Aujourd’hui on plonge dans deux univers burlesques et poétiques : direction le Far West dans un premier temps grâce à Peter Elliott et Kitty Crowther et puis l’on pose ses valises chez un frère et une sœur qui imaginent l’animal de compagnie idéal dans C’est un secret d’Hyunjoo Park…
Il était une fois un homme qui vivait dans le Far West avec son chien et son cheval rouge. Un matin, ce drôle de petit bonhomme décide de partir à la chasse accompagné de son fidèle destrier et de son compagnon à 4 pattes, Jonas. Avant de partir, il salue Jeff et Jim et s’éloigne dans l’espoir de trouver un bison… À son retour, il découvre qu’un individu prénommé Koko habite sa maison, car comme le dit le célèbre adage « qui va à la chasse perd sa place ! »
Quel drôle de petit album que ce Far West. Peter Elliott nous conte une histoire burlesque et étrange à partir de l’expression archi connue « qui va à la chasse perd sa place » (n’ayez crainte, la chasse n’est qu’un prétexte et aucun animal n’a été blessé pendant l’écriture de l’album… !) Far West s’apparente plus à une comptine, une ritournelle. De plus en plus de personnages s’ajoutent à l’histoire, certains se substituant à d’autres dès que l’un d’entre eux part à la chasse ! Le narrateur, au départ méfiant, s’habitue très vite à la présence de ce Koko
un peu envahissant (qui dort dans son lit avec son pyjama et ose même inviter son amoureuse au cinéma !) mais très sympathique. Par la suite, Koko est remplacé par Rosa, qui elle-même sera remplacée par Martin, qui lui-même sera remplacé par Patti, etc. Malgré tout, les personnages ne disparaissent pas et vivent tous ensemble sous le même toit ! On retrouve avec plaisir les illustrations fabuleuses de Kitty Crowther qui nous plonge dans un univers coloré et foisonnant de détails (la dernière scène, véritable ode à la différence, où une multitude de personnages qui se sont remplacés les uns les autres font la fête est particulièrement délicieuse !).
Un très joli album-comptine, drôle et poétique !
Un petit frère et sa grande sœur passent un après-midi ensemble, chacun devant son écran. « J’aimerais tellement avoir un chiot » se lamente le petit garçon. « Nan » répond catégoriquement sa sœur « Maman a dit qu’elle n’en voulait pas. Ils font caca, pipi et aboient tout le temps ». Un loup peut-être ? suggère-t-il, en en voyant un passer à la télévision. Nan. Des hippopotames ? Nan. Des Kangourous ? Nan. Alors un dinosaure ?!
C’est un secret est un formidable album sur la complicité frère/sœur et le pouvoir de l’imagination. Les deux enfants se chamaillent autour d’un animal de compagnie imaginaire (ceci étant dit, ce statut n’est pas réservé aux chats et aux chiens !). Si le petit frère est plus rêveur,
la grande sœur, quant à elle, veut endosser son rôle de « grande » et refuse de jouer avec son cadet, quitte à être un peu ronchon… Jusqu’au « drame » où elle lui donne une gifle. À partir de ce moment-là, elle se radoucit et décide d’entrer dans le jeu imaginaire de son frère. L’album est à la fois hyper rigolo (les dialogues sont très bien tournés) et onirique. Cette impression est renforcée par les illustrations de Hyunjoo Park. L’album oscille entre des ambiances majoritairement en noir et
blanc qui décrivent le quotidien des enfants : la pièce où ils se tournent le dos et regardent chacun leur écran et des grandes planches qui décrivent des scènes imaginaires où les enfants se projettent avec leurs nouveaux animaux de compagnie : des hippopotames, des guépards… Une fois que les enfants se sont réconciliés, les scènes imaginées sont beaucoup plus festives et joyeuses. Chacun des deux quitte son écran pour véritablement se retrouver.
Un très joli album sur l’importance d’imaginer et de créer ensemble !
Farwest![]() ![]() Texte de Peter Elliott, illustré par Kitty Crowther L’école des loisirs dans la collection Pastel 13,50 €, 200×260 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018. |
C’est un secret![]() ![]() de Hyunjoo Park La Palissade 13,90 €, 225×235 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


