Et si on s’évadait ? Deux albums aux héros qui ont envie d’ailleurs… L’un doit impérativement partir retrouver sa terre natale, l’autre fait le choix d’échapper à son quotidien en musique.
Un félin en cage, un autre en liberté. De barreaux en rayures, une amitié qui se crée. Chaque jour dans le zoo, et de la manière la plus ponctuelle qui soit, les deux compères se retrouvent et refont le monde pendant que les humains s’amusent de voir les animaux dans leur cage… Au fil du temps, les conversations ne portent plus sur le quotidien et chacun se livre un peu plus à l’autre. Monsieur chat comprend alors vite que son ami le tigre ne rêve que de liberté et de retour dans son pays. Et si cela implique des embûches et des obstacles, rien n’est impossible pour réaliser le rêve de son si cher ami… Faut-il, pour cela, s’emparer de la clé du gardien, sésame pour l’ailleurs…
Dans ce petit album fait de grilles, de portails et de cages dorées, nous contemplons la vie d’un zoo à tout moment de la journée : heures de forte affluence, scènes nocturnes et ciels étoilés, jours de pluie et matins de brume…
À travers des plans fixes, cette fenêtre ouverte sur ce lieu touristique est le témoin des variations de temps et des changements d’humeur. Le trait y est soigné, délicat à souhait et se veut un bel écrin d’aquarelles pour cette histoire qui raconte la confiance qui consolide les amitiés fortes et favorise les confidences complices. Un doux récit sur l’envie d’ailleurs et la nostalgie du pays quitté qui entrouvre aussi une porte sur la nécessité de savoir laisser partir les gens que l’on aime.
Une invitation à accepter que certains secrets soient parfois partagés.
Tut tut tut tut ! Tacatacatac ! Bip Bip ! Pin Pon ! Broum ! Vroum ! À peine les premières pages tournées et voilà que surgissent les bruits de la ville. Gaston a fait d’eux la bande-son de son quotidien et reconnaît, les yeux fermés, les coupables de cette cacophonie urbaine. Voitures aux conducteurs·trices impatient·e·s, chefs de travaux zélés, enfants trop bruyant·e·s : face à cette agitation de tous les instants, il n’aspire qu’à une chose : se réfugier dans le silence (si tant est qu’il puisse exister…) L’arbre le plus haut de la ville se fait alors le meilleur des refuges puisque sur ses branches, les bruits sont amoindris et deviennent murmures… Un son, jusqu’alors insaisissable, éveille soudainement la curiosité de son oreille malmenée. Les notes d’un violoncelle viennent faire oublier le vacarme ambiant. La mélodie langoureuse s’empare alors de lui et enrobe chaque recoin de la ville qu’il regardera et écoutera autrement…
Les bruits de la ville ou les onomatopées pour mélomanes… Il en faudra de la patience pour que
l’oreille de Gaston se laisse charmer par ce doux Fafadodomimi… Voilà un album aux couleurs vives dans lequel les fils électriques se font portée, les toits prennent des allures de piano, les croches noires et chats errants se mêlent aux feuilles volantes et aux moineaux joueurs. Chatoyant, lumineux, ce grand format – idéal pour des séances de lectures orales – nous donne immédiatement envie de plonger au cœur de ces rues qui savent changer le bruit en délicate mélopée.
Un album qui invite à chercher et trouver en soi sa propre mélodie…
Un secret ![]() ![]() Texte de Daniel Nesquens, illustré par Miren Asiain Lora Éditions de la Martinière 13,90 €, 239 x 259 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2019. |
Les bruits de la ville![]() ![]() Texte d’Inès d’Almeÿ, illustré par Sébastien Chebret Éditions du Ricochet 16 €, 348 x 248 mm, 40 pages, imprimé en Pologne, 2019. |

J’aime les gens qui doutent, aller voir ailleurs si j’y suis, oublier le temps dans une librairie, boire du vin et du thé, entretenir mon goût démesuré pour les petites listes… Amoureuse du cinéma de Miyazaki, des chansons de Pierre Lapointe, des pinceaux de Mélanie Rutten, des BD de Renaud Dillies, de la poésie de Vinau, des livres illustrés et des romans qui bousculent avec de jolis mots.


