Deux très beaux albums aujourd’hui, deux albums pas si simples à raconter… Mais je vais j’espère vous donner tout de même envie de les découvrir.
Choisir ce qu’on mettra dans sa valise, prendre la voiture pour un long trajet, pencher la tête à la fenêtre pour être le·la premier·ère à apercevoir la tête des grands-parents qui nous attendent, courir les saluer pendant que les parents sortent les valises, regarder les photos aux murs pendant que les adultes se retrouvent, et puis regarder dehors, sortir, parcourir les chemins, découvrir un ponton que l’on ne connaissait pas, le rejoindre et plonger dans l’eau… Toutes ces choses, et tant d’autres encore, qui seront bientôt les souvenirs d’un été.
L’été dernier est une petite merveille. Album quasiment sans texte (on trouve juste, en fin d’album, quelques lignes signées de l’autrice) qui nous fait revivre les souvenirs d’une petite fille. Chaque double page semble être un cliché de ses vacances au bord d’un lac. Les planches sont somptueuses, on s’arrête sur chacune et chaque fois on ressent de l’émotion. Le grand format de l’album permet de plonger totalement dans les illustrations, on en ressort très ému·es. Magnifique.
Tout commence par une île. Une île où l’on naît, une île où l’on grandit. Il n’y a d’abord pas grand-chose, mais on n’a pas besoin de plus. Puis l’île s’agrandit, notre monde devient plus dense, plus riche et parfois plus effrayant. Mais il faut apprendre à vivre avec les nouvelles données, à se défendre, à partager. Parfois, l’île est traversée par des tempêtes, parfois il n’y a pas le moindre nuage au-dessus de nos têtes. Et jusqu’au bout, ça restera notre île.
Sorti dans la collection La question (une collection d’albums philo) aux éditions Frimousse, Il était une île est un album étonnant, aussi beau qu’intrigant. Le genre d’album qui ne peut pas laisser indifférent·e, le genre d’album où il faut accepter de réfléchir et surtout de ne pas tout comprendre. Bien entendu l’île c’est nous, c’est la vie (on le comprend dès les premières planches grâce au magnifique travail d’illustration de Kris Di Giacomo), mais on pourra réfléchir avec les enfants à ce que sont ces tempêtes, ou à ce que signifie la dernière planche où l’on voit un enfant enfouissant (ou déterrant) l’île dans du sable. J’aime ces albums qui nous amènent à réfléchir, à chercher des clefs, qui permettent d’échanger. Il était une île en fait partie.
L’été dernier![]() ![]() de Jihyun Kim (traducteur·rice non crédité·e) Seuil Jeunesse 15 €, 260×360 mm, 52 pages, imprimé en Slovénie chez un imprimeur écoresponsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Il était une île![]() ![]() Texte de Michaël Escoffier, illustré par Kris Di Giacomo Frimousse, dans la collection La question 22 €, 248×318 mm, 32 pages, imprimé en Slovénie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




