Un petit peu comme une suite de ma chronique du 30 juin, voici cinq autres BD mettant en scène des personnages lesbiens (et deux personnages transgenres).
Quand Madeleine entre dans la classe, Ella se sent chavirer. C’est le seul cours qu’elle partage avec elle (à son grand regret) et Ella aimerait en savoir plus sur la mystérieuse jeune fille qui semble être absente des réseaux sociaux. Même la fille assise à côté d’elle en cours ne sait rien d’elle. Mais un soir qu’Ella s’incruste à une soirée, grâce à sa meilleure amie, elle découvre que la jeune fille cache en fait un secret…
J’ai beaucoup aimé l’histoire d’Ella et Madeleine, deux jeunes filles qui vivent une histoire d’amour très tendre sur fond de cleptomanie. On sourit à lire les dialogues qui sonnent juste, le caractère bien trempé d’Ella. Ça fait surtout du bien de lire une histoire d’amour qui évite toute mièvrerie, qui sonne vraie, où le fait que ça soit une histoire d’amour entre deux filles n’est pas un sujet. Surtout l’histoire prend assez vite une tournure à laquelle on ne s’attend pas du tout. À noter que l’un des personnages est bisexuel et qu’on aborde aussi la question du harcèlement et des différences sociales. De l’humour, un scénario original et détonnant, des dessins drôles tout en étant esthétiques, une belle histoire LGBTQI+… Que demander de plus ?
Snapdragon, qui tient son prénom de la fleur préférée de sa mère comme toutes les femmes de sa famille, n’en peut plus d’entendre traiter de sorcière une vieille femme de son village. On raconte qu’elle mange les animaux de compagnie. Snapdragon pense qu’il s’agit juste d’une vieille folle et elle décide d’en avoir le cœur net. Cette rencontre va changer sa vie : une amitié va naître entre la vieille dame excentrique et la petite fille qui ne s’en laisse pas conter.
Coup de cœur pour cette magnifique BD qui aborde de nombreux thèmes comme les rumeurs et les a priori, l’entraide, l’engagement, le sexisme de la société, le genre, le harcèlement, la transidentité et donc l’homosexualité féminine. C’est un album qui m’a
énormément ému et touché, parce que les personnages sonnent juste, que les situations font réelles (bien qu’on y parle aussi de magie !). Le scénario est totalement original et surprenant. Et les dessins sont superbes. Une des forces de cet album est la représentation de personnages qui ne sont pas toujours visibles en littérature jeunesse : de nombreux personnages sont noirs, la mère de Snapdragon élève seule sa fille (et pas dans la richesse), on y croise deux femmes lesbiennes âgées… C’est un album que je recommande sans arrêt depuis que je l’ai lu.
Jo a besoin d’aide. On a jeté un sort à sa mère. Elle décide de rendre visite à une jeune fille dont on dit qu’elle est une sorcière. Mais celle-ci ne semble pas décidée à l’aider jusqu’à ce qu’un phénomène étrange la fasse changer d’avis.
Sorts, incantations, ronds de sorcière, cercles des fées, cairns de troll… La magie et les personnages fantastiques sont très présent·es dans La malédiction de Mamo de Sas Milledge. C’est même le sujet principal de l’histoire (l’histoire d’amour entre deux filles n’est absolument pas le thème et je vous divulgâche un peu le dénouement en vous disant qu’elle est traitée dans cette BD. Mais vu que c’est le sujet de la chronique, vous vous en doutiez certainement, et il aurait été dommage de ne pas placer cette
BD dans cette chronique). Cet album captivant parle également de transmission, du poids de l’héritage. Comme dans Snapdragon, il y a une belle représentation de personnes non blanches (la famille de l’héroïne est d’origine philippine et l’on croise quelques mots en tagalog et des noms de plats typiques) sans que ça ne soit, là encore, le sujet et l’on rencontre plusieurs personnages féminins forts. Les illustrations sont magnifiques et, à La mare aux mots, on se sent chanceux·euses que Sas Milledge nous ait confié plusieurs de ses dessins pour illustrer notre webzine LGBTQI+.
Au moment de publier l’article, je m’apperçois que Manon a déjà chroniqué cet album… Retrouvez sa chronique ici.
Nessie adore aller chez sa tante Max et son amoureuse Bron. Toutes les trois s’amusent comme des folles à inventer des chansons improbables et à se pourchasser dans les bois. Sa mère, elle, ne le voit pas du même œil. Il faut donc mentir, dire qu’elles sont au centre commercial et arrivent bientôt. Et lorsqu’elles rentrent, il faut supporter les remarques acerbes sur Bron.
C’est un album singulier que nous propose Lee Lai avec Le goût de la nectarine. Elle aborde ici, avec beaucoup de finesse, essentiellement les sujets de la santé mentale et de transidentité (Bron est une femme trans). Mais il est également beaucoup question de la famille et surtout du couple dans cet album qui, d’après moi, s’adresse plutôt aux adultes (ou aux jeunes adultes, dirais-je). La représentation des corps est particulièrement intéressante dans l’album, l’autrice ne cherche pas à ce que les corps soient ceux qu’on a l’habitude de voir. Dans cet album dur, mais touchant, il y a également une représentation de personnes non blanches, l’héroïne, sa sœur et sa nièce étant asiatiques.
En haut de sa tour, une princesse hurle (en réalité, elle chante, mais ça ressemble plutôt à des hurlements). Une personne s’approche, la princesse soupire en se disant que c’est encore un prince qui vient la sauver… Sauf qu’en fait c’est une princesse et ça, c’est inédit ! Mais Princesse Sadie hésite à suivre la princesse Samira, ayant perdu toute confiance en elle. Peut-être cette rencontre va-t-elle donner un nouveau tournant à sa vie ?
Cette BD (qui s’adresse aux plus jeunes) est bourrée d’humour. Samira est une princesse pas comme les autres (avec ses cheveux qui déchirent, comme elle dit) et avec Sadie elles vont former un sacré duo accompagné d’une licorne fan de cookies et d’un petit dragon mignon. Dans leur folle aventure, elles vont notamment sauver un prince (qui n’avait pas envie d’être sauvé par des princesses) et affronter un ogre. C’est une BD clairement féministe (Samira refuse le rôle qu’on a choisi pour elle), antisexiste (le prince croisé ne correspond pas non plus aux archétypes masculins, il y a de l’écriture inclusive dans le texte) et j’ajouterai deux autres points positifs : une des deux princesses est noire et l’on parle de grossophobie. C’est assez rare de voir des héroïnes lesbiennes dans des BD pour les jeunes lecteur·rices et c’est une super BD. Je vous la recommande donc !
Voleuse![]() de Lucie Bryon Sarbacane 24 €, 207×260 mm, 203 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Snapdragon![]() ![]() de Kat Leyh (traduit de l’anglais américain par Romain Galand) Kinaye, dans la collection Graphic Kids 24,90 €, 175×256 mm,240 pages, imprimé en Italie, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
La malédiction de Mamo![]() ![]() de Sas Milledge (traduit de l’anglais américain par Mathilde Tamaé-Bouhon) Jungle 16,95 €, 175×252 mm, 224 pages, imprimé en Pologne, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le goût de la nectarine![]() de Lee Lai (traduit de l’anglais américain par Géraldine Chognard) Sarbacane 25 €, 216×246 mm, 238 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Princesse Princesse![]() ![]() de Katie O’Neill (traduit par Célia Joseph) Bliss Comics 15 €, 225×305 mm, 56 pages, imprimé en Slovénie, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !






1 thought on “Histoires lesbiennes (2)”