Aujourd’hui, on plonge au cœur de l’hiver, avec deux albums émouvants et tendres, La danse d’hiver de Marion Dane Bauer et Richard Jones et La lanterne de tonton de Wang Yage et Zhu Chengliang.
L’automne touche à sa fin, les premiers flocons commencent à tomber, et au beau milieu de la forêt un petit renard roux se demande comment il va pouvoir passer l’hiver… Pour trouver des idées, il se rend auprès de ses ami·e·s à plume et à poil. La chenille laineuse lui conseille de s’envelopper dans une chrysalide et de se réveiller en papillon au printemps… « Mais impossible ! » rétorque le renard, puisque je ne sais pas voler. L’écureuil lui propose de cacher des glands, les oies de s’envoler vers des territoires plus chauds, l’ours d’hiberner… Mais à chaque fois, le renard est forcé de constater que ces solutions ne lui conviennent pas… Que faire alors ?
Quel bel album que La danse d’hiver ! Marion Dane Bauer nous propose une histoire pleine de tendresse et de fantaisie. On suit avec plaisir ce petit renard qui se pose mille et une questions et tente de trouver dans l’automne finissant, un compagnon avec qui passer l’hiver ! L’album est à mi-chemin entre le conte et la comptine, avec une formule archi connue
(mais qui marche très bien ici !) : à chaque page, le renard rencontre un·e nouvel·le habitant·e de la forêt (un lapin, un écureuil, un ours…) qui lui expose sa solution hivernale, et à chaque fois, le renard rétorque que cela ne lui convient pas pour différents motifs… Jusqu’au moment où il croise un congénère qui lui propose de passer l’hiver avec lui… en dansant sur la neige ! Cette très jolie histoire est portée par de superbes illustrations. Richard Jones nous plonge dans un univers onirique et doux. Si l’hiver arrive, ce sont néanmoins les couleurs chaudes qui dominent. À chaque page, et en compagnie du renard, on découvre l’environnement d’un·e habitant·e. Cette forêt qui s’offre à nous est résolument accueillante et pleine de vie, et séduira sans aucun doute les plus jeunes !
Un magnifique album, simple et poétique ! Un coup de cœur !
Aujourd’hui Zaodi est tout excitée, son oncle est ENFIN arrivé avec le cadeau qu’elle attend avec impatience depuis quelques jours : une lanterne multicolore. En effet, nous sommes au cœur de l’hiver, quelques jours après le Nouvel An, et comme le veut la coutume en Chine, les oncles doivent offrir à leurs neveux et nièces une lanterne. Munie de son précieux cadeau, Zaodi court rejoindre ses amies pour profiter des fêtes…
La lanterne de tonton est un très bel objet, à mi-chemin entre le conte ethnographique (on découvre ici une tradition chinoise) et la chronique quotidienne. Wang Yage nous raconte ici l’histoire de Zaodi, une petite fille qui vit dans un petit village, et qui attend la venue de son oncle pour jouer avec sa lanterne et ses amies. Au fil des pages, on plonge au cœur de la vie de la petite fille, on partage ses jeux, ses joies, mais aussi ses peines (lorsque les garçons du village décident d’embêter les petites filles). Tout est vu à hauteur
d’enfant pour notre plus grand plaisir. L’album est une sorte de bulle enchantée, il nous décrit ce moment hors du temps, en Chine, après le Nouvel An, où les familles se réunissent, dans la joie et la bonne humeur. Cette belle histoire est rehaussée par les illustrations de Zhu Chengliang. Les couleurs sont chaudes et éclatantes (entre les vêtements des enfants, les lanternes multicolores et les feux d’artifice qui éclatent dans tous les sens), chaque page est foisonnante de détails et de vie. On sort de cet album comme Zaodi, enchanté par ce moment de grâce, et en espérant qu’il revienne !
Un très bel album sur une tradition chinoise ancestrale, onirique et poétique !
La danse d’hiver ![]() ![]() Texte de Marion Dane Bauer (traduit par Ramona Badescu), illustré par Richard Jones Albin Michel Jeunesse 10,50 €, 210×261 mm, 32 pages, imprimé en France, 2019. |
La lanterne de Tonton![]() ![]() Texte de Wang Yage (traduit par Chung-Liang Yeh) illustré par Zhu Chengliang HongFei 14,90 €, 241×235 mm, 38 pages, imprimé en République tchèque chez un imprimeur éco-responsable, 2019. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


