Aujourd’hui, je vous propose de découvrir, à travers un album et un roman, deux destins de femmes hors du commun, libres, fortes et inspirantes.
Après avoir fui l’Afrique, Sumeya, 5 ans, et sa mère se sont réfugiées à Paris, et ont été accueillies dans le palais de Blanche. La fillette comprend vite que ce grand et bel endroit est un refuge pour un grand nombre de femmes isolées, mais elle aimerait en savoir plus. Elle demande donc à Selma, la dame de l’accueil, de lui conter l’histoire de cette bâtisse. Elle découvre alors que le lieu a été voulu par une jeune femme prénommée Blanche, qui a toujours eu à cœur d’aider les plus démunis, et qui s’est efforcée de le faire toute sa vie, avec son mari, à travers une organisation, appelée l’Armée du Salut.
Après avoir publié en littérature générale le roman Les victorieuses en 2019, Laetitia Colombani propose cette année une version album de son histoire, illustrée par Clémence Pollet ; comme elle l’avait fait pour son livre à succès La tresse. Dans l’album, l’autrice retrace l’histoire d’un lieu, le palais de la femme, mais aussi et surtout, elle fait le portrait d’une femme, Blanche Peyron. On pourrait dire de Blanche, qu’elle était une personne de caractère. Refusant le carcan imposé aux femmes de son époque, elle dicta ses volontés et mena ses projets à bien : se rendre utile, travailler, aider les autres. Elle réussit à le faire toute sa vie, sans ménager sa peine, relevant les défis les plus utopiques. C’est donc là le parcours d’une femme au grand cœur qui nous est conté, l’un de ces destins exemplaires oubliés par l’Histoire. Le livre ne tombe pas dans le misérabilisme ni le pathos ; bien au contraire, c’est la joie de vivre de Blanche, et l’espoir qui sont mis en avant. Clémence Pollet, l’illustratrice, retranscrit très bien ce dynamisme et cette gaieté avec des couleurs intenses, dont ce rose fluo très présent. Elle nous montre également comment cette femme savait occuper l’espace, la représentant toujours les bras ouverts tournés vers l’avenir. Bien que relatant des faits historiques et jouant sur deux temporalités (passé/présent), le récit, par sa construction et le lexique employé, est accessible aux enfants dès 6 ans. Comme la petite Sumeya à la fin de l’histoire, le lecteur ou la lectrice sera touché·e par ce récit, qui l’amènera, probablement, à réfléchir aux valeurs de solidarité et d’entraide.
Les victorieuses est un album touchant à faire découvrir aux enfants, et qui donne envie à l’adulte qui le lit de se plonger dans le roman.
Hiver 1928. Elisabeth Robinson, dite Betty, est lycéenne. Elle habite dans un quartier de Riverdale, dans la banlieue sud de Chicago. Chaque jour, elle prend le train pour se rendre à son école, et en revenir. Ce soir-là, lorsqu’elle arrive en gare, le train vient de partir. Sans hésitation, elle court pour essayer de le rattraper, et saute dedans. À ce moment précis, depuis le wagon, quelqu’un l’observe : Mr Price, son professeur de sciences, et entraîneur de l’équipe masculine d’athlétisme de son lycée. Impressionné par ce qu’il vient de voir, il lui propose de rejoindre l’équipe. Betty ne le sait pas encore, mais cette course après le train, et cet homme, vont changer sa vie. Rapidement, et cela malgré les préjugés, elle va progresser, participer à des courses officielles, jusqu’à se qualifier pour les Jeux olympiques. Et ce n’est que le début de son incroyable histoire !
Connaissiez-vous Betty Robinson, avant de lire ce résumé du livre de Philippe Nessmann ? Je suis persuadée que non. Elle fait partie de ses nombreuses pionnières, femmes aux destins incroyables, sportives de haut niveau (etc.) dont l’Histoire a oublié de retenir le nom. Heureusement, depuis quelque temps, auteurs ou autrices et maisons d’édition (entre autres) s’emparent des histoires de ces femmes. Grand bien nous fasse ! Elles sont des exemples pour nos filles en devenir. Betty est ce que l’on appelle une battante. Et elle ne se bat pas seulement contre le chronomètre. À chaque moment de sa vie, il lui faudra trouver la force de surmonter les obstacles : elle ignorera ceux qui pensent que les filles ne doivent pas courir, elle défendra l’idée que les filles puissent participer aux épreuves d’athlétisme aux JO, elle devra vaincre des ennuis de santé et des problèmes financiers… Mais chaque fois, elle fera le choix d’aller de l’avant. Cette femme m’a bluffé, et le portrait qu’en fait Philippe Nessmann, également.
Les victorieuses ou le palais de Blanche![]() Texte de Laëtitia Colombani, illustré par Clémence Pollet Grasset jeunesse 14,90 €, 231×287 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Une fille en or![]() de Philippe Nessmann Flammarion jeunesse 13,90 €, 136×210 mm, 317 pages, imprimé en Espagne, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.


