Aujourd’hui je vous propose deux déambulations poétiques, d’abord dans un jardin, puis dans une maison. Deux réflexions sur la nature et sur notre environnement proche… Belle lecture !
Aujourd’hui il fait beau, c’est le moment idéal pour aller se promener dans le jardin armé de son panier pour faire de belles découvertes. Qui se cache dans ce buisson ? Et comment ramasser les pommes juteuses de ce pommier ? Mais durant cette balade, attention à ne pas tomber dans un champ d’ortie…
Dernier tome de la trilogie Couleurs jardin (le premier et le deuxième ont été chroniqué ici et ici) Vert Jardin termine avec panache cette superbe collection inaugurée au début d’année 2021. Après avoir fait la connaissance de la mésange bleue, puis de la tomate, Clémence Sabbagh nous propose ici de partir à la découverte du jardin. Ainsi, elle élargit l’horizon. On plonge page après page dans un jardin riche en biodiversité où les pommiers croulent sous les fruits mûrs, où les insectes peuvent vivre en pleine quiétude et où le potager est riche de mille plantes. L’album, très poétique n’en demeure pas moins un formidable outil pour faire comprendre aux plus jeunes l’importance de la nature et la nécessité de vivre avec. Très didactique il fait des jeunes lecteurs·trices des acteurs·rices de cette déambulation. Ils et elles sont amenés·es eux·elles même à se balader dans l’univers coloré et joyeux de Flora Descamps, à secouer le pommier, à reconnaître les plantes, les fruits, les légumes. C’est un éveil des sens formidable qui ne donne qu’une envie : courir à la rencontre de la nature !
Léo vit dans une maison bleue avec son père. Une maison bleue qui n’est pas adossée à la colline mais à un quartier en construction. Cette maison, c’est un refuge, un havre de paix empli d’amour, de musique, de livres et de poésie. Le soir, ses deux habitants·es aiment en profiter pleinement. Il et elles cuisinent, chantent, dansent… Hermétiques à l’extérieur, il et elle vont néanmoins être bientôt rattrapé·es par le monde moderne. Car dehors, les immeubles poussent comme des champignons, et bientôt, Léo et son père vont être contraints de partir…
Poétique et sensible, La maison bleue est un bel album. C’est une ode au quotidien, à la jouissance d’habiter pleinement son lieu de vie et une interrogation sur notre monde. Que faire lorsqu’on est exproprié ? Contraints de quitter sa maison ? Comment réagir, comment se reconstruire alors que l’on a assisté à la destruction de son habitat ? Quitter sa maison, c’est faire le deuil d’une vie. Avec délicatesse Phoebe Wahl nous propose des pistes de réflexion, elle nous plonge dans un univers délicat, nous enveloppe dans un cocon rassurant à l’intérieur de cette « maison bleue ». Ce petit îlot de résistance face à l’adversité (des immeubles sans âme ni charme particulier) ne peut malheureusement pas survivre face à l’appétit des promoteurs immobiliers, bien décidé à transformer le quartier en un savoureux et lucratif marché. C’est aussi un album sur la solidarité, sur la force de la famille et de l’imagination. Car Léo et son père ne vont pas se laisser abattre. Alors qu’il et elle déménagent dans leur nouveau lieu de vie dans lequel il et elle ne se sentent pas tout à fait chez eux·elles, il et elle décident de peindre sur les grands murs blancs « la maison bleue »… Une manière forte de la faire revivre encore et toujours. Les illustrations sont solaires et lumineuses, les couleurs vives et joyeuses. Elles nous embarquent dans un tourbillon de vie, au plus intime de la vie des personnages…
Vert Jardin![]() ![]() Texte de Clémence Sabbagh, illustré par Flora Descamps Le diplodocus, dans la collection Couleurs Jardin 11,90 €, 170×170 mm, 32 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La maison bleue ![]() ![]() Texte de Phoebe Wahl (traduit de l’anglais par Ilona Meyer et Caroline Drouault) Les éditions des éléphants 14 €, 235×237 mm, 40 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.




