Les conseils de lecture du jour sont deux petites histoires d’enfants qui grandissent et qui trouvent des clés pour apprivoiser leur courage.
Il existe une école pour les mini-garous, le saviez-vous ? C’est une école dans un bois si sombre que ni la lumière du jour ni celle de la lune n’y pénètre jamais. De sorte que les petit·e·s élèves (de « vrai·e·s » enfants qui ont été mordu·e·s), peuvent apprendre à gérer parfaitement leur transformation avant de repartir dans le « vrai » monde… Dans la classe, comme dans toutes les classes, il y a toutes sortes d’élèves. Des fortes têtes, et puis des timides. Les trois élèves les plus effacé·e·s, Franz, Pavel et Béa, qui ne se transforment qu’en petits animaux mignons et inoffensifs, se font toujours embêter par les fortes têtes. À la suite d’une nouvelle provocation, ils et elle vont décider d’aller espionner leur professeur, un énorme et impressionnant loup-garou qui, lui, ne reprend jamais forme humaine. Que cache-t-il comme secret ? Les trois apprenti·e·s garous sont bien décidé·e·s à prouver qu’ils et elle ont autant de courage que les autres élèves.
Voilà un petit roman idéal en première lecture. On y trouve juste ce qu’il faut de frisson, d’humour et de suspens, le tout sur fond de quête de confiance en soi. Nos trois mini-garous, qui au départ ont bien du mal à réussir les exercices d’entrainement et de transformation demandés, se révèlent au fil de l’histoire. Chacun·e à leur tour, les élèves feront appel à des talents cachés qui révéleront leurs qualités. Des illustrations rigolotes et espiègles, un texte rythmé et court qui permet une lecture valorisante pour les plus jeunes.
Une première lecture joliment illustrée, idéale pour frissonner, trembler et rire, comme les grand·e·s.
C’est l’anniversaire d’Akita. Pour ses sept ans, sa maman lui a fabriqué une belle robe avec des perles de glace et a confectionné des crêpes. Mais son grand-frère la provoque tant qu’elle se met en colère, une colère qu’elle ne peut contenir : Akita vient de faire « une grizzly ». C’est le nom que sa famille donne à ses moments de colère incontrôlable. Cette fois, c’est sûr, Akita sait qu’elle n’aura pas le droit de conduire le traineau comme son frère à son âge. Comment peut-elle grandir si elle n’arrive pas à se maîtriser ? Ses parents l’accompagnent chez la glooglooka, une sorcière qui vit dans une grotte, et qui va très certainement la punir à cause des grizzlys… Mais une fois sur place, Akita va découvrir qu’elle n’est peut-être pas la seule à vivre ces moments, et surtout, qu’il y a sans doute une solution pour les apprivoiser.
Tous les enfants connaissent des moments « grizzlys ». Et en grandissant, on leur demande d’apprendre à les maîtriser, même s’il n’est pas toujours facile de savoir comment. Pour Akita, c’est avec une bonne dose de patience et grâce à la bienveillance de la sorcière (qui est plutôt une vieille sage qu’une sorcière !) que l’apprentissage se fera. L’histoire est pleine de petites métaphores pour exprimer ce qui peut parfois gâcher un moment dans la journée sans que l’on sache toujours pourquoi. La trouvaille de « faire une grizzly » est astucieuse et parlante, et le fait d’ancrer l’histoire dans une forme de conte nordique permet de mettre la distance nécessaire pour les enfants. Les dessins de Gaya Wisniewski sont magnifiques, pleins de tendresse et de magie.
Un roman aux allures de conte nordique pour parler de ces émotions brutes difficiles à maîtriser, ici astucieusement et joliment baptisées des « grizzlys ».
L’École des mini-garous, tome 1![]() Texte de Julien Hervieux, illustré par Juliette Lagrange Poulpe Fictions dans la collection Mini-Poulpe 6,50 €, 140×190 mm, 48 pages, imprimé en France, 2019. |
Akita et les grizzlys![]() Texte de Caroline Solé, illustré par Gaya Wisniewski L’école des loisirs dans la collection Mouche 8 €, 120×190 mm, 82 pages, imprimé en France, 2019. |

« Un instant, un seul, lui fait déserter son corps : le temps des livres. Le corps de l’enfant qui lit n’est plus qu’un tas de vêtements qu’il a jetés n’importe où. Le livre est ouvert sur la moquette. Les vêtements glissent du lit ou font les pieds au mur. Il est en train de lire. […] Il n’y a plus personne dans la chambre. L’enfant est très loin de là, dans un corps plus ample, au milieu des vagues, loin de nous. » Timothée de Fombelle, Neverland.

