Les deux albums que je vous présente aujourd’hui nous emmènent à l’aventure en compagnie de personnages attachants, tous à la recherche de quelque chose : dans le premier album, un frère et une sœur parcourent la ville pour retrouver leur animal de compagnie, tandis que dans le second, une petite fille et son ami se lancent à la poursuite de spectres.
Alors que Nour et Émile se baladent tranquillement en ville avec leur animal de compagnie Dartagnan, ce dernier se fait la malle. Mince alors ! Où a-t-il bien pu passer ? Dans la confiserie ? Dans le magasin de jouets ? Chez Aglaé la fleuriste ? À moins qu’il ne se soit réfugié dans la friperie, la pharmacie ou la librairie ? Enfin, iels finissent par dénicher une personne qui l’a réellement aperçu et qui leur indique l’endroit où pourrait se trouver Dartagnan.
En compagnie de Nour et Émile nous déambulons dans la ville et partons à la rencontre de tout un tas de boutiques plus différentes les unes que les autres, réunies toutefois par un point commun : elles sont foisonnantes et pleines de vie. Dans un premier temps, comme les deux enfants, on découvre la devanture, avant de franchir symboliquement la porte en soulevant la façade de papier.
Une lecture immersive qui en met plein les yeux puisque les illustrations d’Adolie Day sont magnifiques et pleines de couleurs. On passe de longs instants à observer chaque lieu, avant de nous remettre en route en compagnie de Nour et son frère. Car au-delà de l’histoire, on se prend au jeu de deviner où peut bien s’être caché Dartagnan, et surtout, quel genre d’animal de compagnie est-ce ? Un chat ? Un chien ? La réponse ne sera dévoilée qu’à la toute fin – et croyez-moi, elle vaut le détour. Fin d’ailleurs qui nous invite à parcourir de nouveau le livre en cherchant les affaires qu’aurait pu égarer l’animal en question. Du bazar dans la boutique est une balade ludique qui devient cherche et trouve, tout en faisant (re)découvrir différents métiers.
Jeanne, qui vit à l’Opéra avec son père, le concierge, connaît les lieux par cœur. Il n’est pas rare de la voir se faufiler d’une pièce à l’autre ou courir après son chat Pantoufle, loin d’être avare en bêtises. Si l’on regarde attentivement, on peut l’apercevoir admirer les petits rats de l’Opéra, dont son ami Paul, danser sur le ballet préféré de sa mère. Une nuit, alors que l’orage gronde dehors, une drôle de boule de feu descend la cheminée, fendant sa plaque et mettant à jour un curieux trésor : un gramophone et des disques que Jeanne s’empresse d’écouter. Alors, les plus grands airs d’opéra résonnent dans la pièce sans que la petite fille ne se rende compte qu’à chaque nouveau disque, elle libère un fantôme. Bientôt, le bâtiment est envahi de spectres, effrayant tout le monde sur leur passage. Ne voulant pas abandonner son amie, Paul rejoint Jeanne et, ensemble, iels se lancent dans une incroyable partie de cache-cache pour traquer les fantômes et les renvoyer d’où ils viennent. À moins que la magie ne soit pas faite pour rester enfermée ?
À travers cet album on évolue dans le Paris des années 1920 et plus particulièrement à l’Opéra. De pièce en pièce on rencontre machinistes, danseurs et danseuses avec la sensation d’y être vraiment, grâce aux merveilleuses illustrations rétro de Stéphanie Léon qui nous immergent complètement dans ce vieux bâtiment. Toutefois, la plus spectaculaire des rencontres est celle des fantômes, qui emmènent les lecteur·rices à l’aventure sur l’air d’opéras connus. À partir du moment où Jeanne libère les spectres, le rythme s’accélère et l’histoire prend des allures d’enquête. Et bien que le texte est déjà plutôt fourni, c’est presque à regret qu’on referme cet album enchanteur. Ainsi, Les fantômes de l’Opéra est un album envoûtant baigné de poésie, qui invite à redécouvrir les grands airs d’opéra, mais aussi à se laisser embarquer et transcender par la magie de la musique, que l’on soit sur scène ou non.
Du bazar dans la boutique![]() ![]() Texte d’Alexandra Garibal, illustré par Adolie Day Mango jeunesse 18,95 €, 248×338 mm, 32 pages, imprimé en Italie par un imprimeur éco-responsable, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Les fantômes de l’opéra![]() ![]() Texte d’Olivier Pog, illustré par Stéphanie Léon Little Urban 15,90 €, 262×262 mm, 56 pages, imprimé en Belgique, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née un livre à la main, elle aime les mots et leur résonance, s’évader et découvrir de nouveaux univers. Elle fait partie de ces gens qui croient fermement qu’un livre peut changer une vie.



