Aujourd’hui je vous propose de découvrir deux personnages drôles et émouvants : Laurent et Frances. Un lapin et un petit blaireau qui vont devoir apprendre à être seuls et à vaincre leur peur ! Belle lecture !
S’il y a une chose que Laurent sait, c’est qu’il n’est plus un bébé. C’est l’été, il fait beau et Laurent ne rêve que d’une chose : aller jouer dehors. Alors il demande à sa mère qui accepte de lui laisser un petit peu de liberté. Jour après jour, Laurent s’aventure un peu plus loin, derrière le jardin et jusqu’à la rivière. Mais un soir, il décide de ne pas rentrer chez lui. Est-il prêt pour ce grand voyage ?
Quel bel album que ce Laurent tout seul. L’album, dont la première édition date de 1996, ressort cette année et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une superbe idée. Anaïs Vaugelade nous plonge dans un univers immensément poétique tant du point de vue graphique que du texte, un voyage initiatique ou Laurent, petit lapereau peureux mais déterminé, va s’émanciper progressivement du giron familial. Car c’est de cela que nous parle l’ouvrage. Partir, il le faut bien, mais il faut le faire aussi avec imagination, avec grâce. Laurent, donc, fugue. Mais sans protestation ni contestation contre ses parents (sa mère se révèle finalement complice de son départ). Il part pour mieux aller à la rencontre de lui-même. Pour découvrir le monde et se découvrir lui aussi. Notre héros se retrouve bien
vite en proie à des doutes et des questionnements : a-t-il bien fait de partir ? De quitter la chaleur du foyer ? L’issue de son aventura lui apportera des réponses et le rassurera quant à ses choix. Nomade, Laurent évolue au gré des heures de la journée dans une nature riche et accueillante qui le pousse à l’exploration. Au final, c’est un ouvrage épicurien qui nous est offert ici. Un ouvrage qui nous incite à cueillir dès aujourd’hui les roses de la vie !
Le soit vient de tomber et Frances n’a pas sommeil. Heureusement, il y a mille et un prétextes pour retarder l’heure du coucher : un baiser aux parents, le brossage de dents et les jeux d’invention qui transforment un peignoir abandonné sur une chaise en un monstre terrifiant ! Cependant, attention à ne pas trop en profiter !
Au lit Frances, paru en 1960 qui n’a pas pris une ride. Cette histoire, universelle, parlera à tous et toutes. On suit donc les tribulations d’un petit blaireau qui n’a pas DU TOUT sommeil et tente par tous les moyens de rester avec ses parents (très patients, il faut bien l’avouer). Russell Hoban joue sur le comique de répétition et explore à merveille les trésors d’imagination dont sont capables les enfants pour ne pas aller au lit. C’est avec humour et tendresse que sont dépeintes les différentes situations. Les illustrations de
Garth Williams, aux crayons de papier, créent des personnages anthropomorphes délicieux et terriblement attachants. Mais Frances est un petit blaireau astucieux et comprendra bien vite que ses éternels allers-retours créent un certain agacement chez ses parents. Ainsi, elle devra surmonter ses peurs, ses craintes et ses angoisses seule pour pouvoir enfin trouver le sommeil. Et c’est de cela que nous parle l’ouvrage : l’apprentissage de la solitude, pour enfin, trouver la paix.
Laurent tout seul ![]() ![]() d’Anaïs Vaugelade L’école des loisirs 13 €, 217×314 mm, 48 pages, imprimé en France, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Au lit Frances![]() ![]() Texte de Russell Hoban (traduit de l’anglais par Lou Gonse), illustré par Garth Williams MeMo 18 €, 210×260 mm, 36 pages, imprimé en France, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



1 thought on “Grandir”