rêve en Sonia, petite fille pleine de vie et curieuse de tout !
Un album coup de cœur, formidable d’intelligence et de poésie !
Olivia a peur des monstres, des tempêtes, des insectes, du brouillard…. Sa maman des voleurs, son papa de perdre son travail, son frère de son prof de math et sa grand-mère de tomber dans les escaliers, ce qui explique le scepticisme de la petite fille quand toute sa famille lui intime de ne « pas avoir peur… ». Mais ce qu’Olivia adore par-dessus-tout, c’est la fête foraine, et justement, ce week-end son papa et sa maman l’accompagnent ! La petite fille se régale et rêve de faire du carrousel et de monter sur l’avion… Mais arrivera-t-elle à surmonter sa peur ?
Avec De l’autre côté du carrousel, Teresa Arroyo Corcobado nous propose un album intelligent sur le dépassement de soi et de ses peurs… Car notre petite Olivia prend son courage à deux mains et grimpe finalement sur l’avion du carrousel [attention, SPOILER]. Ce dernier l’embarque loin, vers des pays fictifs ou réels, dignes des mille et une nuits, vers des oasis, des montages et des déserts… A travers l’histoire de cette petite fille et de ses peurs, l’autrice nous propose une réflexion intéressante sur l’inquiétude et les manières de le vaincre. Les
moments d’angoisse d’Olivia sont particulièrement bien mis en évidence : par exemple, le moment où, terrorisée par la foule de la fête foraine, l’héroïne a peur de perdre ses parents [cette scène est vue à hauteur d’enfant, l’on ne voit donc que des jambes autour de la petite fille]. Après le pic de « stress », l’apaisement apparaît lorsqu’Olivia part loin, vers des paysages exotiques, dans son avion. Les illustrations de Teresa Arroyo Corcobado sont lumineuses, vives et colorées. L’on passe du temps à décortiquer ces grandes planches de couleurs [notamment les planches finales ou l’héroïne traverse des paysages superbes].
Un magnifique album, subtil et onirique sur le dépassement de soi et de ses craintes !
Les trois poules de Sonia![]() ![]() de Phoebe Wahl (traduit par Ilona Mayer) Les éditions des éléphants 14€, 210×262 mm, 40 pages, imprimé en France, 2018. |
De l’autre côté du carrousel![]() ![]() de Teresa Arroyo Corcobado Versant Sud 14,90€, 225×285 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


