Aujourd’hui, je vous fais découvrir trois albums très graphiques et poétiques. On commence avec 1 temps, une jolie fable sur le temps qui passe, puis on part pour la banquise avec Inukshuk, un inuit qui va devenir le compagnon d’un ours blanc rieur et on termine avec Balad, pour aller faire le tour du monde.
Un enfant laisse tomber un caillou dans l’étang et se demande qui était là en premier, l’étang ou le caillou ? Combien de secondes s’écoulent pendant la chute de cette toute petite pierre ? Est-ce que la durée des choses est la même pour le papillon et pour l’escargot ? Le temps est une « merveilleuse énigme qui ne se laisse pas déchiffrer si facilement.
1 temps nous invite avec beaucoup de poésie à nous questionner sur le déroulement du temps. À la première lecture, le rythme paraît plutôt contemplatif. Le personnage laisse tomber le caillou, l’escargot avance doucement… mais à y regarder de plus près, le temps accélère à chaque
double page. En arrière-plan, derrière l’étang, les saisons passent et la ville s’agrandit. Le texte est entre la poésie et la philosophie. Il questionne le lecteur ou la lectrice sur son rapport au temps qui passe, tout en douceur, du début jusqu’à la toute fin de l’album, puisque la chute intervient dans les pages de gardes. Les illustrations sont riches de détails et impliquent donc qu’on s’y penche longuement. On se retrouve alors presque comme cet enfant qui laisse encore et toujours tomber ce caillou, dans une posture contemplative.
Un album doux et philosophique à lire et à relire.
Inukshuk marche seul sur la banquise, dans le noir. Le soleil se lève et un igloo apparaît, quelle chance ! Mais à y regarder de plus près… cet igloo est un ours blanc ! D’abord terrifié, le petit inuit s’enfuit, poursuivit par ce gros mammifère qui lui, est juste un sacré farceur. Une fois Inukshuk rassuré, lui et l’ours deviennent amis et vont pêcher ensemble…
L’univers graphique de cet album est merveilleux ! Ici, la poésie est surtout dans les images parfois très géométriques, parfois inquiétantes, mais toujours très esthétiques. En plus de réjouir nos yeux, ce livre nous transporte sur la banquise et j’avoue avoir eu quelques frissons
à la lecture. Ce voyage dans les grands froids est aussi une belle histoire d’amitié tellement fusionnelle que même graphiquement, les deux personnages font partie l’un de l’autre. Lorsqu’ils dorment tous les deux sur la banquise, impossible de savoir où commence l’un et où termine l’autre tant ils sont parfaitement emboîtés. Petite surprise dans cet album, vers la fin, il y a une double page que la lectrice ou le lecteur sont encouragé•e•s à colorier ! On peut ne pas oser le faire ici, mais c’est une jolie expérience qui invite à participer à la création du livre.
Un album superbe à lire bien au chaud !
L’histoire commence par un départ pour un voyage qui ne s’arrête jamais. La découverte de chaque ville est accompagnée par les parfums, les chants, les bruits… puis on repart en train, en bateau, jusqu’à une autre terre inconnue.
Quel magnifique objet ! La fabrication, les illustrations, le texte… tout rend cet album merveilleusement beau et poétique. Ce récit de voyageur•euse se lit dans le sens de lecture traditionnel arabe, c’est-à-dire que le début de l’histoire commence là où termine normalement le livre européen. Partez à la découverte du monde au fil des pages et amusez-vous à reconnaître les différentes villes (Tétouan, Athènes, Clermont-Ferrand…)
grâce aux petits indices laissés ici et là dans ces illustrations un peu folles et, elles aussi, pleines de détails. Le texte se rapproche d’une poésie en prose qui nous embarque, parfois avec délicatesse, parfois avec plus de violence, pour faire un petit tour du bassin méditerranéen.
Une invitation poétique à voyager en lisant.
1 temps![]() ![]() Texte d’Henri Meunier, illustré par Aurore Petit Le Rouergue 14,50 €, 190 x 250 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2018. |
Inukshuk![]() ![]() de Camillelvis Éditions Dyozol dans la collection Terratata 13,90 €, 240 x 240 mm, 36 pages, imprimé en République tchèque, 2017. |
Balad, voyage sans bagage![]() ![]() de Walid Taher (traduit par Mathilde Chèvre) Le port a jauni 18 €, 240 x 320 mm, 64 pages, imprimé en France, 2017. |
Aime le papier bulles et les dinosaures.


