Aujourd’hui on embarque vers deux mondes effrayants chacun à leur façon : le premier, celui de la téléréalité, est fait de mensonge et de manipulation, tandis que le second est peuplé de créatures maléfiques. Frissons garantis !
Elles sont belles, elles sont grandes, elles ont seize ans, elles sont six : ce sont les candidates sélectionnées par la production de la célèbre émission de téléréalité La plus belle de toutes. Pendant une semaine, les jeunes filles vont devoir s’affronter devant la caméra pour remporter le titre, savamment mises en scène par une production impitoyable qui a tout intérêt à les voir s’entredéchirer pour faire monter l’audimat. Pour les organisateurs tout semble bien rôdé, habilement préparé pour manipuler à loisir l’image et le comportement des candidates. Mais ces dernières, pas aussi dupes qu’on pourrait le croire, vont décider de s’unir et de mettre à mal cette grande machination…
La plus belle de toutes nous dévoile l’envers du décor grâce à un système de narration assez particulier : de courts chapitres se succèdent, avec à chaque fois un changement de narrateur ou de narratrice. De page en page s’enchaînent ainsi les voix des différentes candidates, du présentateur (une version plus vraie que nature – et assez terrifiante – de Cyril Hanouna), des membres de l’équipe de l’émission… Peu à peu les rouages du système se dévoilent : tout est savamment calculé, réfléchi, afin de voir les adolescentes entrer en conflit. Face à ce système implacable, les seuls moyens de lutte à disposition des candidates vont être de montrer l’opposé de ce que l’on attend d’elles : de l’honnêteté et une forme d’union. Si l’alternance des points de vue est efficace et l’effet de style très réussi, j’ai un peu peiné à m’attacher aux personnages, car on passe finalement assez peu de temps à leurs côtés. Malgré cette petite réserve, La plus belle de toutes est une lecture qui vaut indéniablement le détour, et l’ensemble, assez terrifiant de cynisme, est vraiment bien vu.
Un roman sacrément original qui ne manque pas de faire réfléchir !
Dans la petite ville d’Addison, dans l’état de New York, a eu lieu une étrange catastrophe qui a transformé les habitants en morts-vivants et altéré la réalité. Depuis trois ans, la ville est totalement fermée, et personne n’ose s’y aventurer à l’exception d’Addie, une adolescente qui a perdu ses parents dans l’évènement et tente tant bien que mal d’élever seule sa petite sœur. Habitant à deux pas de la no-go zone, elle déjoue fréquemment la surveillance des soldats qui en gardent l’entrée pour y prendre des photos qu’elle revend à de mystérieux collectionneurs. Objets flottant dans les airs, humains transformés en zombies, créatures de cauchemar… Malgré le danger, Addie s’efforce de suivre un code de survie bien rodé pour se sortir vivante de ce monde infernal. Jusqu’au jour où on lui propose une mission un peu particulière, avec à la clé une énorme somme d’argent… mais aussi d’énormes risques à prendre.
Premier opus d’une série en deux tomes, cette bande dessinée nous plonge dans un monde cauchemardesque, énigmatique et vraiment terrifiant. Si les illustrations assez déroutantes et le début de l’histoire, plutôt obscur, m’ont laissée un peu sceptique, Spill zone a finalement réussi à m’emporter et à me faire attendre la suite avec impatience. Peu à peu, l’intrigue s’étoffe, les personnages se dévoilent et se révèlent étonnamment attachants. L’univers et les créatures qui le peuplent sont particulièrement originaux, et nous font aller de surprise en surprise à mesure que le mystère s’épaissit. Une belle découverte à réserver aux plus grand·e·s, car l’ensemble, malgré les couleurs vives qui recouvrent les pages, est tout de même très, très sombre !
Un premier opus captivant et très prometteur !
La plus belle de toutes![]() de Rachel Corenblit Le Rouergue 12,90 €, 140×205 mm, 192 pages, lieu d’impression non indiqué, 2018. |
Spill zone, tome 1![]() Scénario de Scott Westerfield (traducteur·trice non crédité·e), dessins d’Alex Puvilland Rue de Sèvres 16 €, 188×255 mm, 211 pages, imprimé en France, 2018. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


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