Aujourd’hui, je quitte le monde des romans pour m’aventurer dans celui du très sérieux monde de l’art. Au programme deux albums pour aiguiser le regard de nos garnements…
Drôle de petits bonshommes que ces douze-là… Ils sont colorés, aplatis, contorsionnés, sculptés, dessinés ou peints… et que dire de ceux qui les ont créés ! Des Français, des Américains, des Espagnols, des Italiens, ancien esclave comme fabricant de cercueil, cordonnier ou encore pâtissier, ce sont des autodidactes qui tout en travaillant, n’ont jamais cessé de rêver.
Ce petit ouvrage propose de présenter douze œuvres d’art brut de la collection du Musée de Lausanne. Chaque double page (bilingue) est consacrée à une œuvre accompagnée d’un petit texte présentant la vie de l’auteur.e et quelques anecdotes. Pour que l’enfant participe, une question est à chaque fois posée en rapport avec le tableau (Devine quel pourrait être le métier du bonhomme ou encore combien de couleurs compose le chapeau de ce personnage ?). Les œuvres sont bien choisies, et permettent à l’enfant de découvrir différentes techniques : crayons, papier mâché, sculptures en bois, tissus ou matériaux de récupération…
Un joli album aux belles reproductions et qui donnera envie aux artistes en herbe de se lancer dans l’Art Brut !
Si l’Art Brut est souvent celui qui plaît généralement le plus aux enfants, comment faire pour intéresser les plus petits aux chefs d’œuvres plus classiques ? Annick de Giry tente de pallier ce problème dans son ouvrage « L’art du bout des doigts ». Cinq histoires de tableaux nous sont ici racontées par les détails : La naissance de Vénus de Botticelli, Le tricheur à l’as de carreau de Georges de la Tour, Nature morte à l’échiquier de Lubin Baugin, La fête de Saint-Nicolas de Jean Steen et Helvoetsluys ; le Ville d’Utrecht, 64 prenant la mer de William Turner.
C’est intelligent, bien conçu, l’enfant est sollicité à chaque page. En utilisant son corps il va faire apparaître petit à petit l’ensemble du tableau : il faut tapoter les pages, frotter ses mains, frapper du pied, gonfler ses joues, cligner des yeux… Bref, les cinq sens sont sollicités ! Par exemple, pour la naissance de Vénus, il faut souffler très fort pour faire apparaître Zéphyr, puis tracer une courbe pour que la déesse dévoile, se mettre sur la pointe de ses petits pieds pour faire accourir la deuxième déesse, etc… jusqu’à ce que l’ensemble du tableau soit enfin révélé.
Une manière ludique et rigolote d’initier les enfants à l’art et qui leur apprend surtout à regarder.
Bonhomme d’Art Brut![]() ![]() de Lucienne Peiry Thierry Magnier dans la collection L’art brut Lausanne 12 €, 200×244 mm, 26 pages, imprimé en Pologne, 2015. |
L’art du bout des doigts![]() ![]() d’Annick de Giry Seuil Jeunesse 12,90 €, 198×247 mm, 80 pages, imprimé en France, 2016. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



Bonjour! Merci pour cette chronique sur le thème de l’art, sujet qui m’intéresse particulièrement 🙂 Belles découvertes en perspective!
le premier livre chroniqué fait de l’œil à la maîtresse qui travaille sur le schéma corporel avec ses élèves. Il a l’air très chouette et beau. Je dois bientôt passer à la librairie, j’espère qu’il y sera car j’aimerais bien me rendre compte du format (ça ne me semble pas très grand), de la qualité du papier etc , bref voir si c’est un beau livre sur l’art.