Aujourd’hui, je vous propose deux albums qui nous content les mésaventures de jeunes filles rêveuses et audacieuses, deux récits émancipateurs : La belle échappée de Maylis Daufresne et Magali Dulain et Louise ou l’enfance de Bigoudi de Delphine Perret et Sébastien Mourrain… Bonne lecture !
À l’orée d’un bois se tient une maison digne d’un conte de fées qu’habite une famille. Et dans cette famille, je demande la fille ! Une enfant rêveuse et pleine de vie, qui, le soir venu rêvasse à la fenêtre en regardant la forêt qui s’offre à elle… Mais un jour, son quotidien est chamboulé. Alors qu’elle regarde les arbres, un petit chat, rencontré l’après-midi même, s’émeut de son sort et décide de convoquer un « conseil des animaux de la forêt » pour permettre à la petite Alice de les rejoindre… C’est le début d’une aventure fabuleuse et d’une belle amitié.
Avec La belle échappée, Maylis Daufresne nous offre une histoire poétique et subtile, tout en douceur. La petite Alice va vivre une nuit incroyable en forêt (aidée par les animaux qui l’aide à fuguer pour qu’elle puisse les rejoindre) accompagnée du petit chat. Mais ce dernier va également vivre une expérience hors du commun, puisque le lendemain matin, Alice réussi à convaincre sa mère de garder l’animal chez elle. L’album est construit sur un mimétisme touchant et tendre. L’autrice nous plonge dans un monde lumineux où les situations surnaturelles côtoient un quotidien banal (mais toujours plaisant).
C’est ce contraste ainsi que l’originalité des scènes qui séduiront le lecteur et la lectrice. Les illustrations de Magali Dulain renforcent le côté solaire de l’album. L’illustratrice nous dépeint un monde riche en détail coloré, la forêt s’offre luxuriante page après page, l’intérieur de la maison d’Alice s’avère rassurant et festif. On sort de cet album avec l’envie de partir se réfugier à proximité d’un bois… Qui sait ? Peut-être aurons-nous la chance de croiser un chaton…
Louise est une petite fille joyeuse et optimiste… En même temps, elle a une enfance de rêve ! Elle vit dans une maison en pleine campagne où elle peut courir, danser et s’évader et surtout admirer le ciel à perte de vue ! Mais tout ce bonheur a une fin… Un jour, ses parents décident de déménager en ville. Fini les balades, les courses dans les champs et bonjour la grisaille. Louise se montre butée et triste. Jusqu’au jour où elle croise Ella, une petite fille combattive qui va lui permettre de revoir la vie en rose !
En 2014, Delphine Perret et Sébastien Mourrain nous présentaient Bigoudi, une vieille femme new-yorkaise devant surmonter le deuil de son chien chéri Alphonse. En 2020, ils reviennent sur la jeunesse de ce personnage drôle et pétillant. Bigoudi (appelons-la désormais Louise) est une petite fille pleine d’entrain qui se retrouve contrainte de déménager et a bien du mal à s’adapter à son nouvel environnement : New York, jusqu’à sa rencontre avec Ella (une jeune afro-américaine qui va lui faire découvrir les bigoudis !). On suit avec plaisir et rire les pérégrinations de Louise, tour à tour boudeuse et colérique — qui refuse de sortir de son carton dans les premières semaines de son emménagement — mais qui va se dégriser au contact de sa nouvelle amie. C’est une ode à la vie et aux plaisirs du quotidien qui nous sont conté·es dans ce joli album. Alors que New York s’offrait à Louise sous ses pires travers, tout est « trop petit, trop beige, trop carré » celle-ci se découvre petit à petit, révélant des aspects bien plus doux et séduisants : des promenades le long des boulevards, le cinéma, la musique,
les musées, les glaces… C’est inventif et poétique. L’écriture drôle et touchante de Delphine Perret est accompagnée des illustrations de Sébastien Mourrain. Son trait acéré et fin suit les émotions contradictoires et intenses de la petite Louise. Il dépeint tour à tour la Grosse Pomme comme une ville grise et sans charme puis comme un parc de jeu grandeur nature pour les enfants. On referme l’album, content·e d’avoir fait la rencontre de la petit Bigoudi et du secret de son surnom !
La belle échappée ![]() ![]() Texte de Maylis Daufresne, illustré par Magali Dulain Le Diplodocus 13,50 €, 200×250 mm, 32 pages, imprimé en France, 2020. |
Louise ou l’enfance de Bigoudi![]() ![]() Texte de Delphine Perret, illustré par Sébastien Mourrain Les fourmis rouges 14,50 €, 179×246 mm, 35 pages, imprimé en France, 2020. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


