Aujourd’hui, c’est une ballade avec un animal de compagnie un peu particulier que je vous propose… Eh oui, il ne s’agit de rien de moins que de… dragons !
Bernard est le plus fort, le plus puissant de tous les dragons. Évidemment, les chevaliers du royaume n’ont qu’une idée en tête : le vaincre ! Mais il crache de telles flammes que tous ceux qui tentent de se mesurer à lui finissent carbonisés. Mais voilà qu’un jour, alors qu’il se fait une fois de plus attaquer par un chevalier inconscient du danger, Bernard crache non pas une gigantesque flamme mais une armoire. Une grosse armoire en bois. Nouvelle tentative de Bernard, sidéré. Cette fois, c’est un vase qu’il crache, puis un réveil, un portemanteau, une gomme. Bref, n’importe quoi. Dépité, Bernard se demande s’il ne s’est pas fait ensorceler. Et c’est alors qu’il croise la route d’une fée. Une fée à qui il est arrivé un bien grand malheur : de sa baguette magique sort… n’importe quoi. Un canard en plastique, un saxophone, etc. Quel peut bien être ce mystère ? Le seul point commun entre Bernard et la fée, c’est qu’ils ont mangé à midi de la menthe. Or que voient-ils au loin ? Un vilain ogre velu qui arrose la menthe du potager, un sourire mauvais en coin…
Tous les ingrédients du conte sont réunis dans cet album, mais on est bien loin des contes traditionnels ! Les lieux communs des contes sont détournés avec beaucoup de fantaisie. Ce n’est pas en prince charmant que la princesse transformera la grenouille grâce à son baiser mais en petit crabe. Le texte est plein d’humour et de rythme et joue avec bonheur sur les assonances.
Une chouette histoire de dragons, de chevaliers et même de princesse originale et farfelue.
Dragon de l’Est vivait à l’Est. À l’exact opposé vivait Dragon de l’Ouest. Et absolument tout les séparait. L’un habitait un palais, entouré de ses huit frères et sœurs et choyé par l’empereur, l’autre une grotte, solitaire ; l’un avait des écailles dorées, l’autre verte. Ils ne s’étaient jamais rencontrés, mais ils se méprisaient. Et avaient aussi un peu peur l’un de l’autre. Dragon de l’Ouest ne supportait plus les attaques incessantes des chevaliers alors qu’il faisait tranquillement la sieste. Il offrit donc au roi une carte au trésor. Et ce qui devait arriver arriva. Le roi, accompagné de ses chevaliers, partit en quête d’or, de royaumes à conquérir, d’aventures. Et il arriva de l’autre côté de la terre, chez l’empereur. Lorsqu’il vit Dragon de l’Est, il ordonna à ses chevaliers de l’attaquer. Ce que l’empereur prit très mal puisqu’il était le protecteur du dragon. Et il fit jeter en prison les malotrus. Dragon de l’Est ne pouvait pas laisser la chose se faire, et il commençait à s’ennuyer sans les attaques incessantes des chevaliers. Il décida de porter secours au roi. Et c’est ainsi qu’eut lieu la première rencontre entre les deux dragons…
Dragon de l’Est, Dragon de l’Ouest aborde sur un ton léger le thème des préjugés, de la peur de l’inconnu. Les deux dragons ont des caractères opposés et vivent dans des univers bien différents. La seule chose qui semble les réunir, c’est justement leur peur de l’autre, qu’ils ne connaissent pas. En se rencontrant, ils vont pouvoir voir, et expérimenter, tout ce qui les sépare mais aussi tous leurs points communs. Et découvrir qu’ils sont complémentaires !
Une très jolie histoire sur la naissance d’une amitié dragonne.
Il était une fois un tout petit poisson. Un jour qu’il nage dans la rivière, il rencontre un poisson d’or et un poisson d’argent. Intrigué, il voudrait bien voir d’un peu plus près les deux spécimens. Alors il saute pour s’approcher. Mais il saute si haut qu’il atterrit sur la rive, juste au moment où passent trois voleurs. Le premier attrape le poisson d’or, le deuxième le poisson d’argent, quant au troisième, il ne lui reste plus que le tout petit poisson. Qui ne servira pas à grand-chose puisqu’il est tout petit. Les trois voleurs décident alors de le manger. Mais le tout petit poisson, qui est sacrément malin, arrive à les convaincre de le jouer aux dés parce qu’il est vraiment petit pour remplir trois gros estomacs ! Les voleurs se chamaillent pour savoir qui va remporter le tout petit poisson. C’est ce moment-là que choisit un très gros dragon pour arriver.
Voilà une nouvelle version, très réussie, du conte de ruse à la manière du Vaillant Petit Tailleur : un tout petit qui incarne la malice et le courage réussit à vaincre la force et la méchanceté. Le texte est un régal à lire à haute voix ! Constitué de dialogues qui s’enchaînent, il met en scène des personnages types formidablement bien croqués (les trois voleurs sont un hommage aux trois brigands d’Ungerer). On retrouve ici l’univers graphique de Janik Coat, des formes simples et des couleurs franches, qui accompagne le texte à merveille.
Une très chouette fable qui nous rappelle que la taille ne fait rien à l’intelligence.
Le dragon qui crachait n’importe quoi![]() texte de Sylvain Zorzin, illustré par Brice Follet Éditions Père Fouettard 13 €, 230×230 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2016. |
Dragon de l’Est, Dragon de l’Ouest![]() ![]() texte de Robyn Eversole (traduit par Hélène Remaud), illustré par Scott Campbell Little Urban 10,50 €, 260×210 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2016. |
1 poisson, 3 voleurs, 1 dragon![]() texte de René Gouichoux, illustré par Janik Coat Nathan 10 €, 224×276 mm, 28 pages, imprimé en France, 2014. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


