Aujourd’hui, deux romans urbains dans lesquels la vérité a un prix !
Dans cet immeuble, tout le monde se connaît. On se croise, se salue, se regarde parfois avec méfiance. Mais la petite routine des habitant·e·s va vite se voir bouleversée lorsque le corps de Louis est retrouvé sans vie. Dès lors, chacun se toise et se questionne. Tout le monde a toutes les raisons d’être coupable et innocent. Driss, ses origines magrébines et son profil de petit délinquant devient vite aux yeux des habitant·e·s le suspect parfait et le coupable idéal. Pour Laurent, son meilleur ami, il est impensable de laisser la police s’acharner sur lui. Il décide donc de mener l’enquête pour tenter d’innocenter celui que tout accuse.
Au fil de ses investigations, c’est tout un petit monde qui se révèle. Derrière chaque porte, des vies secrètes, des vies de silence, des vies qui contiennent des rancœurs et des colères. Chacun·e se révèle et ne se montre pas toujours sous son meilleur jour. Frank Andriat vient ainsi allégrement bousculer ses lecteurs et lectrices en mettant en scène des héro·ïne·s ancré·e·s dans une sombre réalité. Les personnalités qui se côtoient sont finalement toutes coupables : intolérance, racisme, homophobie, sexisme… Le meurtre n’est qu’une atrocité de plus que s’accordera l’un·e d’entre eux·elles.
Un roman à chute d’une efficacité redoutable.
« Postez-vous seul(e) à un endroit du centre-ville entre 9h et 10h30 et écrivez ce que vous voyez ou ce que cela vous inspire. » Cela commence par cet intitulé. Anodin. Un sujet de rédaction donné par la professeure de français. Sortir du lycée, quitter l’espace clos de la salle de classe et regarder le monde pour mieux le raconter. Tous et toutes munies de leurs carnets, les élèves se rendent là où ils·elles le souhaitent et prennent les notes nécessaires pour rendre le fameux devoir. Mais durant ce laps de temps, un meurtre est commis en ville et Erwan se met en tête qu’en rassemblant toutes les copies de ses camarades, il saura trouver et confondre le coupable. Notre détective en herbe décide alors de lire avec attention chaque rédaction en y associant les éléments relevés dans la presse.
Les unes après les autres, les copies annotées et commentées construisent l’histoire et nourrissent le récit d’Yves Grevet. À cela s’ajoutent des passages narratifs qui développent habilement une intrigue amoureuse secondaire. Dans ce récit à la forme peu conventionnelle et audacieuse, l’auteur entraîne ses lecteurs·trices dans une enquête haletante. Une histoire qui plaira assurément pour sa grande fluidité de lecture et incitera son lectorat à se mettre dans la peau du héros qui cherche à percer le mystère de ce meurtre au cœur de la ville. Et vous, devinerez-vous qui est le·la coupable ?
Un roman qui fera voir d’un autre œil les devoirs de rédaction…
Double vengeance![]() de Franck Andriat Mijade 8 €, 210 x 110 mm, 160 pages, imprimé en Belgique, 2019 |
Seuls dans la ville entre 9 h et 10 h 30![]() d’Yves Grevet PKJ 6,70 €, 109 x 179 mm, 240 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2019 |

J’aime les gens qui doutent, aller voir ailleurs si j’y suis, oublier le temps dans une librairie, boire du vin et du thé, entretenir mon goût démesuré pour les petites listes… Amoureuse du cinéma de Miyazaki, des chansons de Pierre Lapointe, des pinceaux de Mélanie Rutten, des BD de Renaud Dillies, de la poésie de Vinau, des livres illustrés et des romans qui bousculent avec de jolis mots.

