Aujourd’hui, on fait la connaissance de deux héroïnes originales pleines d’imagination avec le Gratin d’Hippopotame de Reza Dalvand et L’hiver d’Isabelle de Jeanne Macaigne !
C’est l’histoire d’une petite fille qui refuse de manger son plat de pâtes « Moi j’aime pas les spaghettis et jamais de la vie j’en mangerai ! » s’insurge-t-elle ! Face à ce refus catégorique, sa maman s’étonne, car ce ne sont pas des spaghettis qui sont dans l’assiette mais bien un « plat de girafe ! ». Au contact de cette maman pleine de ressources, les pâtes se transforment : les spaghettis prennent la forme d’une girafe tandis que la sauce et les champignons représentent les tâches de l’animal…
Gratin d’Hippopotame est un magnifique album, plein d’humour et de poésie ! Reza Dalvand nous conte l’histoire d’une petite fille qui refuse de manger ce qu’il y a dans son assiette, sous prétexte « qu’elle n’aime pas ». Et en effet, l’héroïne n’aime pas grand-chose : ni les spaghettis ni la salade que lui propose sa maman ! Le repas pourrait se transformer en catastrophe, mais c’est sans compter sur l’imagination de sa mère qui transforme un dîner ordinaire en véritable fête ! Les aliments prennent de drôles de formes : une girafe, une tortue… qui poussent la petite fille à manger toute son assiette ! Reza Dalvand nous invite à faire de notre quotidien un amusement permanent, à aller au-delà des apparences ! Les illustrations sont de deux sortes : d’un côté l’on assiste à la scène du repas, tandis que les « animaux aliments » apparaissent en gros plan, pour le plus grand plaisir des lecteurs et lectrices ! Ce petit album permettra aux enfants de comprendre que dans tous les moments de la journée, même ceux qui leur paraissent les plus pénibles il est possible d’en rire et de les transformer pour qu’ils paraissent plus amusants !
Un très joli album sur l’importance de l’imagination et de faire de son quotidien une aventure !
Isabelle vit dans une maison en haut d’une colline… Personne ne sait pourquoi, mais l’hiver s’est installé là. Isabelle a froid, Isabelle est triste, ses souvenirs et ses rêves l’ont quittée il y a bien longtemps. Tout lui parait vide, jusqu’au jour où une petite fée fait irruption dans la maison. Une petite fée qui va obliger Isabelle à faire face à son passé, à se plonger dans ses rêves et ses souvenirs, les plus gais comme les plus terribles pour la forcer à avancer et à quitter l’hiver…
C’est un bel album que nous propose Jeanne Macaigne avec l’Hiver d’Isabelle. Vous l’aurez compris, notre héroïne n’a plus gout à la vie, plus rien ne la fait frémir, vibrer. Plus rien ne l’amuse. C’est l’arrivée de cette drôle de petite fée qui va la forcer à retourner dans son passé. Ce voyage initiatique et intérieur permettra à l’héroïne de revenir sur des souvenirs joyeux de son enfance, mais également de se rappeler ses rêves (car sans rêves, que sommes-nous ?!) et surtout de faire face à un souvenir dramatique qui l’a plongée dans cet état… Les très belles illustrations suivent ce cheminement : les
couleurs froides du début laissent place à une explosion de couleurs à mesure qu’Isabelle replonge dans son passé et reprend goût à la vie. On l’accompagne dans un monde onirique et fantastique : ses souvenirs et ses rêves prennent l’apparence de créatures joyeuses et rassurantes qui la suivent partout et vont lui permettre d’affronter son souvenir le plus dur (à l’apparence quasi humaine). Le malheur d’Isabelle n’est pas clairement précisé (s’agit-il d’un deuil ? d’une rupture ?) et permettra aux enfants de s’identifier plus facilement. L’album est résolument optimiste : en effet, même si au début de l’ouvrage Isabelle est plongée dans un état de tristesse et d’abattement, l’autrice montre que rien n’est définitif : sa maison est emplie d’objets, de souvenirs qui ne cherchent qu’une chose : qu’on les réveille !
Un bel album optimiste et poétique qui nous parle de la période de deuil quelle qu’elle soit !
Gratin d’Hippopotame![]() ![]() de Reza Dalvand Le diplodocus 12,90 €, 220×190 mm, 28 pages, imprimé en France, 2018. |
L’hiver d’Isabelle![]() ![]() de Jeanne Macaigne Éditions MeMo 16 €, 215×280 mm, 60 pages, imprimé en France, 2018. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.




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